Quand l’« antifascisme » adopte les méthodes qu’il prétend combattre (par Viviane Teitelbaum)

Il fut un temps où les « antifas » menaient un combat clair : celui de la défense des libertés publiques, du pluralisme, du débat contradictoire et de l’État de droit. Un combat pour empêcher que la violence politique ne s’impose comme mode d’expression.

Aujourd’hui, certains groupes se revendiquant « antifas » semblent avoir inversé cette logique. L’intimidation remplace l’argumentation et le débat démocratique. La violence devient un outil assumé.

En Belgique, des actions violentes, des perturbations d’événements visant le MR, des tentatives d’empêcher des réunions ou des prises de parole, ont montré que la radicalité n’est plus seulement verbale. En France, des scènes similaires se multiplient : allant jusqu’aux menaces et désormais meurtre prémédité. Cette dérive n’est pas un détail. Elle interroge le sens même du combat revendiqué.

Le pluralisme est le cœur de la liberté.
On ne défend pas la démocratie en fragilisant ses règles.
On ne protège pas la liberté en intimidant ou tuant ceux qui pensent autrement.
On ne combat pas le fascisme en empruntant ses méthodes.

L’histoire nous a appris que la violence politique, même lorsqu’elle se pare de bonnes intentions, finit toujours par ronger les principes qu’elle prétend sauver. La frontière est fine entre la vigilance démocratique et la tentation autoritaire.

L’antifascisme, s’il veut rester fidèle à son héritage, doit s’ancrer dans l’État de droit. Sinon, il se transforme en posture identitaire où l’ennemi désigné justifie tout — y compris l’injustifiable.

La démocratie est exigeante. Elle suppose d’accepter la bataille des d’idées sans basculer dans le conflit physique. Elle suppose de combattre les idées par d’autres idées, non pas par la peur.

Refuser la violence politique n’est pas un signe de faiblesse. C’est au contraire le socle même de la civilisation et de la démocratie.

Viviane Teitelbaum
Source : https://www.facebook.com/viviane.teitelbaum

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(Photo : FB)

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.