{"id":1442,"date":"2025-12-09T16:34:55","date_gmt":"2025-12-09T16:34:55","guid":{"rendered":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/?page_id=1442"},"modified":"2026-02-19T13:04:22","modified_gmt":"2026-02-19T13:04:22","slug":"soldat-camille-20-ans-72-heures-dans-lenfer-de-la-campagne-des-18-jours","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/seconde-guerre-mondiale\/soldat-camille-20-ans-72-heures-dans-lenfer-de-la-campagne-des-18-jours\/","title":{"rendered":"Soldat Camille, 20 ans \u2014 72 heures dans l\u2019enfer de la Campagne des 18 Jours, essai par Antoine Colleman"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Auteur Antoine Colleman<\/strong>, <strong>Wortegem, 2025<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"709\" height=\"829\" src=\"http:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Antoine-Colleman.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3188\" style=\"aspect-ratio:0.8553166763509588;width:86px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Antoine-Colleman.jpg 709w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Antoine-Colleman-257x300.jpg 257w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Biographie :<\/strong><br>Antoine Colleman, n\u00e9 le 17 novembre 2005 \u00e0 Wortegem de p\u00e8re flamand et de m\u00e8re Li\u00e9geoise.<br>En 2025, Antoine d\u00e9m\u00e9nage et s&rsquo;installe \u00e0 Auderghem \u00e0 Bruxelles.<br>\u00c9tudiant \u00e0 l&rsquo;ULB, il fait un bachelier en histoire, Sciences humaines et sociales.<br>\u00c9crivain depuis ses 16 ans, il n&rsquo;a pas encore publi\u00e9 ses \u00e9crits, cet essai sous forme de petit roman est sa premi\u00e8re publication publique.<br>Il parle le n\u00e9erlandais, le fran\u00e7ais et l&rsquo;anglais.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Notice historique et litt\u00e9raire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les 18 Jours \u2014 10 au 28 mai 1940<\/h2>\n\n\n\n<p>Entre le 10 et le 28 mai 1940, la Belgique s\u2019effondre en dix-huit jours. Le 2e Corps belge, d\u00e9ploy\u00e9 sur l\u2019axe Louvain\u2013Malines, re\u00e7oit l\u2019ordre de tenir la ligne de la&nbsp;<strong>Dijle<\/strong>&nbsp;face \u00e0 l\u2019offensive allemande. Le 16 mai, apr\u00e8s la perc\u00e9e de&nbsp;<strong>Sedan<\/strong>&nbsp;(14 mai), les divisions motoris\u00e9es de la Wehrmacht (XVIe Panzerkorps) submergent les positions belges. Stukas, motocyclistes, half-tracks s\u2019abattent sur Herent, Rotselaar, Zemst. Les ordres de repli vers la&nbsp;<strong>Lys<\/strong>&nbsp;se noient dans le chaos : communications coup\u00e9es, officiers tu\u00e9s, unit\u00e9s dispers\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ces routes, des milliers de soldats belges, souvent des r\u00e9servistes \u00e0 peine form\u00e9s, basculent de l\u2019illusion patriotique \u00e0 l\u2019horreur brute. Beaucoup ne reverront jamais Wortegem, Li\u00e8ge ou leur maison flamande.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un r\u00e9cit fictif, une v\u00e9rit\u00e9 profonde <\/h2>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9cit suit&nbsp;<strong>Camille<\/strong>, vingt ans, \u00e9tudiant timide du plat pays flamand, arrach\u00e9 \u00e0 sa vie pour affronter 72 heures d\u2019enfer. Chaque lieu, chaque arme, chaque ordre correspond \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 document\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Herent<\/strong>&nbsp;(16 mai, 05h30) : premi\u00e8re perc\u00e9e allemande, bombardements massifs.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Rotselaar<\/strong>&nbsp;(14h00) : combats isol\u00e9s, premiers corps-\u00e0-corps.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Zemst\u2013Tisselt<\/strong>&nbsp;(17-18 mai) : repli chaotique, civils pris entre deux feux.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les dialogues, les odeurs, les peurs sont inspir\u00e9s des t\u00e9moignages de survivants \u2014 ceux de Marcel Thiry, Jean Tousseul, ou les archives de l\u2019<strong>Institut d\u2019Histoire de la Seconde Guerre Mondiale<\/strong>. Mais Camille n\u2019est pas un nom d\u2019archives : il incarne le destin anonyme de milliers de jeunes Belges, broy\u00e9s entre devoir et instinct de survie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi ce r\u00e9cit ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans un pays qui a souvent occult\u00e9 ses soldats de 1940, pr\u00e9f\u00e9rant les h\u00e9ros de la R\u00e9sistance,&nbsp;<em>Camille \u2014 72 heures<\/em>&nbsp;redonne voix \u00e0 l\u2019<strong>engourdissement<\/strong>, \u00e0 la&nbsp;<strong>peur visc\u00e9rale<\/strong>, \u00e0 la&nbsp;<strong>mort banale<\/strong>. Sans h\u00e9ros, sans gloire. Juste un jeune homme qui meurt \u00e0 trente kilom\u00e8tres de chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la m\u00e9moire de mon grand-p\u00e8re qui aurait pu \u00eatre ce Camille, heureusement lui il a surv\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Antoine Colleman<\/strong>, <strong>Wortegem, 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 1 : L\u2019aube fracass\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Herent, rive gauche de la Dijle \u2014 16 mai 1940, 05h30.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une brume lourde stagnait sur la Dijle, \u00e9paisse comme un linge mouill\u00e9 jet\u00e9 sur le paysage. Les saules au bord du fleuve semblaient pleurer d\u2019avance sur ce que la matin\u00e9e allait broyer. Entre les troncs, des silhouettes confuses s\u2019agitaient : des soldats qui couraient, alignaient des sacs de sable, v\u00e9rifiaient des chargeurs, tous conscients que la journ\u00e9e ne serait qu\u2019un long hurlement de m\u00e9tal.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille, vingt ans \u00e0 peine, s\u2019agrippait \u00e0 son fusil FN35 comme un noy\u00e9 \u00e0 une planche. Autour de lui, les ordres circulaient, secs, presque irr\u00e9els. Il sentait le sol vibrer sous ses bottes, rythm\u00e9 par le grondement des bombardiers allemands qui approchaient. Quand les Stukas apparurent, ils ne furent que des ombres glac\u00e9es, d\u00e9chirant le ciel au cri strident de la sir\u00e8ne d\u2019assaut. Chaque plongeon semblait viser directement son c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de lui, \u00c9douard, un Li\u00e9geois au visage \u00e9maci\u00e9, essayait de feindre la nonchalance. Son manteau mal boutonn\u00e9 laissait apercevoir la chemise sale d\u2019un ouvrier improvis\u00e9 en soldat. Il tira une bouff\u00e9e de cigarette et murmura :<br>\u2014 Camille, vieux\u2026 on dirait la fin du monde. Moi qui voulais rentrer \u00e0 Li\u00e8ge\u2026 voir ma gosse na\u00eetre, en juin.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille d\u00e9tourna les yeux vers la rivi\u00e8re envelopp\u00e9e de brouillard.<br>\u2014 J\u2019pense \u00e0 Wortegem, \u00c9douard. Maman m\u2019a donn\u00e9 ce crucifix, tu vois ? Elle m\u2019a dit : \u201cReviens-moi, mon grand\u2026\u201d P\u00e8re, lui, m\u2019a parl\u00e9 de courage et d\u2019honneur. Mais j\u2019ai la peur dans les tripes. Une vraie peur. On va y rester, tous.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9douard tenta un sourire.<br>\u2014 Peur ? On l\u2019a tous. Mais apr\u00e8s, carbonnade chez moi, ta fianc\u00e9e \u00e0 la kermesse\u2026 Et toi, plus tard, juge comme ton p\u00e8re, tu d\u00e9fendras les pauvres bougres que la vie aura broy\u00e9s. Allez, mon gars, faut leur foutre la pagai\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le reste se perdit dans une rafale de MG34. Le cri qui suivit n\u2019\u00e9tait pas humain. \u00c9douard porta les mains \u00e0 son ventre, recula d\u2019un pas, puis s\u2019\u00e9croula \u00e0 genoux. Le sang jaillit en pulsations noires, \u00e9pais, chaudes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Camille\u2026 ma femme\u2026 le petit\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Camille se jeta \u00e0 genoux, d\u00e9chira la chemise kaki. Le ventre \u00e9ventr\u00e9 d\u2019\u00c9douard respirait encore, comme si la vie refusait de s\u2019avouer vaincue. Ses mains glissaient dans la chaleur du sang, tentant de retenir l\u2019irr\u00e9versible.<br>\u2014 Lieutenant ! \u00c9douard est touch\u00e9 ! crie-t-il d\u2019une voix \u00e9trangl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Un officier surgit dans la p\u00e9nombre du matin, hurlant au-dessus des explosions :<br>\u2014 Repliez-vous ! Pont \u00e0 deux cents m\u00e8tres ! Avancez ou on cr\u00e8ve ici !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"250\" src=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille-le-blesse.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1456\" srcset=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille-le-blesse.png 1024w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille-le-blesse-300x73.png 300w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille-le-blesse-768x188.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Camille resta fig\u00e9 un instant, incapable de d\u00e9tacher son regard du visage d\u2019\u00c9douard, ruisselant de sueur et de sang. Une rafale ricocha \u00e0 ses pieds : il bondit, plus par instinct que par volont\u00e9. Avant de partir, il arracha son crucifix et le posa sur la poitrine d\u2019\u00c9douard, geste d\u00e9risoire d\u2019un vivant sans foi certaine. Puis il courut. Les obus frappaient la terre, les arbres s\u2019arrachaient, et le monde entier semblait r\u00e9sonner d\u2019un seul cri : survivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le vacarme se dissipa un peu, Camille se retrouva seul, perdu sur la rive mutil\u00e9e de la Dijle. La brume s\u2019\u00e9tait teint\u00e9e de rouge.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 2 : Le bapt\u00eame du sang<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Rotselaar \u2014 16 mai 1940, 14h00.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil montait \u00e0 peine au-dessus des champs, mais sa chaleur ne traversait pas la peur. Camille rampait entre les betteraves, humant cette odeur terreuse qui se m\u00ealait \u00e0 celle, plus douce\u00e2tre, des cadavres proches. Chaque pas le rapprochait d\u2019une fronti\u00e8re invisible \u2014 celle qui s\u00e9pare l\u2019homme qui h\u00e9site de celui qui tue.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la route \u00e0 quelques m\u00e8tres, deux motocyclistes allemands s\u2019\u00e9taient arr\u00eat\u00e9s. L\u2019un allumait une cigarette, l\u2019autre consultait une carte, appuy\u00e9 contre le carter noir d\u2019une BMW R12. Ils parlaient bas, presque tranquillis\u00e9s par leur victoire \u00e9vidente. Camille les observait \u00e0 travers la mire de son pistolet. Sa main tremblait tant qu\u2019il sentit la sueur perler sur la crosse.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Je ne peux pas les laisser partir<\/em>, se r\u00e9p\u00e9ta-t-il.&nbsp;<em>C\u2019est mon devoir.<\/em><br>Mais ce mot, \u00ab devoir \u00bb, sonnait creux. Il pensait \u00e0 \u00c9douard, \u00e0 ce cri arrach\u00e9 entre deux r\u00e2les, \u00e0 ce crucifix pos\u00e9 sur une poitrine d\u00e9j\u00e0 froide. Son ventre se noua. Il visa.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier tir claqua, clair, imm\u00e9diat. L\u2019un des motards s\u2019effondra sans un bruit, fauch\u00e9 net, le torse \u00e9clat\u00e9. Le second leva son arme, un MP38 d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat. Camille tira une seconde fois. La balle atteignit la poitrine, d\u00e9chira la vareuse. L\u2019homme retomba lourdement, les doigts encore crisp\u00e9s sur la g\u00e2chette.<\/p>\n\n\n\n<p>Le silence retomba, plus assourdissant que le tir. Camille regarda autour de lui : plus rien ne bougeait, sinon le vent dans les feuillages. Il rampa jusqu\u2019au bless\u00e9, tirant son arme devant lui. L\u2019Allemand le fixait, le regard dilat\u00e9, la bouche sifflante.<br>\u2014&nbsp;<em>Bitte\u2026 bitte\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Deux syllabes, \u00e0 peine un souffle. Camille ne sut s\u2019il voulait demander la vie ou la mort. Il ne tira pas. Le visage de l\u2019homme se figea lentement, suspendu entre le ciel et la terre, les yeux grands ouverts.<\/p>\n\n\n\n<figure data-wp-context=\"{&quot;imageId&quot;:&quot;69ea91b4451bd&quot;}\" data-wp-interactive=\"core\/image\" data-wp-key=\"69ea91b4451bd\" class=\"wp-block-image size-full is-resized wp-lightbox-container\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"858\" height=\"501\" data-wp-class--hide=\"state.isContentHidden\" data-wp-class--show=\"state.isContentVisible\" data-wp-init=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on--click=\"actions.showLightbox\" data-wp-on--load=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on-window--resize=\"callbacks.setButtonStyles\" src=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/2-allemands-camille.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1454\" style=\"aspect-ratio:1.7125927813704565;width:374px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/2-allemands-camille.png 858w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/2-allemands-camille-300x175.png 300w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/2-allemands-camille-768x448.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 858px) 100vw, 858px\" \/><button\n\t\t\tclass=\"lightbox-trigger\"\n\t\t\ttype=\"button\"\n\t\t\taria-haspopup=\"dialog\"\n\t\t\taria-label=\"Enlarge\"\n\t\t\tdata-wp-init=\"callbacks.initTriggerButton\"\n\t\t\tdata-wp-on--click=\"actions.showLightbox\"\n\t\t\tdata-wp-style--right=\"state.imageButtonRight\"\n\t\t\tdata-wp-style--top=\"state.imageButtonTop\"\n\t\t>\n\t\t\t<svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"12\" height=\"12\" fill=\"none\" viewBox=\"0 0 12 12\">\n\t\t\t\t<path fill=\"#fff\" d=\"M2 0a2 2 0 0 0-2 2v2h1.5V2a.5.5 0 0 1 .5-.5h2V0H2Zm2 10.5H2a.5.5 0 0 1-.5-.5V8H0v2a2 2 0 0 0 2 2h2v-1.5ZM8 12v-1.5h2a.5.5 0 0 0 .5-.5V8H12v2a2 2 0 0 1-2 2H8Zm2-12a2 2 0 0 1 2 2v2h-1.5V2a.5.5 0 0 0-.5-.5H8V0h2Z\" \/>\n\t\t\t<\/svg>\n\t\t<\/button><\/figure>\n\n\n\n<p>Alors les jambes de Camille c\u00e9d\u00e8rent. Il tomba \u00e0 genoux, d\u00e9tournant la t\u00eate, le ventre secou\u00e9 de spasmes. Il vomit tout ce qu\u2019il avait aval\u00e9 depuis la veille \u2014 peur, boue, eau sale. Quand il releva la t\u00eate, les deux soldats gisaient l\u00e0, leurs visages jeunes, presque paisibles, balafr\u00e9s par la poussi\u00e8re de la route.<\/p>\n\n\n\n<p>Il murmura :<br>\u2014 Je devais le faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il attrapa la carte que l\u2019un d\u2019eux avait laiss\u00e9e ouverte. Le nom de Sedan, entour\u00e9 d\u2019un cercle rouge, y saignait comme un pr\u00e9sage. Il prit aussi un chargeur de MP38, essuya ses mains sur sa vareuse et regarda une derni\u00e8re fois les morts.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y avait plus de retour possible, il savait que plus rien ne serait comme avant&#8230; Il a tu\u00e9. <br>L\u2019\u00e9tudiant effac\u00e9 de Wortegem avait disparu quelque part entre ces betteraves et la poussi\u00e8re du chemin.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille se redressa, vacillant, et prit la direction de Zemst, cinq kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019ouest, sous un ciel de plomb.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 3 : La nuit des ombres<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Kessenich-Zemst \u2014 Nuit du 16 mai 1940.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La nuit s\u2019\u00e9tait abattue comme un couvercle. Les saules tordus penchaient sur les foss\u00e9s, leurs branches tremp\u00e9es semblant effleurer la peau d\u2019un mort. Camille glissait entre les racines et les touffes d\u2019herbe, chaque pas le maintenant dans un monde o\u00f9 il n\u2019y avait plus que le souffle, la peur et le froid. Le thermom\u00e8tre devait fr\u00f4ler les huit degr\u00e9s, mais son corps br\u00fblait de fi\u00e8vre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le lointain, le roulement sourd des half-tracks formait comme une respiration monstrueuse. Par moments, les rafales saccad\u00e9es de Sedan s\u2019\u00e9levaient jusqu\u2019ici, confondues \u00e0 l\u2019aboiement des chiens. Camille resta immobile, retenant sa respiration, persuad\u00e9 que chaque craquement, chaque battement d\u2019aile \u00e9tait le signe d\u2019une patrouille ennemie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019avait presque rien aval\u00e9 depuis deux jours. Une pomme pourrie, ramass\u00e9e au bord d\u2019un champ, avait noirci la langue et labour\u00e9 son estomac vide. Assis contre un talus, il posa le fusil sur ses genoux. Ses paupi\u00e8res battirent, lourdes, et l\u2019image d\u2019\u00c9douard surgit dans l\u2019obscurit\u00e9 : le ventre ouvert, la chemise d\u00e9chir\u00e9e, le crucifix pos\u00e9 sur sa poitrine d\u00e9j\u00e0 froide. Puis vinrent les yeux de l\u2019Allemand, ces yeux d\u2019homme qui ne voulait plus mourir.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille tenta de chasser ces visions, mais elles s\u2019accrochaient \u00e0 sa m\u00e9moire comme des ronces. Il pensa \u00e0 sa m\u00e8re, \u00e0 la kermesse du village, \u00e0 la voix de son p\u00e8re d\u00e9bitant les grands mots de la justice. Un sourire tremblant passa sur ses l\u00e8vres gerc\u00e9es. \u00ab Si je survis, se dit-il, je ne serai plus jamais le m\u00eame. \u00bb Et il sentit, sans le comprendre, qu\u2019il commen\u00e7ait \u00e0 basculer du c\u00f4t\u00e9 des ombres.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 4 : La capture<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Canal de Willebroek \u2014 17 mai 1940, 11h00.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le matin s\u2019ouvrait sur un ciel bl\u00eame. Depuis l\u2019aube, Camille errait entre les chemins d\u2019\u00c9ppegem, affam\u00e9, fi\u00e9vreux, traqu\u00e9. Le canal de Willebroek se d\u00e9roulait devant lui, lent et gris, interminable. Il monta sur la digue, cherchant un moyen de traverser, et s\u2019arr\u00eata net : un pont m\u00e9tallique, couvert de rouille, grin\u00e7ait faiblement dans le vent.<\/p>\n\n\n\n<p>Une ombre surgit au d\u00e9tour du talus \u2014 un soldat allemand, grand, moustache raide, uniforme impeccable. Leurs regards se crois\u00e8rent, puis l\u2019homme se jeta sur lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille tenta d\u2019esquiver, mais la lame brilla une seconde : br\u00fblure \u00e0 l\u2019\u00e9paule, muscles fendus, le sang jaillit aussit\u00f4t. La douleur foudroya tout son \u00eatre. Il lutta \u00e0 mains nues, tira sur le col de l\u2019autre, sentit la force l\u2019\u00e9craser. En quelques instants, il se retrouva \u00e0 genoux, les mains derri\u00e8re la t\u00eate, respirant la poussi\u00e8re et le go\u00fbt du m\u00e9tal.<\/p>\n\n\n\n<figure data-wp-context=\"{&quot;imageId&quot;:&quot;69ea91b445843&quot;}\" data-wp-interactive=\"core\/image\" data-wp-key=\"69ea91b445843\" class=\"wp-block-image size-full is-resized wp-lightbox-container\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"963\" height=\"729\" data-wp-class--hide=\"state.isContentHidden\" data-wp-class--show=\"state.isContentVisible\" data-wp-init=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on--click=\"actions.showLightbox\" data-wp-on--load=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on-window--resize=\"callbacks.setButtonStyles\" src=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Prisonnier-mains-derriere-la-tete.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1446\" style=\"aspect-ratio:1.3210143503046983;width:282px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Prisonnier-mains-derriere-la-tete.jpg 963w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Prisonnier-mains-derriere-la-tete-300x227.jpg 300w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Prisonnier-mains-derriere-la-tete-768x581.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 963px) 100vw, 963px\" \/><button\n\t\t\tclass=\"lightbox-trigger\"\n\t\t\ttype=\"button\"\n\t\t\taria-haspopup=\"dialog\"\n\t\t\taria-label=\"Enlarge\"\n\t\t\tdata-wp-init=\"callbacks.initTriggerButton\"\n\t\t\tdata-wp-on--click=\"actions.showLightbox\"\n\t\t\tdata-wp-style--right=\"state.imageButtonRight\"\n\t\t\tdata-wp-style--top=\"state.imageButtonTop\"\n\t\t>\n\t\t\t<svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"12\" height=\"12\" fill=\"none\" viewBox=\"0 0 12 12\">\n\t\t\t\t<path fill=\"#fff\" d=\"M2 0a2 2 0 0 0-2 2v2h1.5V2a.5.5 0 0 1 .5-.5h2V0H2Zm2 10.5H2a.5.5 0 0 1-.5-.5V8H0v2a2 2 0 0 0 2 2h2v-1.5ZM8 12v-1.5h2a.5.5 0 0 0 .5-.5V8H12v2a2 2 0 0 1-2 2H8Zm2-12a2 2 0 0 1 2 2v2h-1.5V2a.5.5 0 0 0-.5-.5H8V0h2Z\" \/>\n\t\t\t<\/svg>\n\t\t<\/button><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019Allemand le fouilla brutalement, pi\u00e9tina le quignon de pain qu\u2019il portait, d\u00e9chira la photo de sa m\u00e8re. Il cracha, puis arma son fusil.<br>\u2014&nbsp;<em>Stirb !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9tonation \u00e9clata \u00e0 deux m\u00e8tres. Camille hurla sans bruit, persuad\u00e9 d\u2019\u00eatre mort. Il sentit seulement la terre contre son visage, la chaleur du canon sur sa nuque. L\u2019Allemand cria quelque chose qu\u2019il ne comprit pas :<br>\u2014&nbsp;<em>Kameraden get\u00f6tet ! Feiger Hund !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alors Camille comprit : il payait pour ceux qu\u2019il avait abattus dans les betteraves. La panique monta en lui, aveugle, animale. Le monde se resserra en un point noir.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 5 : Le coup de fusil<\/h2>\n\n\n\n<p>Un claquement sec per\u00e7a le vacarme int\u00e9rieur. L\u2019Allemand bascula, t\u00eate renvers\u00e9e, le regard fendu d\u2019incompr\u00e9hension. Une \u00e9claboussure rouge se projeta sur le garde-corps rouill\u00e9. Pendant un instant, le temps sembla s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la berge, un homme apparut. Vieux, vo\u00fbt\u00e9, v\u00eatu d\u2019un bleu de travail tach\u00e9 de terre, casquette plate viss\u00e9e sur le cr\u00e2ne.<br>\u2014 Viens ! Vite, avant les renforts !<\/p>\n\n\n\n<p>Camille chancela, titubant vers lui. Ensemble, ils se repli\u00e8rent vers une ferme dissimul\u00e9e derri\u00e8re un bouquet d\u2019aub\u00e9pines. La maison, \u00e0 Koningsloo, semblait sortie d\u2019un autre si\u00e8cle : toits de chaume, odeur d\u2019\u00e9table, mouches bourdonnant autour des seaux de lait. Tout y respirait une paix raide, hors du temps, comme si la guerre n\u2019y avait pas encore pos\u00e9 la main.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 6 : La sagesse de l\u2019Yser<\/h2>\n\n\n\n<p>La cuisine baignait dans la p\u00e9nombre, \u00e9clair\u00e9e par la flamme d\u2019un po\u00eale et une odeur de soupe au lard. Le paysan, mains \u00e9paisses et visage burin\u00e9, nettoya la plaie de Camille avec de l\u2019eau de Javel, sans un mot. Chaque point de couture traversait la chair comme un verdict.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 J\u2019ai tout vu, dit enfin l\u2019homme d\u2019une voix lente. \u00c0 genoux comme un chien, l\u2019salop. En dix-sept, \u00e0 l\u2019Yser, j\u2019ai ramp\u00e9 trois jours dans la boue. Un Boche m\u2019a piss\u00e9 dessus. J\u2019ai jur\u00e9 de ne plus plier. Toi, t\u2019as pas baiss\u00e9 les yeux. Pas pleur\u00e9. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille, p\u00e2le, tremblait.<br>\u2014 J\u2019ai tu\u00e9 deux Boches, murmura-t-il. Leurs yeux me suivent. Et \u00c9douard, son ventre ouvert\u2026 j\u2019ai peur tout le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 La peur, fit le vieil homme, c\u2019est ce qui prouve que t\u2019es encore vivant. Mais faut la couper, sinon elle te ronge. Demain, tu fileras par les p\u00e2turages, vers la Lys. Prends du pain, du lard, un couteau. Et oublie. Oublie leurs yeux. Laboure, fais des gosses. C\u2019est \u00e7a, la revanche.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille hocha la t\u00eate. La soupe lui br\u00fbla la gorge, sal\u00e9e de larmes qu\u2019il ne laissa pas tomber.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 7 : La marche blanche<\/h2>\n\n\n\n<p><em>18 mai 1940 \u2014 L\u2019aube se l\u00e8ve sur un ciel p\u00e2le.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il partit au matin, le bras en bandouli\u00e8re, un balluchon sur l\u2019\u00e9paule : pain croustillant, lard fum\u00e9, fromage sec, gourde pleine, couteau \u00e9mouss\u00e9. Les champs s\u2019\u00e9tiraient \u00e0 perte de vue, stri\u00e9s de haies et de mares stagnantes. Le silence n\u2019appartenait plus \u00e0 la paix, mais \u00e0 la fatigue des vivants.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque pas lui lan\u00e7ait dans l\u2019\u00e9paule. Il m\u00e2chait le lard avec lenteur, go\u00fbtant la graisse comme un souvenir du quotidien perdu. \u00ab Ma compagnie doit \u00eatre quelque part \u00bb, pensa-t-il. Mais il savait bien qu\u2019elle n\u2019existait sans doute plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Les heures s\u2019\u00e9tiraient, peupl\u00e9es d\u2019images. \u00c9douard, les deux Allemands dans la poussi\u00e8re, le visage du vieux paysan. Tous ces visages flottaient en lui comme des \u00e9clats d\u2019un miroir bris\u00e9. \u00ab Wortegem, murmura-t-il, maman\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent portait l\u2019odeur douce des prairies. Cette m\u00eame odeur qu\u2019il respirait enfant, le soir, en rentrant de l\u2019\u00e9cole. Il se prit \u00e0 esp\u00e9rer \u2014 sans oser croire.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 8 : L\u2019ach\u00e8vement<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Carrefour de Tisselt \u2014 18 mai 1940, 12h15.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil tombait \u00e0 la verticale, froid malgr\u00e9 sa clart\u00e9. Le chemin de terre d\u00e9bouchait sur une sente d\u00e9chir\u00e9e par les traces de pneus. \u00c0 l\u2019horizon, trois motos surgissaient, poussi\u00e8re blanche autour d\u2019elles. Trois uniformes feldgrau.<\/p>\n\n\n\n<p>Camille se figea. Le balluchon tomba \u00e0 ses pieds. Pendant une seconde, il songea \u00e0 courir. Puis ses genoux pli\u00e8rent. Il leva les mains.<br>\u2014 Non\u2026 pas comme \u00e7a\u2026 Wortegem\u2026 piti\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les Allemands stopp\u00e8rent. Le plus jeune, dix-huit ans, blond, au visage presque enfantin, le d\u00e9signa du canon de sa MP38.<br>\u2014&nbsp;<em>Partisan !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le chef, trente ans peut-\u00eatre, cicatrice \u00e0 la joue, eut un rire bref.<br>\u2014&nbsp;<em>Warte\u2026 Zivilist ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;<em>Erschie\u00df ihn !<\/em>&nbsp;lan\u00e7a le troisi\u00e8me, massif.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune tira, et le monde s\u2019ouvrit en deux. Cinq balles, tir\u00e9es presque \u00e0 bout portant. L\u2019\u00e9paule de Camille explosa, son poumon se d\u00e9chira, le souffle se vida en un sifflement humide. Il se mit \u00e0 tournoyer, cherchant l\u2019air.<br>\u2014 Maman\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne comprenait plus ce qui tombait autour de lui : poussi\u00e8re, lumi\u00e8re, sang. Son corps refusait de mourir. Le jeune Allemand s\u2019approcha, visage crisp\u00e9 d\u2019un rictus.<br>\u2014&nbsp;<em>Stirb !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re balle trancha tout net.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019effondra face contre terre. Le silence revint, absolu. Les oiseaux s\u2019\u00e9taient tus. Le vent glissait doucement sur les herbes hautes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux autres soldats fouill\u00e8rent le cadavre : le pain, le lard, la gourde.<br>\u2014&nbsp;<em>Toter Belgier<\/em>, ricana l\u2019un.&nbsp;<em>Feiger Hund.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ils crach\u00e8rent sur le visage de Camille avant de remonter \u00e0 moto.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9pilogue : Silence flamand<\/h2>\n\n\n\n<p>Le corps resta l\u00e0, \u00e9tendu entre deux sillons. Le balluchon \u00e9ventr\u00e9 livrait ses restes au vent : un morceau de pain bris\u00e9, une pomme roulant dans la poussi\u00e8re. Les mouches vinrent d\u2019abord en \u00e9claireuses, puis en nu\u00e9e obstin\u00e9e. Le vent chaud de mai passa sur lui comme une caresse inutile.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"336\" src=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1451\" srcset=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille.png 1024w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille-300x98.png 300w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Camille-768x252.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>En 72 heures, Camille, l\u2019\u00e9tudiant na\u00eff de Wortegem, avait v\u00e9cu tout ce qu\u2019un homme peut craindre : <\/strong><br><strong>la peur, la perte, la piti\u00e9, et la mort. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Antoine Colleman<\/strong>, <strong>Wortegem, 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"709\" height=\"829\" src=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Antoine-Colleman.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3188\" style=\"aspect-ratio:0.8552691276551866;width:297px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Antoine-Colleman.jpg 709w, https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Antoine-Colleman-257x300.jpg 257w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9dit photos :<br>&#8211; Ent\u00eate et prisonnier : IA<br>&#8211; Soldat bless\u00e9 : GI am\u00e9ricain au Vietnam (retravaill\u00e9e)<br>&#8211; Deux soldats morts : G\u00e9orgiens, 2008 (retravaill\u00e9e)<br>&#8211; Derni\u00e8re photo (corps \u00e9tendu) : soldat serbe tu\u00e9 \u00e0 Drvar le 18 ao\u00fbt 1995 (retravaill\u00e9e)<br>&#8211; Photo profil Antoine Colleman : personnelle<\/p>\n\n\n\n<p>Cat\u00e9gorie(s) :<\/p>\n\n\n<div class=\"taxonomy-category wp-block-post-terms\"><a href=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/category\/fiction-essais\/\" rel=\"tag\">Fiction, essais<\/a><span class=\"wp-block-post-terms__separator\">, <\/span><a href=\"https:\/\/rrb.be\/rrb\/category\/conflits-guerres\/seconde-guerre-mondiale\/\" rel=\"tag\">Seconde guerre mondiale<\/a><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur Antoine Colleman, Wortegem, 2025. Biographie :Antoine Colleman, n\u00e9 le 17 novembre 2005 \u00e0 Wortegem de p\u00e8re flamand et de m\u00e8re Li\u00e9geoise.En 2025, Antoine d\u00e9m\u00e9nage et s&rsquo;installe \u00e0 Auderghem \u00e0 Bruxelles.\u00c9tudiant \u00e0 l&rsquo;ULB, il fait un bachelier en histoire, Sciences humaines et sociales.\u00c9crivain depuis ses 16 ans, il n&rsquo;a pas encore publi\u00e9 ses \u00e9crits, cet [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3185,"parent":886,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"categories":[40,20],"tags":[],"class_list":["post-1442","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-fiction-essais","category-seconde-guerre-mondiale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1442","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1442"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1442\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3581,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1442\/revisions\/3581"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/886"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3185"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1442"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1442"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rrb.be\/rrb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1442"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}