Première Guerre Mondiale : Soldat Canadien George PRICE tué en Belgique deux minutes avant le cessé de feu
- Né le 15 décembre 1892 à Falmouth, Nova Scotia, Canada
- Tué le 11 novembre 1918 à Ville-sur-Haine (Le Roeulx), Hainaut, Belgique, à l’âge de 25 ans
- Inhumé au cimetière militaire de St Symphorien à Mons, Belgique
- Soldat Canadien, matricule 256265, 28th Battalion (Northwest), CEF, Canadian Expeditionary Force
Tué d’une balle en plein cœur par un tireur d’élite Allemand deux minutes avant le cessé de feu, Georges PRICE est réputé pour être le dernier soldat du Commonwealth tué durant la première guerre mondiale.
Informations
La 6e Brigade d’infanterie canadienne de la 2e Division a été choisie pour attaquer ce jour-là. De la 6e brigade, le 28e bataillon « Nord-Ouest » et le 31e bataillon/Alberta Régiment ont été choisis pour mener l’attaque. Le 28e bataillon avait ordre pour le 11 novembre d’avancer depuis Frameries (au sud de Mons) et de continuer jusqu’au village du Havre, en sécurisant tous les ponts du canal du Centre. Le bataillon a avancé rapidement à partir de 4h00 du matin, repoussant la légère résistance Allemande et ils ont atteint leur position le long du canal face à Ville-sur-Haine à 9h00 où le bataillon a reçu un message que toutes les hostilités cesseraient à 11h00.
Georges PRICE et son camarade Art Goodmurphy craignaient que la position du bataillon sur la berge ouverte du canal ne soit exposée aux positions allemandes de l’autre côté du canal où ils pouvaient voir que des briques avaient été arrachées des lucarnes des maisons pour créer des positions de tir. Selon Goodmurphy, ils ont décidé de leur propre initiative de faire traverser le pont à une patrouille de cinq hommes pour fouiller les maisons. Atteignant les maisons et les inspectant une par une, ils découvrirent des soldats Allemands montant des mitrailleuses le long d’un mur de briques surplombant le canal.
Les Allemands ont ouvert le feu sur la patrouille avec des tirs de mitrailleuses lourdes, mais les Canadiens ont été protégés par les murs de briques d’une des maisons. Conscients qu’ils avaient été découverts et débordés, les Allemands commencèrent à battre en retraite. Une famille belge dans l’une des maisons a averti les Canadiens d’être prudents alors qu’ils suivaient les Allemands en retraite.
Alors qu’il sortait d’une maison dans la rue, Georges PRICE est touché au niveau du cœur par un tireur d’élite Allemand qui s’est offert son dernier tir mortel. Il est emmené dans l’une des maisons et soigné par une jeune infirmière belge qui a traversé la rue pour lui venir en aide, mais il décède une minute plus tard à 10h58, le 11 novembre 1918, deux minutes avant l’entrée en vigueur de l’armistice.
George Lawrence PRICE était célibataire lorsqu’il a été tué, tel qu’indiqué sur sa feuille de recrutement militaire. Sa tombe fait face à celle de John PARR, le premier soldat Britannique tué à seulement 17 ans et de celle de George ELLISON, dernier soldat Britannique tué durant la première guerre mondiale. Ils sont inhumés au cimetière militaire de St Symphorien à Mons, Belgique.
La guerre tua des hommes jusqu’au dernier instant.
Références :
- CWGC/Library Archives Canada : Fiche CEF détaillée (bac-lac.gc.ca) ; attestation décès 10h58 confirmée par Goodmurphy.
- War Diary 28th Bn : Library Archives Canada (RG9, vol. 4678) : ordre Havre, patrouille improvisée, 1 tué.
- Témoignage : Arthur Goodmurphy déclaration 1919 (inclus enquête IWGC).
- Histoire CEF : Pierre Berton, Marching as to War (2001), chap. 15 ; David Bercuson, The Fighting Canadians (2005).
- British Legion/Canadian Legion : Rapport centenaire 2018
- Analyse : Richard Holmes, The Last Dead Soldier (2003) : parallèle Ellison/Price.
Par Alain Schenkels

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