Lieutenant américain James E. Robinson Jr., tué au combat en Allemagne le 6 avril 1945

Il a reçu à titre posthume la Medal of Honor le 11 décembre 1945.

De Toledo à l’armée américaine

James E. Robinson Jr. est né le 10 juillet 1918 à Toledo, dans l’Ohio. Il est le fils de James et Dolores Robinson. Il s’engage dans l’armée américaine en 1937 depuis Waco, au Texas. Le 4 janvier 1942, il épouse Vina Elizabeth Crawson. Leur fille Dolores naît le 14 décembre de la même année. À la fin de 1944, Vina et Dolores lui rendent visite alors qu’il se trouve dans un camp militaire du Mississippi. Ce sera la dernière fois qu’elles le verront.

Selon le National WWII Museum, Robinson rejoint la Texas National Guard en 1935, à l’âge de 16 ans. Il la quitte le 1er juin 1939 et s’engage dans l’armée américaine le lendemain. Il gravit ensuite les échelons jusqu’à devenir Master Sergeant en 1942. Robinson demande à suivre une formation d’officier. Il est envoyé à l’école des officiers de l’artillerie de campagne et reçoit le grade de Second Lieutenant le 13 mai 1943. Il sera ensuite promu First Lieutenant, grade qu’il détient au moment de sa mort.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert comme lieutenant dans la batterie A, 861e bataillon d’artillerie de campagne, 63e division d’infanterie. Il est tué en Allemagne le 6 avril 1945, à l’âge de 26 ans, d’un éclat d’obus dans la gorge.

Histoire du dernier jour de guerre du lieutenant James Robinson

Trois jours avant sa mort, le 3 avril 1945, Robinson écrit encore à son épouse Vina. Dans cette dernière lettre connue, il cherche à la rassurer en lui expliquant qu’il n’est pas en danger et évoque déjà le moment où il pourra rentrer chez lui. Trois jours plus tard, il participe aux combats près d’Untergriesheim.

Le 6 avril 1945, Robinson n’est pas à la tête d’une unité d’infanterie. Il est observateur avancé d’artillerie et se trouve rattaché à la compagnie A du 253e régiment d’infanterie. Son rôle consiste à accompagner les fantassins au plus près des combats afin de pouvoir communiquer avec les batteries américaines et diriger leur appui d’artillerie. C’est la destruction de la chaîne de commandement de la compagnie au cours des combats qui va l’amener à prendre la tête des survivants.

La citation de la Medal of Honor du lieutenant Robinson se lit comme suit :

« Il était observateur avancé d’artillerie de campagne rattaché à la compagnie A, 253e d’infanterie, près d’Untergriesheim, en Allemagne, le 6 avril 1945. Huit heures de combats désespérés sur un terrain découvert balayé par des tirs de mitrailleuses, de mortiers et d’armes légères allemandes avaient décimé la compagnie A, la privant de son commandant et de la plupart de ses sous-officiers clés, lorsque le lieutenant Robinson a rallié les 23 fusiliers indemnes restants et quelques blessés ambulants, et, tout en portant sa lourde radio pour communiquer avec les batteries américaines, les a conduits à travers des tirs intenses dans une charge contre l’objectif.

Dix fantassins allemands dans des trous de renard menaçaient d’arrêter l’assaut, mais le vaillant chef les a tous tués à bout portant avec son fusil et son pistolet, puis a continué avec ses hommes pour nettoyer la zone de toute résistance. Peu de temps après, il a reçu l’ordre de s’emparer de la ville défendue de Kressbach. Il est allé voir chacun des 19 survivants épuisés avec des paroles encourageantes, leur insufflant courage et force, avant de mener à nouveau la petite troupe en avant.

Au cours de l’avance, il a été grièvement blessé à la gorge par un éclat d’obus, mais, malgré une grande douleur et une perte de sang, il a refusé les soins médicaux et a poursuivi l’attaque, dirigeant les tirs d’artillerie de soutien alors même qu’il était grièvement blessé. Ce n’est qu’après la prise de la ville et qu’il ne pouvait plus parler qu’il a quitté le commandement qu’il avait inspiré dans la victoire et a marché près de 2 miles jusqu’à un poste de secours, où il est mort de sa blessure.

Par son leadership intrépide, le [lieutenant] Robinson a été directement responsable de l’accomplissement de la mission de la compagnie A contre des obstacles considérables. »

Un officier d’artillerie qui prend la tête des fantassins

L’action décrite dans cette citation est particulière puisque Robinson, officier d’artillerie, prend de fait le commandement des fantassins survivants après la perte du commandant de la compagnie A et de la plupart de ses principaux sous-officiers. Il rallie les 23 fusiliers encore indemnes ainsi que quelques blessés capables de marcher et les conduit lui-même à l’assaut, tout en portant sa radio afin de rester en communication avec les batteries d’artillerie américaines.

Au cours de cette attaque, Robinson tue personnellement dix soldats allemands à bout portant. Ceux-ci, retranchés dans des trous individuels, menacent de stopper l’assaut. Robinson les affronte avec son fusil et son pistolet et, selon sa citation de la Medal of Honor, tue les dix hommes, avant de poursuivre l’attaque avec les survivants de la compagnie A.

Ce fait d’armes est d’autant plus notable que Robinson n’est pas fantassin mais officier d’artillerie. Sa mission initiale consiste à observer le champ de bataille et à diriger l’appui de ses batteries. Les pertes de la compagnie A l’amènent cependant à combattre directement et à prendre la tête de ses hommes.

Mortellement blessé à la gorge, il continue le combat

Après ce premier assaut, Robinson reçoit l’ordre de s’emparer de Kressbach. Il ne reste alors plus que 19 survivants. Malgré leur épuisement, il passe auprès de chacun d’eux pour les encourager avant de les conduire une nouvelle fois à l’attaque.

C’est au cours de cette avance que Robinson est grièvement blessé à la gorge par un éclat d’obus. La blessure provoque une importante perte de sang. Malgré son état et la douleur, il refuse les soins médicaux et continue le combat. Toujours muni de sa radio, il poursuit notamment sa mission d’observateur avancé en dirigeant les tirs de l’artillerie américaine en soutien de l’attaque.

Robinson reste ainsi avec ses hommes jusqu’à la prise de Kressbach. Ce n’est qu’une fois l’objectif conquis, alors que sa blessure l’empêche désormais de parler, qu’il quitte le commandement.

Il doit encore rejoindre un poste de secours. Mortellement blessé et incapable de parler, il marche environ 3,2 kilomètres. Il parvient jusqu’au poste de secours, mais y meurt de sa blessure. James Robinson avait 26 ans. Nous sommes le 6 avril 1945, seulement 32 jours avant la capitulation allemande du 8 mai.

La Medal of Honor pour son dernier combat

Ce sont ces faits d’armes du 6 avril 1945 qui lui valent la Medal of Honor à titre posthume : avoir pris la tête d’une compagnie d’infanterie dont l’encadrement avait été décimé, avoir tué personnellement dix soldats allemands qui bloquaient l’assaut, puis, après avoir été mortellement blessé, avoir refusé les soins et continué à diriger l’appui de l’artillerie jusqu’à la prise de Kressbach.

La Congressional Medal of Honor Society confirme son grade de First Lieutenant, son appartenance à la batterie A du 861e bataillon d’artillerie de campagne de la 63e division d’infanterie et situe son action près d’Untergriesheim, en Allemagne.

James Robinson Jr. est enterré au cimetière national de Fort Sam Houston à San Antonio, au Texas. Sa sépulture se trouve dans la section T, tombe 98. Sa pierre tombale porte notamment la mention « 1ST LT » ainsi que celle de la Medal of Honor.

Sa veuve, Vina, s’est finalement remariée. Elle est décédée à l’âge de 87 ans le 3 novembre 2009. Elle est enterrée au cimetière de China Spring à China Spring, au Texas.

Ce qu’il faut en retenir

James E. Robinson Jr. est un lieutenant d’artillerie américain tué en Allemagne le 6 avril 1945, à seulement 26 ans. Observateur avancé auprès de la compagnie A du 253e régiment d’infanterie, il prend la tête des survivants lorsque le commandant de la compagnie et la plupart de ses principaux sous-officiers sont mis hors de combat. Au cours de l’assaut, Robinson tue personnellement dix soldats allemands à bout portant avec son fusil et son pistolet. Lors de l’attaque suivante contre Kressbach, un éclat d’obus le frappe à la gorge et le blesse mortellement. Malgré la douleur et une importante perte de sang, il refuse les soins et poursuit le combat, continuant à diriger les tirs d’artillerie jusqu’à la prise de la localité. Devenu incapable de parler, il marche encore près de 3,2 kilomètres jusqu’à un poste de secours, où il meurt de sa blessure. La Medal of Honor lui est décernée à titre posthume.

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.

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