Seconde Guerre Mondiale : Abbé René KANNAERTS, résistant déporté, torturé et assassiné à Gross-Rozen le 11 janvier 1945 à l’âge de 57 ans
René Kannaerts est né le 25 mars 1887 à Heverlee en Belgique et a été assassiné au camp de concentration de Gross-Rozen en Pologne le 11 janvier 1945, à l’âge de 57 ans
Pendant la Première Guerre mondiale, son éventuelle participation militaire reste incertaine. Ordonné prêtre avant 1914, il avait 27 ans en août. Or la mobilisation belge du 3 août 1914 appelait prioritairement les classes 1910-1913 (21-24 ans) et réservistes jusqu’à 34 ans, les troupes de première ligne étant composées de soldats de 20 à 25 ans.
Son nom figure pourtant dans la base de données du WHI comme soldat, mais sans matricule. Un dossier détaillant son parcours existe ; je le consulterai prochainement et modifierai cette page. Cette inscription atteste néanmoins son service militaire belge, peut-être comme aumônier ou dans l’intendance, ce qui était fréquent pour les ecclésiastiques de cet âge. Les prêtres servaient souvent en soutien spirituel/logistique loin du front, mais certains ont fait le choix des armes pour défendre leur patrie.
L’Église catholique n’interdit pas aux prêtres de combattre, le droit naturel à la légitime défense et le devoir patriotique priment. De nombreux chapelains belges moururent au front, fusils en main, prouvant que la foi et le combat s’unissent face à l’envahisseur.
Seconde Guerre mondiale :
Entre 1927 et 1943, il est curé à la paroisse Notre-Dame du Perpétuel Secours à Watermael-Boitsfort, Bruxelles, Belgique. Lorsque la guerre éclata, dès 1940, il co-fonda le groupe de résistance local « Independence Front Watermael-Boitsfort ». Il protège de nombreuses familles Juives persécutées par le régime nazi.
Le 15 octobre 1943, il est arrêté par les nazis dans l’église et emmené pour interrogatoire musclé. Il est ensuite incarcéré à Saint-Gilles, puis est déporté à Esterwegen et Borgermoor, Gross Strelitz et transporté à Gross-Rosen, Pologne (matricule n° 82.186).
Le 11 janvier 1945, lors d’un interrogatoire final, René Kannaerts subit des tortures extrêmes. Passé à tabac, son corps brisé ne résista pas. Assassiné à 57 ans dans la barbarie de Gross-Rosen.
Curé de « ma » paroisse, il a résisté aux nazis pour protéger des hommes, des femmes et des enfants. Arrêté en tant que résistant, il a été déporté au camp de concentration de Gross-Rosen, en Pologne. Je rends un vibrant hommage à cet homme pour son courage exemplaire.
Je suis profondément horrifié par l’atrocité dont il a été victime, comme tant d’autres, avant d’être assassiné par les barbares nazis, torturé et battu à mort. S’il est légitime, pour une armée, d’abattre un soldat ennemi, il s’agit ici d’un crime de guerre des plus abjects en torturant et en assassinant un être humain sans défense. C’est là la définition même de la barbarie, en l’occurence ici nazie.
Hommage vibrant :
René Kannaerts protégea Juifs et résistants face aux nazis. Arrêté dans son église, déporté et torturé à mort. Face à la torture d’un prêtre sans défense, toute légitimité militaire s’effondre. Seul le crime de guerre subsiste – la barbarie nazie dans ce qu’elle a de plus abject.
Photo prise par Alain Schenkels du monument qui lui est dédié devant l’église, avenue des Archiducs 68 à 1170 Watermael-Boitsfort, Bruxelles, Belgique

Références :
- Standbeelden.be : né 25/03/1887 Heverlee ; curé Notre-Dame Perpétuel Secours Watermael-Boitsfort (1927-1943).
- Gracienne Benoit Éditions : Résistant dès juillet 1940.
- Standbeelden.be : Independence Front Watermael-Boitsfort (protège familles juives) ; arrêté 15 octobre 1943 dans l’église par SS-Gestapo → Saint-Gilles.
- Fondation Mémoire Déportation : Déporté Esterwegen → Borgermoor → Gross-Strelitz → Gross-Rosen (matricule 82.186) ; torturé/mort 11 janvier 1945 (57 ans).
- Standbeelden.be : Interrogatoire final → passé à tabac, corps brisé.
Par Alain Schenkels

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