Première Guerre Mondiale : le suicide du soldat Américain Henry GUNTHER, abattu à une minute de l’armistice
Étrange histoire de cet Allemand naturalisé Américain avant la guerre, tué en tant que soldat Américain suite à un comportement suicidaire à une minute de l’armistice.
- Né le 6 janvier 1895 à Schaafheim, Hessen, Allemagne
- Tué le 11 novembre 1918 à Chaumont-devant-Damvillers, 55107, Meuse, Lorraine, France, à l’âge de 23 ans
- Soldat américain, sergent (à titre posthume), 313e bataillon de la 79e division d’infanterie
Informations
Soldat Américain Henry GUNTHER, né en Allemagne le 6 janvier 1895, tué en France le 11 novembre 1918 à 10H59 par 5 balles de mitrailleuse allemandes, est réputé pour être le dernier soldat Américain a avoir été tué durant la première guerre mondiale.
Naturalisé Américain vers 1898, Henry GUNTHER vit à Baltimore avec ses parents et son frère Charles né aux Etats-Unis. Lorsque les Etats-Unis envoient leurs troupes en Europe, de part son origine, Henry GUNTHER n’est pas immédiatement appelé à combattre les Allemands. Ayant besoin de nouvelles recrues, il reçoit son ordre d’enrôlement en septembre 1917 et rejoint la France le 12 septembre 1918, au sein du 313e bataillon de la 79e division d’infanterie.
Le 11 novembre 1918, informé qu’à 11 heures le cessé de feu sera officialisé, l’escouade de GUNTHER s’est approchée d’un barrage routier ou se trouvait deux mitrailleuses Allemandes, dans le village de Chaumont-devant-Damvillers près de la Meuse, en Lorraine.
Tout à coup, GUNTHER se lève contre les ordres de son ami proche et sergent Ernest POWELL et charge vers les Allemands avec sa baïonnette. Les soldats Allemands, déjà informés de l’armistice qui prendrait effet dans une minute, tentent de faire signe à GUNTHER de s’éloigner.
Malgré les signaux des Allemands, il continue sa marche suicidaire en direction des soldats Allemands. Alors qu’il s’approche de trop près des mitrailleuses, pour se protéger de sa baïonnette, les Allemands n’ont d’autre choix que de l’abattre d’une courte rafale de tir automatique, Henry GUNTHER est tué sur le coup de 5 balles dans le corps.
Comment et pourquoi ce soldat a-t-il eu ce comportement suicidaire une minute avant la fin de la guerre ?
L’écrivain James M. CAIN, alors reporter pour le quotidien local, The Sun, a interviewé les camarades de GUNTHER par la suite et a écrit que « GUNTHER méditait beaucoup sur sa récente rétrogradation (il était sergent) et est devenu obsédé par la détermination de réparer devant ses officiers et compagnons d’armes ». Par son comportement face aux Allemands, sa mise à mort était inévitable, il en aurait été de même si elle avait eu lieu après l’heure fatidique des 11 heures. A-t-il voulu prouver son patriotisme envers la nation qui l’a accueilli ?
Naturalisé Américain, Henry Nicholas GUNTHER est né en Allemagne d’où sont originaires ses parents, c’est par ces mêmes Allemands qu’il a été tué une minute avant l’armistice. Que c’est-il passé dans la tête de cet homme, voulait-il mourir en héros, il a emporté la réponse avec lui dans sa tombe. Des dizaines de millions de soldats sont morts durant cette guerre, Henry GUNTHER est le mort de trop.
Références :
- US Army Center Military History (CMH) : Rapport 79e DI, 11/11/1918 – Gunther (matricule 1854915) quitte abri contre ordres sergent Powell, charge MG allemandes barrage routier ; 5 balles torse, mort instantanée.
- National Archives (NARA) : Fiche service – Né Schaafheim 06/01/1895, immigré Baltimore ~1900, naturalisé, rétrogradé caporal peu avant (obsession rédemption).
- James M. Cain (The Baltimore Sun) : Article 25/12/1918 – Interviews Powell/camarades : « Gunther hanté par rétrogradation, voulait prouver valeur avant 11h ». Allemands gesticulaient « halte » (informés armistice).
- War Diary 313e Inf. : NARA RG120 – Arrivée France 12/09/1918 ; secteur Meuse-Argonne fin offensive Pershing.
- Joseph E. Persico, Eleventh Month, Eleventh Day (2001), pp. 401-405 : analyse psychologique « death wish » + rédemption.
- CWGC : Tombe Meuse-Argonne ABMC ; promu sergent posthume.
- Stèle Chaumont : Plaque 1998 + chemin « Last Man ».
- Musée : Meuse-Argonne Memorial (Romagne).
Par Alain Schenkels

Catégorie(s) :