Thomas Pazen, le soldat britannique dont le casque raconte encore la mort à Anvers en 1944

Soldat britannique Thomas Pasen tué d'une balle dans la tête le 4 septembre 1944 à l'âge de 19 ans

Le soldat britannique Thomas Pazen est tué à Anvers le 4 septembre 1944

Exposé au MAS à Anvers, un casque britannique porte encore l’impressionnante trace d’un projectile. Il appartenait à Thomas Pazen, un soldat tué le 4 septembre 1944 dans les combats pour l’écluse du Kruisschans, au moment de la libération de la ville.

Il ne reste presque rien de l’histoire personnelle de Thomas Pazen dans les sources facilement accessibles. Un nom, une date, un lieu et surtout un casque perforé permettent pourtant de rappeler le destin de ce soldat britannique tombé à Anvers dans les dernières heures de l’occupation allemande de la ville.

Le 4 septembre 1944, Anvers vit une journée historique. Après une progression fulgurante à travers la Belgique, les blindés de la 11th Armoured Division britannique atteignent la métropole. Dans les rues, la population accueille les libérateurs, tandis que les forces allemandes se replient.

Mais quelques kilomètres plus loin, dans l’immense zone portuaire, la guerre n’est pas terminée.

C’est là qu’est tué Thomas Pazen.

Un casque et quelques lignes pour raconter un homme

Son casque est aujourd’hui conservé au MAS, le Museum aan de Stroom d’Anvers. L’objet, référencé MAS.AV.1947.003.004, est accompagné d’un cartel particulièrement sobre :

« Casque du soldat britannique Thomas Pazen. Il meurt le 4 septembre 1944 lors d’affrontements sur l’écluse du Kruisschans à Anvers. »

Le casque porte une spectaculaire perforation à l’avant. Le métal a été arraché et déformé par l’impact. Plus de huit décennies après les événements, cette trace donne une dimension très concrète à la mort d’un homme dont nous savons finalement très peu de choses.

Thomas Pazen n’est pas un général dont les mémoires ont été publiés. Il n’est pas davantage l’un de ces soldats dont les photographies et les lettres ont traversé les générations. Les recherches effectuées dans les sources militaires et historiques accessibles n’ont jusqu’à présent pas permis d’établir avec certitude son âge, son matricule ou même son unité.

Mais son casque est toujours là.

La bataille pour sauver le port d’Anvers

La mort de Thomas Pazen intervient dans un moment crucial de la libération de la Belgique.

Lorsque les Britanniques entrent dans Anvers le 4 septembre 1944, l’enjeu dépasse largement la conquête de la ville. Son port est l’un des plus importants d’Europe et représente un objectif stratégique majeur pour les Alliés.

Depuis le débarquement de Normandie, leurs armées avancent rapidement, mais leurs lignes de ravitaillement s’allongent dangereusement. Disposer d’un grand port en eau profonde beaucoup plus proche du front permettrait d’acheminer hommes, carburant, munitions et matériel.

Encore faut-il s’emparer des installations avant que les Allemands ne les détruisent.

La Résistance anversoise joue alors un rôle essentiel. Des résistants contribuent à protéger les infrastructures portuaires et à empêcher leur sabotage. Parmi les points stratégiques figure la Kruisschanssluis, l’écluse du Kruisschans, dans le nord du port.

C’est dans les affrontements autour de cette installation que Thomas Pazen est abattu.

Anvers est libérée, mais les combats continuent

L’entrée triomphale des Britanniques dans le centre d’Anvers ne signifie en effet pas la fin immédiate des combats.

Au nord de la ville, la situation demeure confuse. Des forces allemandes occupent encore plusieurs positions et les affrontements pour les installations portuaires se poursuivent au cours des jours suivants. Des unités de la 11th Armoured Division et des résistants belges participent à ces opérations.

La sauvegarde du port constitue une réussite considérable : les Allemands n’ont pas eu le temps de détruire l’ensemble de ses infrastructures.

Une autre bataille commence cependant presque immédiatement. Si les Alliés possèdent Anvers et son port, ils ne contrôlent pas encore l’estuaire de l’Escaut, indispensable pour permettre aux navires d’atteindre les quais. Les combats pour ouvrir cette voie maritime se prolongeront pendant plusieurs semaines et feront des milliers de victimes.

Qui était Thomas Pazen ?

C’est la question à laquelle il est aujourd’hui difficile de répondre.

Le MAS l’identifie explicitement comme un soldat britannique nommé Thomas Pazen, mort le 4 septembre 1944 lors des combats de la Kruisschans. En revanche, les recherches effectuées jusqu’à présent ne permettent pas de retrouver avec certitude sa trace dans les principales sources militaires accessibles en ligne.

Son âge demeure inconnu. Son lieu de naissance également. Son régiment n’est pas établi et aucune photographie permettant de mettre un visage sur son nom n’a pu être retrouvée.

Il existe d’ailleurs une petite incertitude historique concernant la chronologie exacte des événements. Plusieurs récits situent les principaux combats britanniques pour la Kruisschans dans les jours suivant le 4 septembre. Cela n’exclut pas des affrontements dès le jour de la libération, dans une zone portuaire où résistants, Allemands et éléments alliés évoluent dans une situation particulièrement mouvante.

Le cartel du MAS est, lui, catégorique sur la date : Thomas Pazen est mort le 4 septembre 1944 à la Kruisschans.

Le casque demeure

Plus de 80 ans après la libération d’Anvers, Thomas Pazen reste donc un soldat largement inconnu.

Il ne subsiste, dans les informations actuellement disponibles, que quelques éléments de son existence : son nom, son appartenance aux forces britanniques, le lieu et la date de sa mort.

Et ce casque.

Un objet militaire parmi des millions fabriqués pendant la Seconde Guerre mondiale, devenu celui d’un homme précis au moment où la guerre l’a rattrapé. La perforation visible dans l’acier rappelle brutalement ce que les photographies de foules célébrant la libération font parfois oublier : le 4 septembre 1944 fut pour Anvers un jour de joie immense, mais pour certains des hommes venus la libérer, la guerre continuait de tuer.

Ce qu’il faut en retenir :

Le 4 septembre 1944, alors qu’Anvers accueille ses libérateurs, le soldat britannique Thomas Pazen est tué dans les combats autour de l’écluse du Kruisschans. Son histoire personnelle demeure mystérieuse, mais son casque perforé, aujourd’hui exposé au MAS, conserve une trace concrète de cette journée et de la mort de cet homme. A-t-il été tué par une balle ou par un éclat métallique ? L’histoire n’en dit rien. Sur le fond, ce n’est pas tant la manière qui importe, mais le fait qu’il soit mort en libérateur de la ville d’Anvers.

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.

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