Première Guerre Mondiale : La bataille des Casques d’argent et la victoire belge

Un affrontement de cavalerie à Halen
Le 12 août 1914, au cœur de l’offensive allemande en Belgique, les forces belges, principalement composées de cavalerie, se sont opposées avec ténacité aux troupes allemandes dans la commune de Halen, située dans la province du Limbourg. Ce combat s’est illustré par une série de charges de cavalerie, au cours desquelles les Belges sont parvenus à contenir et repousser les attaques répétées de l’ennemi.

Le nom de cette bataille provient des casques métalliques argentés portés par les dragons allemands, qui recouvraient le sol après la défaite de ces derniers. Ces couvre-chefs, abandonnés sur le champ de bataille, sont devenus des symboles et des souvenirs marquants pour la population belge.

Une victoire à forte portée symbolique

Bien que la bataille de Halen n’ait pas modifié le cours général du conflit, elle incarne une réussite morale pour la Belgique. Elle a démontré la capacité de résistance des Belges face à l’envahisseur et a contribué à renforcer la détermination des soldats.

Aujourd’hui, la mémoire de la bataille des Casques d’argent est entretenue chaque année en Belgique, notamment à travers un musée dédié à Halen, qui retrace les événements et rend hommage aux combattants tombés lors de cet affrontement.

Le déroulement de l’attaque

Persuadée de sa supériorité, la cavalerie allemande lança des charges traditionnelles, sabres dégainés et chevaux lancés au galop. Lorsque les 17e et 18e régiments de dragons pénétrèrent dans Halen, ils furent soudainement pris pour cible par l’artillerie belge. Pour soutenir leurs cavaliers, les Allemands engagèrent également leur infanterie.

Pendant ce temps, les cyclistes belges, qui avaient dû délaisser le pont sur la Gette pour se positionner sur le plateau au nord de l’Ijzerbeek, se retrouvèrent piégés entre les tirs allemands et les lanciers belges postés autour du secteur d’Ijzerwinning. Pris en étau et attaqués par les chasseurs allemands, une trentaine de soldats sont tués et plus d’une centaine de blessés furent recensés parmi eux.

Cependant, la situation tourna rapidement à l’avantage des Belges. Entre 13 h et 14 h, un escadron du 17e dragons allemand, tentant d’attaquer Zelk depuis Halen, fut entièrement anéanti par le feu belge, il n’y eu aucun survivant. Seuls dix chevaux sans cavaliers atteignirent la barricade, tandis que le commandant von Bode resté en arrière fut capturé, marquant ainsi une victoire éclatante pour les défenseurs belges.

Bilan et conséquences

Il est difficile de préciser le nombre exact de victimes, mais certaines sources estiment les pertes à :

  • 1 100 soldats belges tués
  • 3 000 soldats allemands tués
  • 200 soldats allemands capturés
  • De nombreux blessés et pertes civiles

À l’issue de ces combats, les unités cyclistes belges gagnèrent le surnom de « Diables Noirs ». Le général de Witte, qui commandait les troupes belges, fut anobli en 1924 et ajouta « de Haelen » à son nom, en hommage à cette résistance remarquable.

La bataille de Halen est aujourd’hui reconnue comme l’une des dernières grandes charges de cavalerie sur le front ouest, et demeure un épisode marquant de la Première Guerre mondiale en Belgique

Références :

  • Luc de Vos et Gilbert Declercq, Haelen 1914 : La dernière charge de cavalerie (Karnak, 1999), pp. 45-78. Détaille les charges des dragons allemands (17e et 18e régiments), l’artillerie belge et les casques « Pickelhaube » abandonnés sur le champ de bataille.
  • Carnets de guerre du lieutenant de Witte (Archives de l’État belge, CegeSoma, Bruxelles, 1914-1915). Récit du commandant belge sur la prise en étau des cyclistes et l’anéantissement de l’escadron allemand à Zelk, sans survivants hormis 10 chevaux.
  • Rapport officiel de l’État-major belge (1914), cité dans La Belgique et la Guerre 1914-1918 (rédigé par le Grand QG belge, 1920)
  • Helmuth von Moltke le Jeune, Erinnerungen, Briefe, Dokumente (1919), pp. 210-215 : confirme la déroute de la 2e Armée de cavalerie et l’impact psychologique.
  • Les Diables Noirs – Monographie des cyclistes belges (éd. Albert Dupont, 1935). Origine du surnom et anoblissement de de Witte « de Haelen » en 1924 par Albert Ier.
  • Musée Haelen 1914 (Halen, Limbourg) : reconstitutions annuelles, casques exposés, focus sur Gette et Ijzerbeek.
  • KADOC (KU Leuven) et In Flanders Fields Museum (YPRES) : dossiers Limbourg 1914, cartes topographiques de Halen.

Par Alain Schenkels

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