Un drone de garage tutoie les 700 km/h, une invention australienne relance les inquiétudes sur l’usage terroriste des drones

Fabriqué dans un simple garage australien, un drone amateur a approché les 700 km/h, ébranlant les frontières entre ingénierie artisanale et industrie high-tech. Si sa vitesse record reste à homologuer, l’exploit souligne la montée en puissance des passionnés face aux géants industriels.

Assemblé par Benjamin Biggs, un autodidacte australien, le drone baptisé Blackbird a atteint 690 km/h lors d’un essai mené dans le bush. Conçu avec environ 3 000 € de composants – un budget comparable à celui d’un drone grand public haut de gamme – l’appareil a impressionné les observateurs pour son rapport performance-coût inédit.

Le test, filmé et relayé par la chaîne YouTube Drone Pro Hub, s’est appuyé sur une méthode de mesure rigoureuse : vitesse moyenne de 661 km/h sur 100 mètres, avec un pic à 690 km/h dans le sens du vent. Ce chiffre dépasse de près de 3 km/h le précédent record du Peregreen V4 de Luke Maximo Bell, enregistré en décembre.

Toutefois, faute de la présence d’un expert indépendant exigée par le Guinness World Records, le résultat n’a pas encore été officialisé. L’éloignement du site d’essai a empêché toute validation sur place.

Côté conception, le Blackbird se distingue par ses quatre moteurs AAX 2826 Competition et ses deux batteries, intégrés dans une structure ultralégère. Les câbles moteurs, soudés directement aux contrôleurs de vitesse, éliminent toute connectique superflue, réduisant ainsi le poids au minimum pour accroître la puissance et la finesse aérodynamique.

Source : Tech Radar
Photos : capture d’écran Drone Pro Hub (voir vidéo complète en fin d’article)

Je ne peux qu’admirer la performance de Benjamin Biggs, véritable acteur de l’innovation technologique. J’ai beaucoup d’admiration pour ces inventeurs qui, sans moyens ni soutien financier, parviennent à faire émerger de nouvelles technologies.

Espérons cependant que cette avancée ne tombe pas entre de mauvaises mains.


L’armée intéressée …

Toute avancée technologique retient l’attention des forces armées, surtout lorsqu’elle concerne un dispositif susceptible d’être transformé en arme. La guerre en Ukraine en offre une très bonne illustration, des drones à faible coût, équipés d’explosifs, parviennent à détruire des avions de combat, des centrales électriques et à éliminer de très nombreux soldats ennemis. Ce phénomène n’a rien d’anormal en soi, l’armée s’adapte à son époque et les drones ont aujourd’hui pris une place essentielle dans les stratégies de combat.

Des usages militaires aux dérives potentielles

L’inquiétude grandit lorsqu’il devient possible, pour presque n’importe qui, de transformer un drone bon marché en arme de guerre. Ici, c’était pour une cause légitime : au début du conflit en Ukraine, le soldat ukrainien Andriï Skiba s’est illustré en modifiant des drones civils — souvent de fabrication chinoise — pour en faire de véritables armes capables de larguer des grenades. À lui seul, il est parvenu à détruire des dépôts de munitions, des chars et véhicules de combat d’infanterie, mais aussi à éliminer plus de 600 soldats russes.
Mais imaginez une telle technologie entre de mauvaises mains…

Les terroristes aussi …

Ce qui suscite davantage d’inquiétude, c’est la facilité avec laquelle des drones civils peuvent être détournés à des fins malveillantes. On se souvient des attentats terroristes islamistes, où il fallait recruter des kamikazes prêts à mourir pour agir. Avec des drones bon marché, il devient désormais possible de mener une attaque sans mettre directement la vie de l’opérateur en danger : le recrutement de terroristes en est facilité, et une attaque, même de grande ampleur, devient plus simple à mettre en œuvre.

Face à cette démocratisation rapide de la technologie, la question de la régulation devient urgente.
Comment lutter contre ce risque accru pour notre sécurité ?

Par Alain Schenkels

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.