Conner Rousseau : de la matraque aux comparaisons nazies (carte blanche)
En 2023, Conner Rousseau s’était fait remarquer par des propos ouvertement racistes visant la communauté rom, avant de devoir présenter des excuses publiques. En 2026, il est de retour, cette fois au cœur d’un cyclone politique et diplomatique pour avoir comparé le président américain Donald Trump à Hitler, franchissant à nouveau une ligne rouge. Une carte blanche signée Alain Schenkels, dirigeant d’entreprise.
Carte blanche diffusée dans le média 21News : cliquez ICI
Dans une vidéo diffusée sur Instagram, le président de Vooruit illustre tristement ce glissement de la parole politique vers l’excès : « Il y a 80 ans, Hitler, l’extrême droite et les nazis transformaient l’Europe en enfer », déclare-t-il avec raison jusque-là, avant d’oser ajouter qu’aujourd’hui, avec Trump et l’agence ICE, on assiste à une répétition de ces agissements, cette fois contre les migrants.
Les deux épisodes illustrent le caractère excessif et blessant des prises de position publiques de Conner Rousseau ciblant tour à tour les Roms – avec des propos racistes tels que « il faut s’en débarrasser (…) utiliser [la] matraque » –et un allié stratégique, le président américain, en recourant à une analogie nazie douteuse, avançant qu’il existe désormais de moins en moins de différences entre Trump et Hitler et n’hésitant pas ainsi à causer un incident diplomatique avec les États-Unis.
À chaque fois, Conner Rousseau choisit la provocation. Si la cible change, le procédé reste le même : frapper fort, au mépris de la mesure et du respect.
Ces sorties ne relèvent pas seulement de la maladresse, elles trahissent un détournement inquiétant du langage, une perversion du débat où les mots les plus chargés historiquement deviennent des projectiles jetés à la volée.
Il est profondément inquiétant de voir aujourd’hui des responsables politiques, des associations ou des groupements de gauche et d’extrême gauche user sans scrupules de termes tels que « nazis », « génocide » ou « fascisme », qui sont désormais instrumentalisés, dilués, vidés de leur sens profond, et ce pour disqualifier ce qui, à leurs yeux, ne correspond pas aux « seules bonnes » valeurs.
Cette dérive verbale n’est pas anecdotique, elle est le reflet d’une partie de la société qui utilise la morale comme arme politique, en supprimant toute nuance dans le débat qui ne cherche plus à convaincre, mais à détruire.
Cette gauche moralisatrice, si prompte à s’ériger en gardienne de la vertu, pratique aujourd’hui un discours qui alimente précisément ce qu’elle prétend combattre : la division, la haine, le discrédit de la parole politique. Pour beaucoup de ses partisans, « tout ce qui n’est pas de gauche est d’extrême droite ». Le dialogue meurt lorsque les mots perdent leur signification.
Dans le cas de Conner Rousseau, la faute est d’autant plus lourde qu’elle émane d’un homme politique. En tant que président de Vooruit et député, ses fonctions exigent retenue, dignité, exemplarité. Il choisit au contraire l’outrance, franchissant une ligne rouge que tout homme politique qui respecte la démocratie devrait s’interdire de traverser.
Lorsqu’on dérive de la conviction à l’invective, de l’indignation à la haine et qu’on instrumentalise l’Histoire en arme rhétorique, c’est la politique tout entière qu’on déshonore. Conner Rousseau, lui, n’a pas l’intention de s’excuser, invoquant la liberté d’expression. Mais comparer l’incomparable, insulter un chef d’État allié exigerait pourtant au minimum des excuses.
Par Alain Schenkels

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