Itinéraire d’un traître à sa patrie : Brian DE MULDER, 1993-2015 alias Brian Abu Qasem Brazili, terroriste belge tué en Syrie (Analyse)

  • Né le 18 mai 1993 (mardi) à Wilrijk, Antwerpen, Belgique
  • Tué le 19 octobre 2015 (lundi) en Syrie, à l’âge de 22 ans
  • Terroriste membre de Sharia4Belgium, traître à son pays, nom de guerre Brian Abu Qasem Brazili

Informations

Comment un jeune Belge de 17 ans peut-il, en quelques années, partir se battre et faire le djihad en Syrie au sein du pseudo État Islamique ? Brian DE MULDER est né le 18 mai 1993 à Wilrijk, près d’Anvers en Belgique, de père belge et de mère brésilienne.

Nous sommes en 2010, Brian a 17 ans, plein de vie. Il a des amis, il est sportif, il pratique le football dans un club local. Comme beaucoup de jeunes, il rêve de devenir footballeur professionnel. Il a fortement été inspiré par l’attaquant Lionel Messi, qui joue pour le club espagnol de Barcelone.

D’éducation catholique et pratiquant, Brian soutient l’Unicef. Ce jeune homme semble bien dans sa peau et n’a jamais eu de problème avec la justice.

Comment imaginer que Brian DE MULDER, si bien intégré dans notre société, deviendra trois ans plus tard un djihadiste ? Il rejoindra le pseudo État Islamique, prendra les armes, se battra contre la coalition internationale, tuera des membres des Forces démocratiques syriennes, tout cela au profit d’un groupe terroriste.

Comment imaginer qu’en octobre 2015, après près de trois ans de combat en tant que terroriste du pseudo État Islamique, Brian sera tué lors d’une frappe aérienne, en ennemi de notre nation ?

Son rêve de devenir footballeur s’est brisé lorsqu’il a été renvoyé de son équipe. Brian a alors rencontré des jeunes Marocains de son âge, qui l’ont invité à un match de basket. Selon sa maman, c’est à ce moment que son fils a traversé une phase de rébellion. Via un nouvel ami, Mohamed (âgé de 20 ans et tué en 2013 en Syrie), il a rencontré Fouad Belkacem, porte-parole de Sharia4Belgium.

En seulement deux mois, Brian quitte son travail et ses études. Il se convertit à une version radicale de l’islam et porte des vêtements musulmans conservateurs. Pour le protéger, sa maman déménage afin de le sortir du groupe Sharia4Belgium. Mais rien n’y fait : Brian continue d’entretenir des contacts étroits avec des islamistes radicaux.

Les années passent. Brian se coupe de plus en plus du monde extérieur, de sa famille, et se radicalise davantage. Comment expliquer ce revirement ? Comment, en à peine deux mois, a-t-il pu se transformer en musulman radical ? Qu’est-ce qui l’a poussé à tout quitter pour partir se battre en Syrie aux côtés des terroristes du pseudo État Islamique, prêt à tuer et à mourir en pseudo-martyr ?

Certaines personnes sont plus influençables que d’autres, et Brian en faisait partie. En rejoignant Sharia4Belgium, il a subi ce qu’on appelle une manipulation mentale : une méthode délibérée visant à contrôler ou influencer la pensée, les choix et les actions d’une personne via un rapport de pouvoir ou d’influence.

Cela étant, chaque individu garde son libre arbitre, Brian De Mulder était un homme libre en pensées et en acte.

Même sous la pression de faux amis, c’est délibérément qu’il a choisi de partir en croisade contre notre mode de vie, notre société, notre démocratie, sa famille et les siens. Brian était un homme adulte. Il a choisi la voie du terrorisme, de la charia et de tout ce qu’elle représente. Il a délibérément décidé de se battre pour tuer des membres des Forces démocratiques syriennes, soutenues par la coalition internationale dont la Belgique fait partie.

En 2013, il dit au revoir à sa sœur en lui donnant un bisou sur la joue, affirmant que ce sera probablement la dernière fois qu’elle le verrait. Brian s’envole de Belgique vers Istanbul, en Turquie, d’où il rejoint la capitale syrienne. C’est ainsi qu’il reçoit son nom de guerre Abu Qasem Brazili (en référence au Brésil, pays d’origine de sa maman) et devient officiellement un djihadiste belge, traître à son pays.

C’est par l’intermédiaire de Sharia4Belgium – accusé d’avoir radicalisé des jeunes Belges et de les avoir envoyés en Syrie et en Irak – qu’il réussit son voyage vers la Syrie. Selon le ministère public belge, ces jeunes rejoignent des groupes comme le Front al-Nosra ou le pseudo État Islamique.

L’organisation islamiste Sharia4Belgium, fondée le 3 mars 2010 et dissoute depuis, est suspectée d’être le plus gros fournisseur de djihadistes pour le front syrien. Les autorités belges estiment que, sur les 300 à 400 Belges partis faire le djihad, dix pour cent étaient membres ou gravitaient autour de Sharia4Belgium. Comme toute tendance extrémiste, elle vise une rupture avec la société et ses normes.

Un blog qui suit les combattants belges en Syrie rapporte que Brian était l’un des plus célèbres combattants européens. Cette photographie est publiée sur un compte Facebook d’un autre combattant anversois, Hicham CHAIB. À la droite de Brian, Chaib faisait partie du triumvirat qui a pris la tête de Sharia4Belgium après l’emprisonnement de son fondateur, Fouad Belkacem. Brian y apparaît armé et souriant, l’index levé.

Où cette photo a-t-elle été prise ? « À l’affût pour l’amour d’Allah » est le seul commentaire. Brian De Mulder a longtemps été actif sur Facebook sous son nom de guerre, mais son compte disparaît peu avant sa mort. Il n’est pas clair s’il communiquait encore avec des extrémistes en Belgique. Mais, à en juger par les 50 000 likes reçus en une heure, sa popularité sur place n’a fait qu’augmenter. Il est devenu l’homme à abattre.

Sur place, Brian se marie avec une Sarah convertie à l’islam et a une fille prénommée Aïcha. Nous ne savons pas grand-chose de son temps en Syrie, sinon qu’il était un combattant connu de tous, un exemple pour les candidats djihadistes européens.

Brian indique à des amis en Belgique : « J’ai hâte d’être le 26 mars 2014, j’attends avec impatience sa visite en Belgique. » Interrogé, il répond : « Obama vient en Belgique ce jour-là ! » Bien qu’il n’ait mentionné aucune attaque contre le président américain – et qu’il se trouve en Syrie –, il espérait probablement qu’une telle action soit perpétrée sur le sol belge.

Sa mort

Le 26 octobre 2015, sa femme Sarah envoie un SMS à la sœur de Brian : il a été tué en martyr. Il a en réalité été tué le 19 octobre, mais là n’est pas l’essentiel. Cette photo représentant le visage mort de Brian apparaît peu après. On y voit des traces de sang sur son visage et sur la couverture derrière sa tête.

Brian De Mulder, 22 ans, membre de Sharia4Belgium – condamné à ce titre en février 2015 par le tribunal correctionnel d’Anvers à cinq ans de prison et 15 000 euros d’amende –, a été tué le 19 octobre 2015 lors de frappes aériennes par les Forces démocratiques syriennes, soutenues par la coalition internationale dont la Belgique fait partie.

Cadavre du terroriste Brian DE MULDER tué par les forces de la coalition :

Le désarroi de sa maman est compréhensible : elle a perdu un fils qu’elle a élevé du mieux possible et a tout tenté pour le sauver de l’emprise des islamistes. Malheureusement, ce fut en vain. Brian a fait de mauvais choix, et il en est mort. Tout en étant émus par la tristesse de sa famille et par ce gâchis, peut-on plaindre son sort ? Par respect pour les victimes de l’État islamique et les hommes qu’il a tués, nous ne le pouvons.

Brian est devenu un traître à son pays. Il a préféré l’intégrisme islamiste à l’état de droit et à l’éducation reçue de sa maman. La mise à mort de Brian, comme celle de n’importe quel djihadiste, est une victoire pour notre état de droit, notre démocratie, notre modèle de vie et la paix.

Nous sommes en guerre contre l’État Islamique. Brian De Mulder a délibérément rejoint le camp ennemi. La coalition internationale, via les Forces démocratiques syriennes, a mis un terme à ses actions criminelles en l’éliminant. L’ennemi qu’il est devenu est seul responsable de sa mort. Il n’avait plus sa place dans notre société. La mort de Brian De Mulder est une libération face à l’islamisme radical qui menace notre mode de vie et notre société.

En août 2017, un blog recense les Belges ou ceux ayant transité par la Belgique, morts en Irak ou en Syrie – la plupart tués, certains lors d’attentats-suicides. Ils sont au nombre de 129 ; Brian De Mulder serait le 82e. La grande différence avec la très grande majorité des djihadistes partis se battre en Syrie et en Irak, c’est qu’ils sont musulmans de naissance.

Un exemple parmi d’autres : Abū Sa’īd al-Baljīkī (pour Belgique), combattant terroriste belge du pseudo État Islamique. Il a été tué le 12 décembre 2014 lors de combats à l’aéroport de Deir ez-Zor, en Syrie.

Si l’on condamne fermement son implication dans la guerre en Syrie sans lui trouver la moindre excuse, cet homme était musulman de naissance. Il est plus « légitime » – même s’il n’y a rien de légitime dans l’adhésion à un groupe terroriste – pour partir faire le djihad.

Brian DE MULDER, d’éducation catholique, n’avait par contre aucune légitimité à le faire.

Il a gardé son libre arbitre jusqu’à sa mort. À chaque instant, il aurait pu se remettre en question, se livrer aux autorités ou arrêter ses activités terroristes. Mais il a choisi de devenir djihadiste et de le rester jusqu’au bout. Il a trahi sa famille, sa patrie, notre démocratie. Il est devenu un criminel.

La conclusion est limpide : il n’est plus un danger pour notre société.
Aucun hommage ni pardon pour un traître à sa patrie.


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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.

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