Médias francophones : le CSA met en garde contre la concentration Rossel-IPM
Petit résumé de l’article :
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel hausse le ton dans le dossier de fusion entre Rossel et IPM. Le régulateur audiovisuel belge estime que cette concentration pourrait menacer le pluralisme de l’information en Belgique francophone. Une analyse européenne a également été lancée afin d’évaluer l’impact du projet sur l’indépendance éditoriale et la diversité des médias.
Le projet de fusion entre Rossel et IPM franchit une nouvelle étape sensible. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et les instances européennes s’inquiètent désormais ouvertement des conséquences potentielles de cette concentration sur le pluralisme de l’information en Belgique francophone.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a annoncé avoir transmis une nouvelle contribution à l’Autorité belge de la concurrence (ABC) dans le cadre de l’examen du projet de fusion entre les groupes de presse Rossel et IPM. Déjà consulté en août 2025, le régulateur audiovisuel estime que cette opération pourrait avoir des effets majeurs sur l’équilibre du paysage médiatique francophone.
Au-delà des enjeux purement économiques, le CSA attire particulièrement l’attention sur les risques liés au pluralisme des médias et à l’indépendance éditoriale. Selon lui, les éventuelles garanties imposées aux deux groupes ne devraient pas se limiter à la presse écrite, mais également concerner leurs activités audiovisuelles, notamment en télévision et en radio.
Le dossier prend également une dimension européenne. Le Media Board européen, qui rassemble les régulateurs des médias de l’Union européenne, a décidé d’ouvrir une analyse spécifique du projet de fusion sur base du règlement européen sur la liberté des médias (EMFA). Cet organisme pourra rendre un avis sur l’impact de la concentration envisagée sur la diversité de l’information et l’indépendance des rédactions.
Cette intervention européenne s’explique notamment par le fait que la Belgique n’a pas encore totalement finalisé les mécanismes prévus par le règlement EMFA. Bien que le CSA ait récemment été désigné comme autorité compétente en Fédération Wallonie-Bruxelles pour évaluer ce type de concentration médiatique, les modalités concrètes d’application restent encore à définir par le gouvernement et les différents législateurs belges.
Le CSA rappelle enfin qu’il dispose déjà, via le décret audiovisuel, du pouvoir d’intervenir si un acteur médiatique venait à acquérir une position jugée trop dominante dans le paysage audiovisuel francophone. Le régulateur insiste sur le fait que la liberté des médias et le pluralisme de l’information constituent des piliers essentiels du fonctionnement démocratique.
Alain Schenkels

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