Seconde Guerre Mondiale : Historique
La Seconde Guerre mondiale est un conflit armé à l’échelle planétaire (1 septembre 1939 – 2 septembre 1945). Ce conflit oppose les Alliés et les forces de l’Axe, (principalement l’Allemagne, le Japon et l’Italie jusqu’au 8 septembre 1943). Elle constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de kilomètres carrés, et tuant environ 80 millions de personnes, dont une majorité de civils.
La Seconde Guerre mondiale est aussi la plus grande guerre idéologique de l’histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre. Guerre totale, elle gomme presque entièrement la séparation entre espaces civils et militaires et donne lieu dans les deux camps à une mobilisation massive des ressources non seulement matérielles — économiques et scientifiques —, mais aussi morales et politiques, dans un engagement des sociétés tout entières.
La somme des dégâts matériels n’est pas évaluée avec certitude. Les pertes en vies humaines et les traumatismes collectifs et individuels sont considérables, la violence ayant pris des proportions inédites. Le conflit donne en effet lieu à de multiples crimes de guerre, crimes favorisés et banalisés par une violence militaire et policière d’une intensité et d’une profondeur inégalées, cette violence notamment contre les civils étant parfois un élément de la stratégie militaire.
Soldat Américain tué au Japon par un tireur d’élite, à sa gauche le corps d’un soldat Japonais qu’il est parvenu à poignarder

On assiste ainsi à l’émergence, à une échelle inconnue jusqu’alors, de crimes de masse particulièrement atroces et pour certains sans précédent, tout particulièrement à l’instigation de l’Allemagne nazie et du Japon impérial. Parmi ces crimes figurent des massacres génocidaires allant jusqu’à une organisation industrielle s’appuyant sur la déportation en camps de concentration, camps de travail et centres d’extermination, comportant des chambres à gaz à des fins d’extermination de populations entières (Juifs, Slaves, Tziganes) ou de catégories particulières d’individus (communistes, homosexuels, handicapés, Témoins de Jéhovah, etc.) particulièrement à l’instigation du régime nazi.
L’ampleur des crimes des vaincus suscite la définition d’une incrimination nouvelle par les vainqueurs : le crime contre l’humanité, appliquée notamment au génocide des juifs d’Europe (6 millions de morts).
Le régime Shōwa n’est nullement en reste en Asie avec, à son actif, dix millions de civils chinois enrôlés de force par la Kōa-in au Mandchoukouo, environ 200 000 « femmes de réconfort » enrôlées en Corée et dans tout l’Extrême-Orient, ainsi que l’annihilation systématique de civiles, principalement en Chine.
Il faut ajouter à cela l’assassinat systématique de résistants et d’opposants politiques, ainsi que les représailles contre les civils, les viols généralisés des femmes dans les territoires ennemis occupés, et à une moindre échelle dans les territoires amis ; les expérimentations sur des êtres humains auxquelles se livrèrent des médecins nazis tels le SS Josef Mengele, et l’unité japonaise 731 ; les bombardements aériens massifs de civils d’abord par l’Axe en Europe (Coventry au Royaume-Uni, Rotterdam aux Pays-Bas) et en Asie (Shanghai, Canton, Chongqing en Chine, cette dernière étant la ville la plus bombardée du conflit sino-japonais).
Massacre par les nazis de soldats russes capturés, le 13 juillet 1942

Les crimes des Alliés
Dans toute guerre, quel que soit l’époque, tous les belligérants commettent des crimes de guerre.
Si les puissances de l’Axe portent la responsabilité première de ces massacres, l’honnêteté intellectuelle et historique impose de ne pas éluder les crimes commis par les Alliés.
Si l’Allemagne nazie et le Japon impérial portent la responsabilité première des atrocités et de l’escalade de la Seconde Guerre mondiale en tant que fer de lance de l’Axe, les Alliés ont néanmoins commis des actes qualifiés de crimes de guerre, souvent passés sous silence dans les récits dominants.
Épurations sauvages post-Libération qui ont tué des milliers de collaborateurs sans procès.

Il est facile de comprendre la frustration des résistants qui ont risqué leur vie, enduré parfois la torture et vu de près la trahison, leur colère à la Libération face aux collaborateurs était inévitable. Dans ce climat d’émotion et de chaos, certaines exécutions sommaires ont été commises, échappant au cadre de la justice régulière (exemple avec cet homme en Belgique, un collaborateur, exécuté sommairement par des membres de la Résistance). Ces gestes ne peuvent être justifiés, mais ils s’expliquent, au moins en partie, par les souffrances accumulées et la soif de justice immédiate. Des crimes certes, mais comprehensible, de plus ces hommes agissaient dans des circonstances où les repères habituels du droit et de la morale vacillaient.
Bombardement à grande échelle
De nombreuses villes allemandes notamment Dresde avec 25 000 civils tués alors qu’il n’y avait aucune nécessité militaire.
Dresde en 1945, après le bombardement de la ville

Les massacres de Biscari et de Chenogne sont deux exemples documentés d’exécutions de prisonniers allemands ou italiens par des troupes américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de guerre intense et de représailles potentielles.
Massacre de Biscari (Sicile, juillet 1943)
Des soldats de la 45e division d’infanterie US ont exécuté 73 prisonniers (principalement italiens, plus 2 Allemands) près de l’aéroport de Biscari, en deux incidents distincts. Le sergent Horace West a abattu 37 prisonniers à la mitraillette après les avoir alignés, tandis que le capitaine John Compton a ordonné l’exécution de 36 autres soupçonnés d’être des snipers. Ces actes ont eu lieu sous le commandement de George S. Patton, dont un discours sur la résistance ennemie a été invoqué comme justification, bien qu’il l’ait nié. Le sergent Horace West a été condamné à perpétuité mais libéré en 1944 pour service actif ; le capitaine John Compton a été acquitté avant d’être tué au combat.
Massacre de Chenogne (Belgique, janvier 1945)
Pendant la bataille des Ardennes, les Waffen-SS ont commis le massacre de Malmedy tuant 84 soldats Américains prisonniers.
Massacre de Malmedy par les Waffen-SS.

En réaction, des membres de la 11e division blindée US ont exécuté environ 80 prisonniers allemands (de la Führerbegleitbrigade et de la 3e division de panzergrenadiers) mitraillés dans un champ près de Chenogne le 1er janvier 1945.
Les faits ont été couverts par l’armée US ; aucune poursuite n’a eu lieu et Patton note dans son journal l’espoir de « cacher » de tels incidents. Bien qu’il s’agit d’exécutions sommaires, il est à noter que les Américains ont fait la distinction entre Waffen-SS et soldats de la Wehrmacht. Les 80 prisonniers allemands abattus étaient tous membres des SS. Cela n’enlève en rien la gravité de l’action criminelle commise, mais la nuance à son importance, ce sont des membres des Waffen-SS qui ont en premier lieu exécutés les soldats Américains.
Cet incident a rapidement été étouffé par la chaîne de commandement US, avec enterrements discrets et absence de documentation visuelle officielle.
L’Armée rouge soviétique a perpétré des massacres massifs de prisonniers et civils allemands, avec des viols estimés à 860 000 en Allemagne de l’Est. Ces faits, bien que moins jugés que ceux de l’Axe, illustrent une « justice des vainqueurs », sans égaler l’échelle industrielle des crimes de l’Axe.
Les bombes atomiques

Développée par les États-Unis lors du conflit, la bombe atomique est utilisée pour la première fois de l’Histoire : deux bombes A larguées sur des cibles civiles par les États-Unis explosent à trois jours d’intervalle, à Hiroshima et à Nagasaki, au Japon.
Si on ignore le nombre réel de victimes civiles, les estimations pour les deux sites sont de 140 000 personnes tuées (source le mémorial d’Hiroshima) dont 70-80% de civils. Ce chiffre exclut les décès ultérieurs par radiations, cancers ou effets à long terme, qui ont touché des milliers de survivants sur des décennies, rendant un bilan précis impossible en raison des destructions d’archives et des crémations massives. Des études post-1945 vont jusqu’à 250 000 victimes civiles suite à l’explosion des deux bombes atomiques.
Malgré les crimes commis par les Alliés, la responsabilité première de la tragédie meurtrière de la Seconde Guerre mondiale – avec ses 80 millions de morts – incombe incontestablement aux puissances de l’Axe, dont les ambitions expansionnistes et les politiques génocidaires ont précipité le monde dans ce conflit cataclysmique.
Photo en-tête : 1945 Soldat américain de la 89th Infantry Division à Werdau en Allemagne
Références :
- Encyclopædia Britannica : « World War II », 70-85M morts totaux (dont 50-55M civils), 1939-1945.
- Nations Unies / Historique global : 61 nations impliquées, 22M km² théâtre opérations.
- Holocauste : United States Holocaust Memorial Museum – 6M Juifs + 5-6M autres (Slaves, Roms, handicapés, Témoins de Jéhovah). Camps : Auschwitz (1,1M), Treblinka (850K).
- Japon impérial : « Comfort Women » – 200 000 Coréennes/Chinoises (ONU 1996) ; Unité 731 expérimentations (20 000 morts) ; Chine 1937-45 : 10-20M civils (Chongqing bombardée 268 fois).
- Dresde (13-15 fév. 1945) : 22 700-25 000 civils (rapport officiel Dresde 2010).
- Massacre Biscari (Sicile, 14 juil. 1943) : 73 prisonniers exécutés (45e DI US, sergent West + capt. Compton). West libéré 1944.
- Massacre Chenogne (Belgique, 1er janv. 1945) : ~80 SS exécutés (11e DB US), représailles Malmedy (84 GI US tués SS Peiper). Couvert-up Patton.
- Épuration sauvage : Europe 1944-45 : ~10 000 exécutions sommaires (France 6-10K, Belgique ~200, Italie 12K).
- Hiroshima/Nagasaki : Mémorial Paix Hiroshima – 140 000 morts immédiats ; total 200-250K avec radiations (US Strategic Bombing Survey).
- CegeSoma (Centre Guerre/Société) : Répression nazie Belgique, épuration 1944-45, Chenogne.
- Belgium WWII.be : Équilibre crimes Axe (responsabilité 1re) / Alliés (honnêteté).
Photographies (références principales) :
- Imperial War Museums (IWM) – Royaume-Uni
- National Archives US (NARA)
- Bundesarchiv – Allemagne
- Australian War Memorial
- Yad Vashem Photo Archives
Par Alain Schenkels

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