Israël : Netanyahou promet la prison aux ultra-orthodoxes qui refusent de rejoindre Tsahal

Benjamin Netanyahou promet d’imposer une conscription complète s’il revient au pouvoir. Les ultra-orthodoxes qui n’étudient pas la Torah devront rejoindre Tsahal ou s’exposer à une peine de prison, mettant fin à une exception de plus en plus contestée.

Règles de conscription en Israël

Benjamin Netanyahou affirme vouloir modifier en profondeur les règles de conscription en Israël. S’il forme le prochain gouvernement, les jeunes ultra-orthodoxes qui ne consacrent pas leur temps à l’étude de la Torah devront effectuer leur service militaire ou encourir une peine de prison.

Le Premier ministre a présenté cette orientation lors d’une réunion à huis clos. Il souhaite constituer un large gouvernement d’union nationale afin de faire adopter rapidement une nouvelle loi répondant aux besoins opérationnels de Tsahal.

Pendant des décennies, les étudiants des yeshivot ont bénéficié d’exemptions ou de reports de service afin de poursuivre leurs études religieuses. Ce régime, conçu à l’origine pour un nombre limité d’étudiants, concerne aujourd’hui une part importante de la population ultra-orthodoxe et nourrit un débat politique récurrent.

Un principe d’égalité de plus en plus revendiqué

La guerre menée depuis le 7 octobre 2023 a considérablement accru les besoins en effectifs de l’armée israélienne. Les longues périodes de mobilisation des réservistes ont également ravivé les critiques contre un système qui impose le service militaire à une grande partie de la population, tandis qu’une autre en reste largement dispensée.

Au-delà de la question sécuritaire, le débat porte désormais sur l’égalité devant les obligations nationales. Une partie croissante de la classe politique estime qu’il devient difficile de justifier qu’un jeune Israélien accomplisse plusieurs années de service militaire, puis des périodes régulières de réserve, tandis qu’un autre puisse en être exempté sans suivre effectivement un cursus religieux.

Les déclarations de Benjamin Netanyahou marquent également une évolution importante. Il ne vise plus uniquement les étudiants consacrant leur vie à l’étude de la Torah, mais ceux qui ne poursuivent pas ces études tout en refusant de servir sous les drapeaux. Cette distinction répond à une critique ancienne selon laquelle certains bénéficiaient d’un statut dérogatoire sans remplir les conditions qui le justifiaient à l’origine.

Une loi précédente abandonnée

Le chef du gouvernement a également confirmé qu’il renoncerait au projet de loi destiné à suspendre les arrestations des étudiants des yeshivot considérés comme déserteurs. Ce texte avait été gelé par la Cour suprême.

Selon Benjamin Netanyahou, cette mesure devait favoriser une hausse progressive des enrôlements au sein du public orthodoxe. Il reconnaît désormais que cette stratégie n’a pas produit les résultats attendus et annonce qu’elle ne sera pas reconduite.

Le projet défendu pour la prochaine législature prévoit donc une conscription beaucoup plus large afin de répondre aux besoins de Tsahal.

Les partis orthodoxes menacent le Likoud

Ce changement de position provoque déjà de fortes réactions parmi les partis ultra-orthodoxes, partenaires traditionnels du Likoud.

Un responsable orthodoxe a menacé de rompre cette alliance si les jeunes concernés risquent effectivement la prison. Il a même évoqué la possibilité de soutenir une autre coalition après les prochaines élections.

Ce débat s’annonce comme l’un des principaux enjeux politiques des prochaines élections israéliennes. Au-delà des équilibres partisans, il pose une question sensible pour la société israélienne : celle d’un partage plus équitable des devoirs nationaux dans un pays confronté à des menaces sécuritaires permanentes.

Avis personnel

À mes yeux, cette réforme était devenue indispensable.

Il n’est plus acceptable que des milliers de jeunes Israéliens interrompent leurs études, risquent leur vie et accomplissent des années de réserve, tandis que d’autres échappent à cette responsabilité commune. La défense d’Israël ne peut reposer sur une partie de la population seulement.

Dans un État confronté à des menaces existentielles, le service dans Tsahal constitue un devoir national qui devrait s’imposer à tous. L’étude de la Torah occupe une place essentielle dans l’identité du peuple juif, mais elle ne peut créer une inégalité durable devant le sacrifice demandé pour assurer la sécurité de la nation.

J’espère que cette réforme permettra enfin de consacrer un principe simple : mêmes droits, mêmes devoirs, et une responsabilité partagée dans la défense d’Israël.

En mémoire des milliers de soldats qui ont donné leur vie pour assurer la survie d’Israël, cette réforme leur rendrait le plus bel hommage : celui d’une nation où chaque citoyen accepte de porter sa part de la défense du pays.


Photo de couverture : Funérailles du sergent de réserve Yohai Chai Glam (ci-dessous), de Netanya, combattant de la 6310e brigade, la brigade « Jérusalem », tué le 28 août 2024 au combat au centre de la bande de Gaza, à l’âge de 32 ans.

Sergent de réserve Yohai Chai Glam, de Netanya, combattant de la 6310e brigade, la brigade « Jérusalem » (16).
Tué le 28 août 2024 au combat au centre de la bande de Gaza, à l'âge de 32 ans.

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.

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