Une trêve limitée protège Kyiv et Moscou, mais la Russie refuse de suspendre les combats terrestres – 1.390 soldats russes neutralisés
Les faits
La Russie et l’Ukraine ont accepté le 5 septembre de suspendre temporairement leurs frappes contre les capitales respectives, afin de faciliter les déplacements des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
Volodymyr Zelensky a annoncé que l’Ukraine s’abstiendrait de frapper Moscou jusqu’à la fin du 7 septembre. Vladimir Poutine a ordonné une pause de trois jours contre Kyiv. L’heure exacte du début de l’engagement russe a d’abord été formulée de manière ambiguë par le Kremlin.
Cette mesure ne constitue pas un cessez-le-feu national. L’Ukraine avait proposé une suspension des combats sur l’ensemble du front du 5 au 8 septembre, mais Poutine a confirmé que la Russie ne l’avait pas acceptée. Les opérations terrestres russes se sont poursuivies le 5 septembre.
Mon analyse
La portée militaire immédiate est faible, la mesure protège temporairement deux centres politiques, mais ne réduit ni les assauts terrestres, ni les frappes contre les autres villes, ni l’attrition sur le front.
Le refus russe d’une trêve générale montre que Moscou ne veut pas renoncer à la pression militaire pendant les négociations. La Russie conserve ainsi la possibilité d’attaquer la logistique et l’industrie ukrainiennes partout sauf, provisoirement, dans Kyiv même.
L’accord limité pourrait néanmoins servir de test vérifiable. Toute frappe contre l’une des capitales révélerait rapidement l’incapacité ou le refus d’un camp de faire respecter un engagement restreint.
La définition géographique de « Kyiv » et « Moscou » n’est pas publique, elle peut désigner les limites administratives des villes sans couvrir leurs régions, leurs aéroports ou leurs infrastructures périphériques.
Aucun mécanisme conjoint de surveillance, d’attribution ou de traitement des violations n’a été annoncé. La trêve ne préjuge donc nullement d’un accord plus large.
Les pertes russes : selon Kyiv, 1 390 hommes neutralisés le 5 septembre
Dans son relevé publié le 6 septembre, l’état-major ukrainien estime que la Russie a subi 1 390 pertes humaines durant le 5 septembre, portant son total déclaré à 1 496 440 depuis février 2022.
Kyiv revendique également la neutralisation de trois chars, cinq blindés, 33 systèmes d’artillerie, trois lance-roquettes multiples et un système antiaérien. Ces données sont des estimations ukrainiennes non corroborées.
Le chiffre ukrainien demeure élevé alors qu’aucun changement territorial n’a été confirmé.
S’il reflète approximativement la tendance réelle, il indique que les infiltrations et assauts russes continuent de consommer beaucoup d’hommes sans produire de rupture opérationnelle.
Les pertes d’artillerie revendiquées — nettement inférieures aux annonces ukrainiennes des jours précédents — seraient néanmoins significatives si elles étaient visuellement confirmées, car l’artillerie reste indispensable à la progression russe vers la ceinture urbaine du Donbass.
Les pertes ne signifient pas 1 390 soldats russes tués : le total additionne les soldats morts et blessés.
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