RRB.BE présenté par Alain Schenkels

Les duels dans l’histoire et familiaux

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Le duel est en Occident comme en Orient une coutume de combattre par les armes, selon des règles précises, pour trancher un différend entre deux adversaires, l’un demandant à l’autre réparation d’une offense ou d’un tort. En Europe, il est précédé d’un défi, habituellement signifié par un cartel. Le combat se déroule devant des arbitres, appelés aujourd’hui « témoins », qui veillent au respect des règles ainsi que des conventions particulières fixées au préalable. Celles-ci fixent, entre autres, éventuellement, le nombre de coups à l’arme blanche ou à feu. Dans un duel de plaisance, c’est-à-dire pour la galerie, elles fixent le nombre de touches. Si elles conviennent d’un combat à mort, on parle de duel à mort.

Le duel visait à réglementer et limiter la violence suscitée par un conflit entre deux individus. En fixant les termes de la résolution du conflit, il obligeait les parties adverses à convenir par le dialogue de conditions convenues et constituait une sorte de droit pénal contractuel, le duel judiciaire. Intégré au bas Moyen Âge à la procédure pénale par les différentes coutumes, le duel judiciaire évolue entre la Guerre de Cent Ans et la Renaissance en contrat de droit privé à mesure que les parlements affinent la jurisprudence et que la monarchie se renforce. Aux temps modernes, le duel n’est plus qu’une forme de bravade à l’endroit du droit commun, le duel du point d’honneur.

Une forme de duel s’est observée dans d’autres sociétés, en particulier au Japon, mais il a été alors une pratique réservée aux militaires. Toutefois, en imposant les armes de guerre individuelles, c’est-à-dire en interdisant l’emploi des poings par exemple, le duel s’adressait de fait principalement à la noblesse, formée à l’escrime et au tir. Les gentilshommes finirent par ne condescendre à s’y prêter qu’entre eux : « Jeu de mains, jeu de vilains ». L’esprit qui le gouvernait donnait ainsi plus de prix à la dignité qu’à la vie, à la manière qu’à l’intérêt, et revendiquait la primauté de la liberté individuelle de régler ses affaires sur le recours à la justice publique. Défendu autrefois tant par des tenants d’un régime aristocratique que par des républicains, le duel est aujourd’hui proscrit dans la plupart des pays.


Duels familiaux : (Alexandre Gendebien, quadrisaïeul en descendance directe de Alain Schenkels)

Alexandre Joseph Célestin GENDEBIEN, né le 4 mai 1789 (lundi) – Mons, 7000, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE, décédé le 6 décembre 1869 (lundi) – Bruxelles, 1000, Bruxelles, Bruxelles Capitale, BELGIQUE, à l’âge de 80 ans demande réparation en duel suite à un grave conflit l’opposant à Charles ROGIER, tous deux membres du Gouvernement Provisoire Belge en 1830.

Depuis le Congrès, il existait un violent antagonisme entre Gendebien, d’une part, MM. Lebeau et Devaux, de l’autre. Dans la séance de la Chambre des représentants du 24 juin 1833, cet antagonisme se manifesta par une scène orageuse dans laquelle intervint M. Rogier pour prendre la défense de son ami, M. Devaux.

Le 26 juin 1933, Gendebien et Rogier se rencontraient au bois de Linthout; l’arme désignée par le sort était le pistolet. Alexandre Gendebien fut le plus rapide et blessa grièvement Charles Rogier d’une balle dans sa joue droite. Voyant tomber son ancien collègue du gouvernement provisoire, Alexandre Gendebien accourut pour lui donner la main, mais les témoins l’obligèrent à se retirer. «Mes regrets, écrivit Gendebien à S. Vande Weyer, suivirent de près le triste événement qui faillit coûter la vie à un de nos anciens collègues». Deux mois plus tard, le 23 août Alexandre Gendebien développait à la Chambre une proposition d’accusation contre M. Lebeau, ministre de la justice. Celui ci fut défendu par M. Jean-Baptiste Nothomb, et l’assemblée passa à l’ordre du jour à la majorité de 53 voix contre 18.


Alexandre Joseph Célestin GENDEBIEN, né le 4 mai 1789 (lundi) – Mons, 7000, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE, décédé le 6 décembre 1869 (lundi) – Bruxelles, 1000, Bruxelles, Bruxelles Capitale, BELGIQUE, à l’âge de 80 ans demande réparation en duel l’opposant à Jean Baptiste NOTHOMB, tous deux membres du Gouvernement Provisoire Belge en 1830, suite au conflit qui les opposa lors de la séance au parlement du 23 août 1833 (voir article ci-dessus Gendebien-Rogier).

Toutefois, suite à une intervention du père de JB Nothomb, les témoins se sont réunis de part et d’autre ; les témoins de M. Gen­debien ont avoué n’avoir accepté que pour empêcher que l’affaire tombât en de mauvaises mains ; ensuite les 4 témoins ont signé la déclaration suivante :­

Les soussignés s’étant réunis pour examiner le différend qui s’est élevé entre Messieurs Gendebien et Nothomb, ensuite de ce qui a eu lieu à la séance de la Chambre des Représentants le 23 août dernier, ont mûrement étudié et discuté les faits et les circonstances relatives à cette affaire. Il est résulté de cet examen que rien de ce qui s’est passé à cet égard n’a paru aux soussignés de nature à compromettre en aucune manière l’honneur et la délicatesse de ces Messieurs ;

Convaincus, en conséquence, qu’il serait contraire à la raison, au bon sens, aux vrais principes, de donner suite à cette altercation et que ce serait assumer sur Messieurs Gendebien et Nothomb et sur les soussignés eux­-mêmes, une immense responsabilité, que de se livrer pour cela à un combat ; Nous déclarons que, selon notre avis, un tel combat ne doit absolument pas avoir lieu ; Nous déclarons de plus que si Messieurs Gendebien et Nothomb ne voulaient pas s’en rapporter à notre manière de voir, nous refuserions formellement de continuer à être leurs témoins.

Le présent fait en double à Bruxelles, le 15 octobre 1833.

(Signé) d’HANE. (Signé) E. d’HUART (témoins Nothomb).

(Signé) de RENESSE. (Signé) NIELLON (témoins Gendebien).