RRB.BE présenté par Alain Schenkels

Les jeunesses hitlériennes – des enfants à la guerre …

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Combattants fanatiques, les membres des jeunesses hitlériennes au sein des SS, dont la moitié périra au combat, ont commis plusieurs crimes de guerre : exécution de prisonniers de guerre canadiens en juin 1944 puis de civils français et belges, femmes et enfants compris, en août et septembre. Endoctrinés dès leurs plus jeunes âges par des adultes militants du parti nazi, ces adolescents sont avant tout des victimes du régime, leurs actes criminels étant dictés par leurs chefs. Cela étant, ils sont la cause de nombreux tués tant militaires que civils, il fallait dès lors les combattre comme n’importe quel autre soldat nazi.

Les Jeunesses hitlériennes sont une organisation paramilitaire conçue pour entraîner les garçons à devenir des combattants et des soldats au service de la cause nazie, en tant qu’organisation officielle de l’État nazi.

La raison d’être des Jeunesses hitlériennes est la formation de futurs surhommes « aryens » et de soldats prêts à servir loyalement le Troisième Reich. Il s’agit de contourner les clauses du Traité de Versailles qui interdisent à l’Allemagne de posséder une armée puissante et de préparer une génération physiquement et mentalement apte à être, au plus tôt, lancée dans une guerre contre toutes les puissances ennemies du Reich.

Dans les Jeunesses hitlériennes, l’entraînement physique et militaire passait bien avant l’instruction scolaire et scientifique. L’apprentissage comprenait le maniement des armes, le développement de la force physique, la stratégie militaire et un endoctrinement antisémite.

Jeunes garçons de la jeunesse hitlérienne s’exerçant au tir.

A la guerre le soldat n’a pas d’âge, une arme entre les mains, bien entraînés et endoctrinés, ces adolescents sont réputés pour être de très bons guerriers responsables de nombreux morts dans le camp des alliés.

Ces derniers n’avaient d’autre choix de les combattre en les capturant ou en les éliminant.

Après la dissolution des organisations de scouts dans tous les Länder d’Allemagne, les Jeunesses hitlériennes s’approprièrent beaucoup de leurs activités, bien que les objectifs et le contenu ne soient pas les mêmes. La cruauté des plus grands envers les plus jeunes était tolérée, et même encouragée. La philosophie du Parti nazi encourageait à éliminer les plus faibles et à s’endurcir.

Vers 1943, les chefs nazis transforment les Jeunesses hitlériennes en une réserve militaire où ils puisent des troupes à la suite des pertes importantes et croissantes dues à la guerre. Ainsi la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend sous le commandement de Fritz Witt est entièrement composée de jeunes garçons entre seize et dix-huit ans. Cette division est déployée pendant la bataille de Normandie contre les forces canadiennes et britanniques au nord de Caen. Pendant les mois qui suivent, la division obtient une réputation de férocité et de fanatisme.

Lors de l’invasion de l’Allemagne par les Alliés, la Wehrmacht recrute des membres des Jeunesses hitlériennes de plus en plus jeunes. En 1945, la Volkssturm engage dans des combats meurtriers suicidaires des membres des Jeunesses hitlériennes à partir de … douze ans !

Bien que les Jeunesses hitlériennes ne fussent jamais déclarées « organisation criminelle », on considéra que l’encadrement adulte avait commis des crimes contre la paix en corrompant les jeunes esprits allemands. De nombreux cadres de haut niveau furent jugés par les Alliés, à l’instar de Baldur von Schirach condamné à vingt ans de prison.

Les membres des Jeunesses hitlériennes portaient des uniformes comparables à ceux du Parti nazi et utilisaient un système de grades militaires similaires aux grades et insignes des Sturmabteilung. Beaucoup des activités proposées aux garçons ressemblaient à un entraînement militaire : ramper sous des fils barbelés, apprendre à plonger en mer depuis des sautoirs et apprendre comment lancer des grenades factices.

Ils avaient un poignard fabriqué par la firme Zwilling J. A. Henckels, sur le plat de la lame duquel figurait l’inscription « Blut und Ehre ! », (sang et honneur). Le manche était orné de l’insigne nazi.

Fixés par les directives de Von Schirach, les programmes à inculquer à la jeunesse étaient précis, se voulant l’armature idéologique de la nouvelle génération, et comportaient un certain nombre de thèmes centrés autour du parti nazi, de Hitler, de l’Allemagne et du peuple allemand, et des directives pour les chants à entonner en chaque circonstance.


L’encadrement des Jeunesses hitlériennes était assuré par des adultes, souvent militants du parti nazi au sein d’un corps d’armée. De plus ces chefs d’escouades, à la pédagogie de sergent-instructeur, exigent une obéissance totale au Führerprinzip. Le gros des membres comprenait des garçons âgés de huit à dix-huit ans. Dès 1936, les Jeunesses hitlériennes devinrent officiellement une filière obligatoire pour tous les jeunes allemands.

Le groupe servait aussi de base de recrutement pour des groupes paramilitaires du parti nazi : la Schutzstaffel (SS) s’y intéressait particulièrement. Les membres des HJ étaient particulièrement fiers de se voir accorder la sieg rune (rune de la victoire), par les SS. Les SS utilisaient deux sieg runes accolées comme emblème, et cette récompense liait symboliquement les deux groupes.

Légende photo : Examen sanitaire dans un camp d’été, juillet 1940. L’embrigadement vise à endoctriner et préparer physiquement plusieurs générations de futurs soldats.

Elles étaient organisées dans les villes et villages en cellules locales. Ces groupes se réunissaient chaque semaine : un dirigeant adulte y enseignait la doctrine nazie. Au niveau régional, les responsables organisaient des rassemblements et des manœuvres auxquels plusieurs cellules participaient. Le groupe national se réunissait en général une fois par an à Nuremberg, pour le rassemblement traditionnel du parti nazi.

Les Jeunesses hitlériennes avaient également créé des « académies » d’entraînement comparables aux lycées. De telles académies étaient considérées comme les bases de la relève du parti : seuls les élèves les plus dévoués et les plus radicaux pouvaient prétendre devenir de futurs dirigeants nazis.

Quelques sections visaient à entraîner leurs membres à devenir officiers de la Wehrmacht. De tels groupes s’appliquaient à former le jeune disciple dans la spécialité qu’il espérait exercer en tant qu’officier. Ainsi, les Jeunesses hitlériennes de la Marine étaient la section la plus nombreuse et servaient d’auxiliaires à la Kriegsmarine pour le secours en mer.

En 1923, l’organisation comptait un millier de membres. En 1925, le nombre de membres s’élevait à 5 000. Cinq ans plus tard, les Jeunesses hitlériennes dépassait les 25 000 sympathisants, et à l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933, elles comptaient un effectif de 2 250 000 membres. Cette augmentation étant due en grande partie aux membres des autres organisations de jeunesse avec lesquelles les Jeunesses hitlériennes avaient fusionné (avec plus ou moins de consentement), incluant l’importante evangelische Jugend (600 000 membres à l’époque), l’organisation de jeunesse de l’Église protestante.

En décembre 1936, l’effectif dépassa les cinq millions de membres. Le même mois, l’organisation devint la seule organisation de jeunesse autorisée dans laquelle toutes les autres devaient se fondre (Gesetz über die Hitlerjugend). Elle devint officiellement obligatoire en 1939 avec le Jugenddienstpflicht. L’appartenance pouvait même être proclamée contre l’avis des parents. À partir de là, la plupart des adolescents allemands furent incorporés dans les Jeunesses hitlériennes : dès 1940, l’organisation avait atteint un effectif de huit millions de membres. Plus tard, les statistiques de guerre sont difficiles à lire, dès le moment où l’on considère que la conscription obligatoire et l’appel à la lutte (chez des enfants à partir de 10 ans) signifie que pratiquement tous les jeunes allemands étaient, dans une certaine mesure, reliés aux Jeunesses hitlériennes.

Le gros de la « génération des Hitlerjugend » était né entre les années 1920 et 1930. Ils formèrent la génération adulte de l’après-guerre. Il n’était donc pas rare pour les anciens dirigeants de la République démocratique allemande et de l’Allemagne de l’Ouest d’avoir eu un passé chez les Jeunesses hitlériennes.

Du fait que l’organisation était devenue obligatoire dès 1936, il n’y eut pas de volonté de bannir les politiques qui avaient servi dans les Jeunesses hitlériennes, à partir du moment où l’on considérait qu’ils n’avaient pas eu le choix.

L’exemple le plus patent fut celui de Manfred Rommel, fils d’Erwin Rommel, qui devint maire de Stuttgart en dépit du fait qu’il a fait partie des Jeunesses hitlériennes. Mais aussi, le ministre allemand des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher, le philosophe Jürgen Habermas, et le Prince consort des Pays-Bas Claus von Amsberg. En outre, le 19 avril 2008, les médias annoncèrent que le pape de l’Église catholique romaine Benoît XVI (de son nom civil à la naissance Joseph Ratzinger) avait servi contre son gré dans les Jeunesses hitlériennes à l’âge de 14 ans. Cette information suscita une polémique selon laquelle une personne qui avait été liée d’une manière ou d’une autre au nazisme ne devrait pas devenir pape. Cependant, les faits révélèrent que Joseph Ratzinger ne partageait pas l’idéologie des nazis et qu’il s’en était dissocié rapidement.

Cependant, rapidement, le caractère subversif des Jeunesses hitlériennes disparaît, et cette organisation devient impopulaire au sein même des groupes qu’elle est censée encadrer. En effet, comme pour le KdF, les membres des Jeunesses hitlériennes utilisent les infrastructures pour la satisfaction de leurs besoins et désirs; les activités d’embrigadement, les veillées, le camping, pratiqué de manière militaire, et la collecte de dons sont particulièrement impopulaires.


Légende photo : Le jeune hitlérien Willi Huebner, 16 ans, reçoit la Croix de fer 2e classe après les violents combats pour la ville de Basse-Silésie de Lauban. Les dirigeants fascistes d’Allemagne essaient d’inspirer les enfants à faire des « actes héroïques ».

En 1940, Artur Axmann prend la tête des Jeunesses hitlériennes pour transformer l’organisation en une force auxiliaire utile dans un contexte de guerre. Les Jeunesses hitlériennes assistent les pompiers et l’effort de reconstruction des villes lors des bombardements alliés. Elles accomplissent des missions dans le service postal, les chemins de fer, le service de radiodiffusion et servent dans les équipes de défense anti-aérienne.

Vers 1943, les chefs nazis transforment les Jeunesses hitlériennes en une réserve militaire où ils puisent des troupes à la suite des pertes importantes et croissantes dues à la guerre. Ainsi la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend sous le commandement de Fritz Witt est entièrement composée de jeunes garçons entre seize et dix-huit ans. Cette division est déployée pendant la bataille de Normandie contre les forces canadiennes et britanniques au nord de Caen.

Pendant les mois qui suivent, la division obtient une réputation de férocité et de fanatisme. Quand Fritz Witt est tué par l’artillerie alliée, le SS-Brigadeführer Kurt Meyer en prend le commandement et devient le plus jeune commandant de division à l’âge de 33 ans.

Lors de l’invasion de l’Allemagne par les Alliés, la Wehrmacht recrute des membres des Jeunesses hitlériennes de plus en plus jeunes. En 1945, la Volkssturm engage dans des combats meurtriers et sans espoir des membres des Jeunesses hitlériennes à partir de douze ans.

Pendant la bataille de Berlin, les Jeunesses hitlériennes constituent une part importante des forces allemandes et se battent avec fanatisme (Alfred Czech ayant même été le plus jeune soldat décoré par Adolf Hitler). Le commandant de la ville, le général Helmut Weidling ordonne à Artur Axmann de dissoudre les unités combattantes des Jeunesses hitlériennes, cet ordre n’est jamais appliqué à cause de la confusion de la bataille de Berlin.


Membres des jeunesses hitlériennes au combat

Un membre des jeunesses hitlériennes ne peut éprouver la peur, mais sur le terrain ce sont avant tout des adolescents avec leurs émotions et leurs peurs, tous n’ont pas le même courage.

Sur la première photo ci-dessous, un jeune soldat blessé, il sera capturé et soigné, le second en avant plan est tué.

Sur la deuxième photo, un autre jeune tué au combat avec des photos de dignitaires nazis à ses côtés.

S’il est évident que la mort de ces adolescents est dramatique, les seuls et uniques responsables en sont les nazis, les alliés n’avaient d’autre choix que de se battre contre eux comme contre tout autre soldat nazi, leur mort était le prix à payer pour la victoire alliée, mais aussi pour mettre toutes les chances de leur côté de rester en vie car nombre d’entre eux étaient d’excellents combattants.

Les membres des jeunesses hitlériennes ci-dessous ont eu plus de chance, capturés par les alliés :


Il y a toutefois des exceptions, certains membres des jeunesses hitlériennes étaient de véritables criminels nazis.

Otto Funk membre de la 12e division SS qui participa entre autre au massacre de 115 soldats prisonniers canadiens en Normandie début juin 1944.

Même s’il faisait partie des jeunesses hitlériennes, il s’est vanté toute sa vie jusqu’à son décès récent de ses activités nazies et à toujours réfuté tout crime. Cet homme était un monstre nazi qui a échappé à toute condamnation et dont certains font l’éloge encore de nous jours, même une figurine de soldat nazi a été créée à son effigie 🙁

Ci dessous :

Derrière leur sourire de façade se cachait la haine et la bestialité. Ce même SS Otto Funk qui sera blessé le 9 juin 1944, derrière lui Klaus Schuh Waffen SS tué le 26 juin 1944.


Voir aussi la page : les criminels Waffen SS