Seconde Guerre Mondiale : Entraînements militaires de l’armée britannique, films destinés aux soldats en formation

Deux films :
1. UNARMED COMBAT – Combat à mains nues

Le combat à mains nues (ou « unarmed combat » en anglais) désigne un ensemble de techniques de combat rapproché développées et perfectionnées durant la Seconde Guerre mondiale pour permettre aux soldats de survivre s’ils perdaient leur arme principale.

Ces techniques, souvent appelées « WW2 Combatives », privilégient l’efficacité, la simplicité et la rapidité, avec pour objectif principal de neutraliser rapidement et de manière décisive un adversaire dans des situations de vie ou de mort.

Le système britannique a été conçu par le lieutenant-colonel William E. Fairbairn et le sergent Eric A. Sykes, tous deux anciens policiers à Shanghai, une ville réputée dangereuse à l’époque. Leur expérience dans la gestion de situations violentes et imprévisibles a permis de créer un programme de formation adapté à tous les soldats, quel que soit leur gabarit ou leur expérience préalable. Ces méthodes intègrent des éléments de jujutsu, de boxe, de lutte et de maniement du couteau.

Parmi les techniques emblématiques du combat à mains nues de la Seconde Guerre mondiale, on retrouve:

  • Chin jab (coup de paume au menton) : Un coup de paume dirigé vers le menton ou le visage, visant à déséquilibrer, assommer ou même tuer l’adversaire en projetant violemment sa tête en arrière
  • Edge of hand blow (coup tranchant de la main) : Un coup rapide et fouetté avec le tranchant de la main, efficace pour frapper la tête, le cou ou les avant-bras de l’ennemi
  • Tiger claw (coup de paume griffée) : Variante du coup de paume, visant à griffer les yeux tout en frappant le visage
  • Stomp kick (coup de pied écrasant) : Coup de pied bref et puissant dirigé vers le genou ou le tibia, difficile à bloquer car il vient du bas
  • Clé de poignet, clé de coude, étranglements : Techniques de contrôle et de neutralisation inspirées du jujutsu et du judo, permettant de forcer l’adversaire au sol ou de le désarmer

Philosophie et utilisation

Le système est conçu pour être appris rapidement, souvent en quelques semaines, et ne nécessite aucune aptitude physique particulière. L’accent est mis sur l’agressivité, l’attaque préventive et la brutalité, car ces techniques sont destinées à être utilisées en dernier recours, lorsque la vie du soldat est en jeu. Contrairement aux arts martiaux traditionnels, il n’y a ni compétition, ni rituels, ni gradation : seul compte le résultat sur le terrain.

Conclusion

Le combat à mains nues de la Seconde Guerre mondiale est un système pragmatique et létal, conçu pour donner à chaque soldat les moyens de survivre et de vaincre en situation extrême, en utilisant des techniques simples, directes et redoutablement efficaces permettant de capturer ou de tuer l’adversaire.

Extrait du film

Film complet

Un film d’instruction militaire mettant en scène trois membres de la Home Guard découvrant des opérateurs radio allemands et montrant comment ils les ont neutralisés. La seconde partie du film est didactique et présente des méthodes d’attaque et de défense, illustrant comment un homme non armé peut affronter efficacement l’ennemi.

Bobine 1 :
Trois membres de la Home Guard remarquent qu’une maison abandonnée est éclairée. L’un d’eux reste pour surveiller la porte arrière tandis que les deux autres vont enquêter sur la raison pour laquelle les occupants ne respectent pas le black-out. L’homme dans la maison insiste sur le fait qu’il est belge. Pendant qu’il quitte la pièce pour aller chercher ses papiers, les membres de la Home Guard fouillent sa veste et découvrent qu’il est allemand. Ils fouillent la maison et trouvent le « Belge » ainsi que deux autres Allemands utilisant une radio. Les membres de la Home Guard n’ont pas de munitions et commencent à se battre. Ils sont maîtrisés et tués. Celui qui surveillait la porte arrière est également éliminé. On entend alors le bruit d’avions, des parachutes descendent et les nazis envahissent.

Bobine 2 :
Les erreurs commises par la Home Guard lors de l’attaque sont mises en évidence à travers une rediffusion de la scène précédente. Les points vulnérables du corps sont indiqués, à savoir : l’aine (zone génitale), le menton, l’avant-bras et le haut du bras, le dos et le côté du cou, les reins, la base de la colonne vertébrale, la pomme d’Adam, le tibia et le dessus du pied. Un acteur vêtu d’un uniforme allemand fait face à un soldat anglais, et toutes les techniques possibles de combat à mains nues sont présentées de manière lente, statique et détaillée. Sont inclus : l’utilisation du casque allemand comme arme ; la torsion du petit doigt ; beaucoup d’attention portée à l’aine ; la prise d’étranglement japonaise ; l’esquive des coups de poing ; la défense contre fusil/baïonnette ; comment réagir lors d’une menace de côté, de dos ou de face (montage) et comment désarmer une sentinelle.

Bobine 3 :
La prise dite des menottes ; attacher un prisonnier avec pas moins de sept yards (environ six mètres et demi) de corde. Rappel de la nécessité de maîtriser le combat à mains nues, aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. Une dramatique met en scène des soldats anglais débarquant en France occupée pour capturer un QG nazi. En appliquant les principes de la section didactique de la bobine 2, les Anglais se défendent et défendent leur pays contre les Allemands : ils ligotent la sentinelle, font prisonniers les officiers allemands et tracent un « V » de la victoire sur la porte du QG. Une invasion possible (c’est ce dont discutaient les Allemands avant d’être capturés) est ainsi évitée grâce aux techniques de combat à mains nues.

Imperial War Museums

Les trois bobines peuvent être visualisées et téléchargées gratuitement en cliquant ICI


2. Kill or be killed – Tuer ou être tué

Programme de formation destiné aux soldats britanniques, les erreurs à ne pas commettre.

Embuscade : Leurre du cadavre Allemand pour attirer et liquider d’autres soldats Allemands

Une rencontre scénarisée entre un tireur d’élite britannique et des soldats allemands, filmée pour un film d’instruction en 1942. Le film produit par le gouvernement, intitulé « Tuer ou être tué », suit un tireur d’élite qui attire des soldats allemands dans une embuscade, afin de les éliminer.

Un tireur d’élite allemand manque de peu un sergent britannique, qui décide alors de traquer l’Allemand ; ils se poursuivent mutuellement à travers les bois, commettant et évitant tour à tour des erreurs classiques de techniques de terrain (camouflage incorrect, se découper sur la ligne d’horizon, casser des brindilles, refléter la lumière du soleil sur les lunettes). Finalement, le Britannique parvient à pousser l’Allemand à révéler sa position, puis le prend à revers et le tue.

Le sergent installe ensuite le corps de l’Allemand comme leurre, puis se cache derrière un écran de branches coupées pour organiser une embuscade. Il attend patiemment l’arrivée d’autres Allemands, une patrouille de cinq soldats Allemands découvrent leur camarade, notre sergent ouvre le feu et abat les cinq soldats Allemands.

Explications, extrait du film :

Accès gratuit au film complet :

Accédez gratuitement au film complet d’une durée de 18:03, en anglais mais compréhensible pour toute personne ayant des bases en anglais

Et de nos jours …

Ce type de pratique, reflète les standards et les méthodes d’entraînement militaires de l’époque, dans un contexte où la survie et la victoire sur le terrain étaient considérées comme prioritaires.

Cependant, le droit international humanitaire tel qu’il est appliqué aujourd’hui condamne ce genre de pratique. Les Conventions de Genève de 1949, qui sont postérieures à la Seconde Guerre mondiale, exigent le respect des morts et interdisent leur utilisation à des fins militaires ou de dégradation. À l’époque de la production du film, il n’existait pas de cadre juridique aussi strict, et certaines pratiques aujourd’hui considérées comme criminelles étaient parfois enseignées ou tolérées dans les armées.

Le film « Tuer ou être tué » montre bien l’utilisation d’un cadavre ennemi comme leurre dans une embuscade, ce qui était enseigné par l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, mais cette pratique serait aujourd’hui considérée comme une violation du droit international humanitaire.

Le DIH estime le devoir de respecter et de protéger les morts, qu’ils soient amis ou ennemis, et interdisent expressément tout traitement dégradant, humiliant ou instrumental des dépouilles.

Mon avis

Le DIH évoque une « atteinte à la dignité humaine qui peut être qualifiée de crime de guerre ».

Mon positionnement : Tuer l’ennemi = légal. Utiliser son corps comme appât 24h pour sauver 5 camarades = ruse, pas un sacrilège. Le DIH post-1945 idéalisé ignore la réalité : en 1942, chaque soldat britannique comptait. Les Allemands faisaient pire (Malmedy). Les lois s’appliquent, mais la guerre reste la guerre.

Un soldat ennemi vivant, le DIH permet de ne pas respecter son corps en lui trouant la peau, mais un soldat ennemi mort, le DIH rend obligatoire de respecter son corps, on ne peut pas l’utiliser comme appât, c’est un crime de guerre, soit !

Je suis d’accord pour dire qu’il faut respecter l’ennemi dans sa mort. Toutefois, utiliser un cadavre ennemi comme leurre afin de vaincre d’autres ennemis, comme c’est montré dans la vidéo, me semble une tactique militaire parfaitement logique et stratégique.

La condamnation d’un crime de guerre commis sur un homme vivant est nécessaire et indispensable, car elle protège la dignité humaine. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit d’un homme déjà mort, tué lors d’un combat loyal. En quoi cet acte s’apparente-t-il à un crime de guerre ? Il ne s’agit même pas de détruire le cadavre, mais simplement de le mettre en avant pour attirer l’ennemi. Rien n’empêche, par la suite, de procéder à son inhumation, conformément à l’article 17 de la Convention de Genève de 1949 qui précise que les morts doivent être enterrés honorablement.

Mais quoi qu’on en pense, les lois de la guerre, telles que définies par le DIH, doivent être respectées par les belligérants. Même si certaines de ces règles peuvent paraître discutables, les soldats doivent s’y conformer.

Références DIH

  • Conv. Genève I (1949), art. 17 : « Morts honorablement enterrés ».
  • Protocole I (1977), art. 34 : « Utilisation dégradante dépouilles = interdit ».

Photographies et films :

Par Alain Schenkels

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