Caporal Henri COCKSHAW, tué le 14 mai 1940 à l’âge de 30 ans
Henri COCKSHAW est né le 11 janvier 1910 à Bruxelles. Typographe dans la vie civile, marié et père d’un jeune enfant, il sert comme caporal à la 6e compagnie du IIe bataillon du 3e Régiment de Carabiniers de l’armée belge lorsque l’Allemagne envahit la Belgique le 10 mai 1940. Quatre jours plus tard, il est tué à Arendonk, dans la province d’Anvers.
Un typographe bruxellois devenu soldat
Henri COCKSHAW est le fils de Barthelemy COCKSHAW (1883-1976) et de Pauline DUTILLIEU (1886-1976). Il a notamment une sœur, Jeanne COCKSHAW, née en 1907.
Dans la vie civile, Henri exerce la profession de typographe. Il épouse Justine Jeanne VAN DAMME (1911-2004). De leur union naît en 1938 un fils, Pierre Paul COCKSHAW.
Caporal au 3e Régiment de Carabiniers
Henri COCKSHAW sert dans l’armée belge avec le grade de caporal, sous le matricule 131/80826. Il appartient plus précisément à la 6e compagnie du IIe bataillon du 3e Régiment de Carabiniers.
Le 3e Régiment de Carabiniers est une unité d’infanterie de deuxième réserve, mobilisée le 22 septembre 1939 et composée principalement de miliciens des classes 1928 à 1931. Dédoublé du 1er Régiment de Carabiniers, il appartient à la 18e Division d’infanterie. Henri COCKSHAW avait donc été rappelé sous les armes lors de la mobilisation précédant l’invasion allemande.
Le 10 mai 1940, l’Allemagne envahit la Belgique. Commence alors la campagne des 18 jours, durant laquelle l’armée belge tente de contenir l’offensive allemande aux côtés des forces françaises et britanniques.
Le 3e Régiment de Carabiniers est alors déployé sur le canal Dessel-Turnhout-Schoten, dans un secteur comprenant Beerse et Arendonk. Le IIe bataillon, auquel appartient Henri, est commandé par le major Adelin Yernaux, tandis que sa 6e compagnie est placée sous les ordres du commandant Lucien May.
Tué lors des combats d’Arendonk le 14 mai 1940
Dans la nuit du 13 au 14 mai, alors que la pression allemande s’accentue sur les positions franco-belges, la 18e Division d’infanterie reçoit l’ordre de se replier vers la position fortifiée d’Anvers. À Arendonk, les Carabiniers et les troupes françaises en retraite entrent en contact avec les avant-gardes allemandes. L’ordre de décrochage parvient tardivement au IIe bataillon du 3e Carabiniers, dont une partie des hommes est capturée.
La 6e compagnie parvient à entamer son repli, mais elle paie un lourd tribut aux combats : au moins dix de ses hommes, dont le caporal Henri COCKSHAW, sont recensés comme tués à Arendonk le 14 mai. Au total, 14 Carabiniers belges perdent la vie lors des combats d’Arendonk des 13 et 14 mai 1940.
Il fait partie des quelque 6 300 militaires belges qui perdirent la vie entre le 10 et le 28 mai 1940 durant la campagne des 18 jours.
Il est inhumé au cimetière communal d’Anderlecht, tombe 669.
Une famille déjà marquée par la Première Guerre mondiale
La guerre n’était pas inconnue de la famille COCKSHAW. L’oncle d’Henri, Jean-Baptiste COCKSHAW, avait servi comme soldat belge durant la Première Guerre mondiale et survécut au conflit.
L’histoire des COCKSHAW en Belgique remonte à Caroline COCKSHAW, née le 8 juillet 1833 dans le South Yorkshire, en Angleterre. Elle quitte l’Angleterre et s’établit en Belgique.
Son fils Guillaume COCKSHAW naît le 17 juin 1864 à Molenbeek-Saint-Jean. Il exerce différentes professions : camionneur, journalier, mécanicien, puis ouvrier au tram. Le 24 novembre 1886, il épouse Marie Christine THIELEMANS. Le couple aura six enfants, parmi lesquels Jean-Baptiste, futur soldat de la Première Guerre mondiale, et Barthelemy, futur père d’Henri.
Deux membres de la famille COCKSHAW furent ainsi directement confrontés aux deux guerres mondiales : Jean-Baptiste combattit durant la Première et survécut ; son neveu Henri servit dans l’armée belge durant la Seconde et fut tué pendant la campagne de mai 1940.
Son fils deviendra conservateur à la Bibliothèque royale de Belgique
Henri COCKSHAW laisse derrière lui son épouse Justine et leur fils Pierre Paul, né en 1938.
Pierre Paul COCKSHAW (1938-2008) deviendra conservateur à la Bibliothèque royale de Belgique et également historien, numismate et paléographe. Il n’avait qu’environ deux ans lorsque son père fut tué pendant la campagne des 18 jours.
Henri COCKSHAW était également un cousin germain par alliance de ma famille, un lien qui m’a naturellement conduit à m’intéresser plus particulièrement à cet homme tué lors de la campagne des 18 jours.
Ce qu’il faut en retenir :
Henri COCKSHAW était typographe, époux et père d’un jeune enfant lorsqu’il fut rappelé sous les armes. Caporal de la 6e compagnie du IIe bataillon du 3e Régiment de Carabiniers, il combattit durant les premiers jours de l’invasion allemande. Le 14 mai 1940, sa compagnie subit de lourdes pertes à Arendonk : au moins dix de ses hommes y furent tués, parmi lesquels Henri, âgé de 30 ans.
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