Seconde Guerre Mondiale : Général Friedrich KUSSIN abattu, une victoire britannique aux Pays-Bas le 17 septembre 1944
Le général Allemand KUSSIN, le sergent WILLEKE et le chauffeur KÖSTER sont tués dans leur véhicule lors de l’opération Market Garden dans une embuscade organisée par un peloton de reconnaissance du 3e bataillon de parachutistes britannique.
La date du 17 septembre 1944 restera dans les annales de l’armée britannique comme une belle victoire sur le régime nazi.
Friedrich Wilhelm Enno KUSSIN était un général de division allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. En tant que Commandant de la ville d’Arnhem, il était responsable des troupes allemandes régulières à Arnhem pendant la bataille d’Arnhem.
En septembre 1943, le général KUSSIN reçoit le commandement du Feldkommandantur 642, qui doit défendre la ville d’Arnhem. Son quartier général était la Villa Heselbergh sur l’Apeldoornse Weg à Arnhem. Au cours de l’opération Market Garden, la 1e division aéroportée britannique débarqua à Wolfheze le 17 septembre 1944 pour s’emparer du pont du Rhin à Arnhem.
Le général KUSSIN a effectué des repérages dans sa voiture d’état-major pour obtenir des informations détaillées sur les atterrissages. Krafft a averti le général KUSSIN de ne pas reprendre la même route pour retourner à son quartier général à Arnhem, mais plutôt de prendre la route du nord pour éviter les troupes britanniques.
Comme bon nombre d’officiers allemands, se sentait-il invincible ?
Le général KUSSIN ignore l’avertissement et reprend le même chemin. Les soldats du peloton de reconnaissance du 3e bataillon de parachutistes britannique repèrent le véhicule du général KUSSIN et n’en croient pas leurs yeux, ils se placent rapidement pour organiser une embuscade avec l’aide de deux mitrailleuses. Ils auraient pu tenter de le capturer pour obtenir des informations, mais l’occasion d’abattre ce général nazi était bien trop belle.
La capture de ce général aurait peut-être été utile pour obtenir de précieuses informations, mais la décision d’ouvrir le feu sur le véhicule avait tout son sens. Le choix du commandant britannique qui s’imposait était de protéger ses hommes. En cas d’interception, il y aurait eu risque de combat, alors que tirer sur le véhicule et abattre ses occupants était le choix de tactique militaire le plus approprié, il a ainsi évité le risque d’une bataille inutile et a mis ses hommes en sécurité.
Quelques minutes plus tard, la voiture du général KUSSIN est en vue, les britanniques se préparent à l’intersection de Wolfhezerweg et Utrechtseweg, lorsque le véhicule arrive vers eux, les deux mitrailleuses ouvrent le feu ne laissant aucune chance à leurs occupants.
Les tirs s’arrêtent, des soldats britanniques s’approchent du véhicule criblé de balles et vérifient s’ils sont bien morts. Un des soldats tire avec sa mitraillette une courte rafale à l’arrière du véhicule sur le sergent KÖSTER qui bougeait légèrement, il est mort. Le général KUSSIN et ses deux hommes sont tués.
Un des soldats britanniques ouvre la portière où se situe le général KUSSIN, son corps s’écroule partiellement sur le sol, ses jambes bloquées à l’intérieur du véhicule.

Ouvrant la porte côté conducteur la même scène macabre se déroule, le chauffeur WILLEKE tombe à terre sa jambe droite bloquée dans l’habitacle.

Le sergent KÖSTER quant à lui est couché mort sur la banquette arrière.

Réussite totale de l’embuscade, le général nazi KUSSIN est liquidé, prise de photographies des corps pour documentation opérationnelle internes. Après avoir fouillé le véhicule et les cadavres, les britanniques alignent les trois corps sur le côté de la route, puis reprennent la route, il est facile d’imaginer la fierté et l’honneur pour ses hommes d’avoir participé à cette très belle victoire, ceux-là même qui se battent au quotidien et risquent leurs vies pour contribuer à la victoire finale contre les nazis.
Les trois corps restent deux jours sur place le long de la route, sans que personne ne s’en soucie.
Le 19 septembre, le capitaine Rev. PARE, aumônier de la 1e Escadre du Glider Pilots Regiment, voyant leurs cadavres en état de décomposition avancée – entre autres bouffés par des chiens (selon témoignages du Glider Pilot Regiment) -, donne l’ordre à deux prisonniers de guerre Allemands d’enterrer les trois cadavres au bord de la route.
Quelques semaines plus tard, les restes de leurs corps sont transférés au cimetière militaire Allemand d’Ysselsteyn pour inhumation.
Les tombes du général et de ses hommes
Général Friedrich Wilhelm Enno KUSSIN
Né le 1er mars 1895 à Aurich, Niedersachsen, Allemagne, tué le 17 septembre 1944 à Arnhem, Gelderland, Pays-Bas, à l’âge de 49 ans, Inhumé à Ysselsteyn, Pays-Bas.
WWI : Sous officier, combattant. WWII : Général de division allemand.
Sergent Max KÖSTER
Né le 20 octobre 1903 en Allemagne, tué le 17 septembre 1944 à Arnhem, Gelderland, Pays-Bas, à l’âge de 40 ans, Inhumé à Ysselsteyn, Pays-Bas. WWII : Sergent armée Allemande
Soldat Josef WILLEKE
Né le 4 juillet 1902 à Paderborn, Nordrhein-Westfalen, Allemagne, tué le 17 septembre 1944 à Arnhem, Gelderland, Pays-Bas, à l’âge de 42 ans, Inhumé à Ysselsteyn, Pays-Bas. WWII : Soldat, chauffeur



Cette victoire, marquée par la mort du général allemand et de ses deux hommes, illustre la lutte acharnée que menèrent les Alliés contre le nazisme. Je m’associe en pensée aux soldats du peloton de reconnaissance du 3ᵉ bataillon de parachutistes britanniques qui tendirent cette embuscade, ces Allemands sont morts par un fait de guerre nécessaire et légitime qui ne peut être mis en cause — c’était la guerre.
La guerre oblige les soldats à utiliser la force suprême pour neutraliser l’ennemi, le tuer est un acte légitime, les règles du DIH, les lois de la guerre, autorisent à tirer sur tout ennemi même s’il ne représente pas un danger immédiat tant qu’il n’a pas manifesté son intention de se rendre ou n’est pas hors de combat. Il n’y a aucune obligation de capture qui est considérée comme une modalité tactique parmi d’autres, mais elle n’est pas une obligation absolue dans chaque situation de combat (Protocole I, art. 41). La décision de capturer ou non dépend du contexte opérationnel, des risques encourus et des moyens disponibles (réf).
Cela étant, sous l’uniforme, il y avait des hommes. Même ennemis, ils méritent le respect dans la mort ; leur inhumation, conforme aux règles, rappelle que le respect des morts fait aussi partie de l’honneur et de la dignité des Alliés.
Soupçons d’acte de barbarie sur les cadavres
Sur les photos du général Kussin et du chauffeur Willeke, certains observateurs se sont posé la question de savoir si ces deux cadavres n’avaient pas été scalpés, ce qui serait une ignominie de la part des soldats britanniques. Si l’acte de guerre est légitime, le respect des morts l’est tout autant.
Les témoignages directs et les analyses de la scène indiquent qu’il n’existe aucune preuve que les parachutistes britanniques aient délibérément scalpé Kussin ou ses hommes après leur mort.
Par ailleurs, des experts ont examiné minutieusement les photographies originales agrandies :
– Pour le général : il appert qu’une balle a traversé sa casquette et a arraché une partie de son cuir chevelu lors de l’impact, créant une apparence similaire à celle d’un scalpage.
– Pour le soldat : il n’y a aucune trace de coupures ou de brûlures sur la peau de son crâne ; c’était sa coupe de cheveux.
D’après les résultats de l’enquête, aucun acte de barbarie n’a été commis à l’encontre des cadavres. Il a toutefois été admis que laisser les corps sur le bas-côté de la route, sans les enterrer provisoirement, constituait un manquement déontologique. Mais il est admis qu’après l’attaque, les soldats britanniques ne pouvaient rester sur les lieux, ce qui justifie l’abandon des corps.
Ce fait d’armes représente une victoire à la fois militaire et psychologique pour les Alliés, au détriment des forces allemandes. Si nombre de soldats tombent quotidiennement sous le feu ennemi, la mort au combat d’un général frappe davantage les esprits et pèse lourdement sur le moral des troupes.
Références:
- Règlement IV de La Haye (1907), Art. 1 & 23 ; Conv. Genève III (1929), Art. 1. Combattants : cibles légitimes tant qu’ils participent aux hostilités.
- Jurisprudence : ICTY (Prosecutor v. Kordić, 2004): “Capture is merely a tactical option, never a legal obligation; the law of armed conflict does not impose any preference for capture over the killing of a combatant, as long as the person is not hors de combat.”
Crédits :
- War Diary, 3rd Battalion, 1st Parachute Regiment (The National Archives, Kew, WO 171/1250)
Détails l’embuscade du 17/09/1944, intersection Wolfhezerweg/Utrechtseweg, mitrailleuses Vickers .303. « War Diary 3rd Bn Parachute Regiment, TNA WO 171/1250 » - Glider Pilot Regiment War Diary (TNA WO 171/1241)
Témoignage aumônier Rev. Derek Pare, enterrement 19/09/1944.
Crédit : « GPR War Diary, TNA WO 171/1241 » - Photographies d’archives : Imperial War Museum (B 5693-5695)
Photos des corps, véhicule détruit. Non diffusées publiquement pendant la guerre (documentation interne). Diffusion après guerre pour mémorial et archives de guerre, libre de droit.
Ouvrages historiques de référence :
- « Arnhem 1944 » par Antony Beevor (2009) — pages 98-102
Analyse tactique Kussin, repérages, avertissement Krafft ignoré. - « The Devil’s Birthday » par Geoffrey Powell (1968) — chapitre 3
Témoignages parachutistes, décision tir vs capture. - « Kussin Junction » par Battlefield Detective
Expertise balistique photos (balle casquette Kussin, coupe cheveux Willeke).
Par Alain Schenkels

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