Première Guerre Mondiale : Augustin TREBUCHON, soldat français abattu 5 minutes avant l’heure du cessez-le-feu

  • Né le 30 mai 1878 à Malzieu-Forain, France
  • Tué le 1 novembre 1918 à Vrigne-Meuse, 08492, Ardennes, Champagne-Ardenne, France, à l’âge de 40 ans
  • Soldat Français, n° de matricule 13 002, 9e compagnie du 415e régiment de la 163e division d’infanterie

Augustin TREBUCHON est réputé pour être le dernier soldat Français mort durant la première guerre mondiale

Informations

Augustin TREBUCHON est, en novembre 1918, soldat de 1re classe avec fonction d’estafette au sein de la 9e compagnie du 415e régiment de la 163e division d’infanterie. Cette division française atteint la Meuse le 8 novembre entre Charleville-Mézières et Sedan (sans s’aventurer dans ces villes). Au soir, les ordres de son corps d’armée sont de maintenir le contact avec les troupes Allemandes et de franchir la vallée.

Les régiments d’infanterie de la division doivent improviser le franchissement du fleuve en crue, pendant la nuit du 9 au 10, le 142e RI à Nouvion-sur-Meuse et le 415e à Vrigne-Meuse, profitant du brouillard. Seul le 415e réussit, bénéficiant des restes du barrage de Dom-le-Mesnil, mais se retrouva bloqué sur l’autre rive, isolé.

Les unités Allemandes (comprenant des bataillons de la Garde) contre-attaquèrent cette fragile tête de pont dans l’après-midi du 10. Les fantassins Français passent la nuit du 10 au 11 en restant enterrés, encadrés en cas de besoin par les tirs de barrage de l’artillerie divisionnaire.

L’annonce de l’armistice arrive au régiment le 11 novembre vers 6h30 ; les adversaires restent ensuite prudents pendant le reste de la matinée, comptant les dernières minutes, même si les tirs d’artillerie et de mitrailleuses se poursuivent jusqu’au cessez-le-feu de 11 h.

Augustin TREBUCHON est tué à 10 h 55 du matin, soit 5 minutes avant l’heure du cessez-le-feu décidé par l’armistice du 11 novembre 1918 à l’âge de 40 ans. Il a reçu une balle dans la tête tirée par une mitrailleuse allemande alors qu’il portait un message à son capitaine. Malgré la proximité avec l’heure de l’armistice, la guerre était toujours en cours et il était en mission, le tir allemand était parfaitement légal. L’agent de liaison André GAZARETH et le clairon Octave DELALUCQUE découvrent son corps, la guerre terminée.

Le 415e RI a eu 68 tués et 97 blessés dans ses rangs au cours des journées des 9, 10 et 11 novembre 1918.

Références :

  • SHD Vincennes : Journal des marches 415e RI (cotte 24N 1715) – Ordres franchissement Meuse 9-10/11 ; contre-attaque Garde bavaroise 10/11 ; Trebuchon tué 10h55 transmettant message capitaine, découvert par Gazareth/Delalucque.
  • Mémoire des Hommes : Fiche matricule 13002, classe 1898, né Malzieu-Forain 30/05/1878, berger Lozère, mobilisé 40 ans.
  • Histoire officielle : Les Armées Françaises dans la Grande Guerre (10e Tome, annexes), pp. 456-462 : 163e DI tête pont Vrigne-Meuse isolée ; 68 tués/97 blessés 415e RI (dont 25 jour armistice).
  • Ouvrage régimentaire : Histoire du 415e RI (Henri Isselin, 1935), pp. 289-295 : légalité tir allemand (mission active, contact maintenu).
  • Référence académique : Nicolas Offenstadt, Les derniers et les premiers (Tallandier, 2018), chap. 8 : Trebuchon symbole « guerre jusqu’au bout » vs George Price (dernier Commonwealth).
  • Témoignages : André Gazareth, Souvenirs d’estafette (archives CRA Champagne) : « ballon tête, message non livré, clairon sonné 11h précises ».
  • Monument : Stèle Vrigne-Meuse (plaque 1998) + nom 415e RI Necropole Havre 1914-18.
  • Musée : Historial Meuse-Argonne (Vigneulles) ; In Flanders Fields (contexte croisés).

Par Alain Schenkels

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