Israël identifie la tombe du soldat Shlomo Chaimson, tué à Chypre il y a 78 ans
Tsahal a retrouvé la tombe de Shlomo Chaimson, tué à Chypre en septembre 1948. Une enquête de trois ans a permis d’identifier sa sépulture à Haïfa, 78 ans après sa mort.
Tombe de Shlomo Chaimson identifiée
Tsahal vient de résoudre une énigme vieille de près de huit décennies. L’armée israélienne a localisé la tombe de Shlomo Chaimson, mort à Chypre en 1948. Ses restes reposaient depuis 1970 dans une sépulture anonyme du cimetière de Haïfa.
Les enquêteurs ont identifié l’emplacement avec précision. Il s’agit de la tombe numéro 11 de la deuxième rangée. Elle se trouve dans le carré réservé aux immigrants clandestins détenus à Chypre.
Shlomo Chaimson naît en Roumanie en 1930. Il perd son père tué pendant la Seconde Guerre mondiale. Après le conflit, il tente de rejoindre la Palestine avec sa mère Ita et sa compagne Perla.
Tous trois embarquent sur le Pan York, surnommé « Kibbutz Galouyot ». Les Britanniques interceptent cependant le navire. Ils déportent ensuite ses passagers vers les camps installés à Chypre.
Shlomo Chaimson tué il y a 78 ans lors d’une tentative d’évasion
Dans le camp, le jeune homme rejoint les « Shurot HaMaguinim », les « Rangs des défenseurs ». Cette organisation dépend de la Haganah. Elle prépare notamment ses membres au combat avant leur arrivée en Israël.
Après la création de l’État d’Israël, les autorités libèrent sa mère et Perla. Elles rejoignent alors un groupe chargé de fonder le kibboutz Magen, dans le Néguev.
En septembre 1948, Shlomo Chaimson apprend une nouvelle qui précipite sa décision. Perla vient de donner naissance à leur fille Miriam. Il décide alors de s’évader pour rejoindre sa famille.
Dans la nuit du 29 au 30 septembre 1948, neuf hommes tentent de franchir les clôtures. Les gardiens repèrent le groupe et ouvrent le feu. Shlomo Chaimson meurt sous les tirs. Ses huit camarades regagnent le camp sous la contrainte.
Des informations recueillies par la suite donnent une version plus précise des circonstances. Le groupe aurait levé les mains après l’échec de l’évasion. Une sentinelle britannique aurait malgré tout tiré sur Chaimson et l’aurait tué.
Les autorités retrouvent sur lui un télégramme annonçant la naissance de sa fille. Selon une dépêche Reuters de l’époque, sa mort provoque une importante protestation. Environ 11.000 immigrants détenus à Chypre observent une journée de grève de la faim.
Une tombe anonyme transférée de Chypre à Haïfa
Shlomo Chaimson reçoit une sépulture dès le lendemain au cimetière juif de Margo, à Chypre. Sa pierre tombale ne porte cependant aucun nom. Le personnel du camp ignore alors son identité.
Plus de vingt ans passent avant le transfert des dépouilles vers Israël. En 1970, d’anciens immigrants clandestins réclament leur rapatriement. L’« opération Margo » permet de ramener 163 corps.
Israël les inhume dans un carré spécial du cimetière de Kfar Sammir, à Haïfa. Environ 120 dépouilles restent alors sans identité.
Un nouveau travail commence en 2010 sous l’impulsion d’Amir Rogel. Ce fils de deux anciens déportés de Chypre participe à la création d’un projet d’identification. Plusieurs bénévoles l’accompagnent dans ses recherches.
Selon l’association des immigrants clandestins de Chypre, ils obtiennent des résultats importants. Une soixantaine de noms correspondent désormais aux quelque 120 tombes initialement anonymes.
Les recherches permettent également de reconnaître Shlomo Chaimson comme soldat tombé pour l’État d’Israël. Le dossier rejoint alors la division chargée de la commémoration au ministère de la Défense.
Tsahal mène trois ans d’enquête pour retrouver la tombe
En 2023, la branche Eitan de Tsahal constitue une équipe spéciale. Sa mission consiste à déterminer l’emplacement exact de la tombe de Shlomo Chaimson.
Les enquêteurs consultent des archives dans plusieurs pays. Ils recueillent aussi des témoignages et étudient des photographies anciennes. Des relevés archéologiques complètent leurs recherches.
Le rabbinat militaire participe également aux investigations. L’équipe conclut finalement que l’« opération Margo » avait bien rapatrié les restes de Chaimson en 1970.
Ils reposent depuis lors dans la tombe numéro 11 de la deuxième rangée. Le chef de la division des ressources humaines de Tsahal a validé cette conclusion. L’armée pourra désormais apposer le nom de Shlomo Chaimson sur sa sépulture.
Sa fille apprend la nouvelle au Brésil
Tsahal a annoncé la découverte à la famille de Shlomo Chaimson. Sa fille Miriam vit aujourd’hui à Rio de Janeiro avec plusieurs descendants du soldat.
L’attaché militaire israélien au Brésil, le lieutenant-colonel Uri Ron, a participé à cette annonce. La générale de brigade Edna Ilya représentait également la division des victimes de Tsahal.
« Soixante-dix-huit ans ont passé depuis que Shlomo Chaimson est mort dans le camp de déportation », a déclaré Edna Ilya. Elle a évoqué une « dette morale envers sa mémoire et sa famille ».
La famille a également exprimé sa reconnaissance envers les chercheurs. Elle a salué leur « dévouement sans faille » et leur travail pour rendre son identité au défunt.
Les descendants de Shlomo Chaimson doivent prochainement se rendre en Israël. Une cérémonie militaire aura lieu au cimetière de Haïfa. Une plaque portant son nom rejoindra alors la tombe restée anonyme pendant plusieurs décennies.
Ce qu’il faut en retenir
Tsahal a identifié à Haïfa la tombe de Shlomo Chaimson, soldat tué en détention à Chypre en 1948. Ses restes avaient rejoint Israël en 1970 sans identification. Une enquête lancée en 2023 a finalement permis de localiser sa sépulture. Sa famille, qui vit au Brésil, participera prochainement à une cérémonie militaire.
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