Léon XIV lance un sommet pour sauver le mariage
Face à l’effritement du mariage et à l’essor de la cohabitation, le pape Léon XIV entend provoquer une prise de conscience mondiale. En octobre 2026, il réunira à Rome les chefs des conférences épiscopales pour répondre à ce qu’il considère comme un défi majeur pour l’Église et la société. Une initiative qui marque une volonté de reprise en main sur un terrain devenu fragile.
La décision est désormais actée, les présidents des conférences épiscopales du monde entier sont convoqués au Vatican à l’automne 2026. L’objectif est explicite, élaborer une réponse concertée à la crise du mariage religieux, dont les signes de fragilité se multiplient dans de nombreuses sociétés occidentales.
Une mobilisation inédite depuis 2019
Ce type de sommet n’a plus été organisé depuis février 2019, lorsque le pape François avait réuni ces mêmes responsables pour traiter la question des abus sexuels. Cette rencontre avait débouché sur une stratégie globale et des engagements communs. Léon XIV semble vouloir reprendre cette méthode, en l’appliquant cette fois à la question du mariage.
Dès octobre 2025, le ton était donné. À l’occasion du dixième anniversaire de la canonisation des époux Louis et Zélie Martin, le souverain pontife avait rappelé la place centrale du mariage, qualifiée parmi les vocations les plus élevées. Depuis, le Vatican a engagé un travail préparatoire structuré pour nourrir la réflexion.
Un diagnostic partagé : le recul de l’engagement
Fin avril 2026, une journée d’étude s’est tenue à la Casina Pio IV, sous l’égide du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Environ 75 participants, théologiens, formateurs de séminaires et responsables ecclésiaux ont planché sur les mutations en cours.
Au cœur des échanges, la transformation profonde du rapport à l’engagement. Selon le père Andrea Bozzolo, recteur de l’Université salésienne pontificale, le mariage n’apparaît plus comme un acte fondateur dans la construction familiale. La cohabitation s’est imposée comme une étape quasi incontournable, perçue non plus comme une alternative mais comme un préalable.
Dans ce contexte, la validation publique et religieuse de l’union perd de sa portée symbolique. La relation est d’abord éprouvée dans la durée quotidienne, avant d’éventuellement déboucher sur un mariage. Cette évolution s’accompagne d’une hausse des séparations, révélatrice d’un lien perçu comme moins définitif.
Repenser la formation et le discours
Face à ce constat, l’Église cherche sa ligne. Le père Bozzolo appelle à éviter deux écueils, la culpabilisation des couples ayant vécu ensemble avant le mariage, mais aussi toute forme de banalisation de cette pratique. L’enjeu est de maintenir une exigence sans rompre le dialogue.
Plus largement, il invite à dépasser une vision de l’amour réduite à l’émotion. Le mariage est présenté comme porteur d’une signification plus profonde, engageant durablement les personnes. Cette approche doit irriguer la formation des prêtres, appelés à accompagner concrètement les couples.
Un sommet sous haute attente
Le rendez-vous d’octobre 2026 pourrait marquer un tournant, à l’image de celui de 2019. Reste à savoir quelles mesures concrètes émergeront de cette rencontre mondiale, et comment elles seront adaptées aux contextes locaux.
Plusieurs interrogations subsistent :
- Quelle place accorder aux familles elles-mêmes dans cette réflexion ?
- Comment rendre le discours de l’Église audible auprès de générations éloignées de ses références ?
- Comment redonner au mariage une portée crédible dans des sociétés marquées par la sécularisation ?
Autant de questions auxquelles l’Église devra répondre si elle entend enrayer une tendance de fond qui dépasse désormais le seul cadre religieux.
Par Alain Schenkels

Share this content:


