Mali : plus de 100 soldats tués lors de la prise du camp de Dioura
Le JNIM a pris d’assaut le camp de Dioura, dans le centre du Mali. Plus de 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes auraient été abattus lors des combats.
L’armée malienne aurait subi l’un de ses plus lourds revers depuis le début du conflit. Des combattants jihadistes ont attaqué le camp de Dioura le 10 septembre. Ils ont tué plus de 100 soldats maliens, selon plusieurs sources interrogées par l’AFP. Cinq membres russes de l’Africa Corps auraient également perdu la vie.
Plusieurs heures de combat sans appui aérien
Les combats auraient duré plus de trois heures. Les défenseurs n’auraient reçu aucun soutien aérien durant l’assaut. Une source sécuritaire basée à Mopti décrit une bataille d’une violence exceptionnelle.
Parmi les victimes figurent au moins deux officiers. Plusieurs soldats effectuaient leur première mission sur le terrain. Leur manque d’expérience aurait pesé sur la résistance du camp. Les autorités maliennes n’ont cependant pas confirmé ces informations.
Les premiers bilans mentionnaient 50 soldats maliens tués. Ils ont fortement augmenté après la collecte de nouveaux témoignages. Le nombre exact de morts reste encore incertain. Bamako n’a communiqué aucune estimation officielle.
Des dizaines de militaires portés disparus ou capturés
La prévôté militaire a rédigé un rapport après l’attaque. Ce document recense une centaine de disparus, une trentaine de blessés et autant de prisonniers. Ces catégories peuvent encore évoluer avec l’identification des victimes.
Un élu local avance un autre bilan. Il évoque plus de 100 morts et plus de 80 soldats capturés. Selon lui, les assaillants ont emporté l’ensemble de l’armement disponible. Les militaires maliens n’occuperaient plus le camp.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans revendique cette offensive. Le JNIM affirme avoir « neutralisé » 150 militaires et capturé 93 hommes. L’organisation liée à Al-Qaïda diffuse ses déclarations par son canal Az-Zallaqa.
Ces chiffres proviennent de la propagande jihadiste. Aucune source indépendante ne peut actuellement les confirmer. Le terme « neutralisé » ne précise pas non plus le nombre de soldats morts ou blessés.
Une importante quantité d’armes saisie
Le JNIM a publié une vidéo après les combats. Un homme présenté comme un militaire malien prisonnier y décrit le repli des défenseurs. Il reconnaît également la perte de plusieurs hommes.
La prise du matériel représente une conséquence majeure de l’attaque. Les groupes jihadistes récupèrent régulièrement des armes, des munitions et des véhicules dans les bases conquises. Cet équipement peut ensuite servir lors de nouvelles opérations.
La perte du camp affaiblit aussi le dispositif militaire dans le centre du Mali. Dioura se trouve dans une région où les forces gouvernementales peinent à contrôler durablement le territoire. Le JNIM y conserve d’importantes capacités de déplacement et d’attaque.
La junte confrontée à la dégradation sécuritaire
L’armée annonce depuis plusieurs jours des opérations contre les responsables de l’assaut. Elle ne précise ni les forces mobilisées ni les pertes infligées aux jihadistes. Elle n’a pas davantage annoncé la reconquête de Dioura.
Depuis 2012, le Mali affronte des mouvements jihadistes et des groupes armés locaux. Des rebelles indépendantistes touareg combattent également les forces gouvernementales. La violence touche désormais une grande partie du pays.
La junte a éloigné le Mali de ses anciens alliés occidentaux. Elle s’appuie sur Moscou pour conduire ses opérations militaires. L’Africa Corps fournit des hommes et du matériel aux forces maliennes.
Cette coopération n’a pas stoppé la progression des groupes armés. Depuis avril 2026, le JNIM et le Front de libération de l’Azawad multiplient les offensives. Leurs attaques ont même atteint les environs de Bamako.
La chute de Dioura porte donc un nouveau coup à la stratégie de la junte. Elle révèle les difficultés de l’armée malgré l’assistance russe. Elle pourrait aussi permettre au JNIM de renforcer son implantation dans le centre du pays.
Ce qu’il faut en retenir :
Le JNIM a pris le camp malien de Dioura après plusieurs heures de combat. Plus de 100 soldats maliens et cinq paramilitaires russes auraient péri. Les jihadistes ont aussi capturé des dizaines de militaires et saisi l’armement de la base.
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