Dendrologie : Pinus Contorta Latifolia

Nous nous situons dans la zone 3C de l’Arboretum de Tervuren représentant à plus de 1400 mètres la chaîne de cascades, État de Washington.
Nous y trouvons le Pinus Contorta, variété Latifolia ici référencé 92.

Reportage vidéo :

Le Pinus contorta var. latifolia, connu en français comme le pin tordu latifolié ou pin de Murray, est une variété emblématique des forêts de l’Ouest nord-américain. Originaire des régions entre la chaîne Côtière et les Rocheuses, il prospère entre 500 et 3 500 mètres d’altitude, démontrant une remarquable résilience face aux conditions hostiles.

Ce conifère atteint une hauteur impressionnante de 30 à 40 mètres, avec un tronc droit et une cime conique étroite. Ses aiguilles persistantes, groupées par deux, mesurent 3 à 7 cm – souvent autour de 5 cm –, vert foncé à jaunâtre, rigides et légèrement torsadées, ce qui lui vaut son nom. L’écorce, mince (moins de 2 cm), brun orangé à gris, se desquame en petites écailles. Ses feuilles sont par paires, 3 à 7 cm de long vert à vert foncé et tordues. Les cônes entre 3 et 6 cm sont recourbées vers l’arrière.

Les cônes, petits (2 à 6 cm), cylindriques ou ovoïdes et souvent asymétriques, s’insèrent presque perpendiculairement aux rameaux. Ils demeurent fermés pendant 10 à 20 ans, s’ouvrant uniquement sous l’effet de la chaleur d’un incendie ou d’une forte exposition solaire pour libérer leurs graines. Cette caractéristique pyrophile permet une recolonisation rapide des zones brûlées, favorisant des peuplements denses et uniformes.

Le Pin tordu latifolié est le première arbre auquel on a découvert que ses aiguilles abritaient des colonies bactériennes. Cet arbre résineux peut atteindre 30 mètres de haut mais son diamètre ne dépasse guère les 60 cm. Son écorce est mince et écailleuse, son bois convient parfaitement à la fabrication de traverses de chemin de fer.

Extrêmement tolérant, le pin tordu latifolié s’accommode de sols pauvres, acides, secs ou hydromorphes, de climats froids, de vents violents et d’amplitudes thermiques extrêmes. Il évite toutefois les sols calcaires. Typique des montagnes et hauts plateaux, il forme souvent des forêts monotones d’arbres d’âge égal, soulignant son rôle pionnier dans les écosystèmes post-incendie.

Son bois, léger à moyennement lourd, sert à la construction, à la pâte à papier, ou à des applications techniques comme les poteaux et traverses après traitement. Introduit ailleurs comme essence forestière, il pose cependant des risques d’invasivité et accentue les dangers d’incendie en raison de ses peuplements denses et de son affinity pour le feu.


Par Alain Schenkels

(Photos : Alain Schenkels)

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