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Alexandre GENDEBIEN et la révolution belge

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Alexandre Joseph Celestin GENDEBIEN

Quadrisaïeul de l’auteur du site

Membre de la Chambre des représentants (30 mars 1831 – 19 mars 1839), Ministre de la Justice (26 février 1831 – 23 mars 1831), Membre du Congrès national (1830-1831), Membre du Gouvernement provisoire de Belgique (26 septembre 1830)

  • Né le 4 mai 1789 (lundi) – Mons, 7000, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE
  • Décédé le 6 décembre 1869 (lundi) – Bruxelles, 1000, Bruxelles, Bruxelles Capitale, BELGIQUE, à l’âge de 80 ans
  • Inhumé le 9 décembre 1869 (jeudi) – Evere – Cimetière du Quartier Léopold, Bruxelles Capitale, BELGIQUE
  • Avocat, homme politique libéral

Après les premiers troubles de Bruxelles, Alexandre Gendebien avait proposé, le 28 août, d’envoyer une députation à La Haye afin d’obtenir des concessions. Les notables l’adjoignirent à MM. Joseph d’Hooghvorst, Félix de Mérode, de Sécus fils et Palmaert père.

Le 31 août, ils étaient reçus par Guillaume 1er. «Notre mission, écrivit Gendebien à De Potter, fut sans résultat auprès du roi, qui nous fit des promesses vagues, ne laissant entrevoir que la résolution de renvoyer Van Maanen. Nous étant rendus, d’après l’invitation du roi chez le ministre de l’intérieur (M. de la Coste), il nous dit que le gouvernement était dans une position telle, que s’il faisait droit à nos griefs, il en résulterait une insurrection en Hollande. Cette observation du ministre fut pour moi un trait de lumière, et je conçus dès lors le projet de séparation du Nord et du Midi.» Dans la soirée du 1er septembre, les délégués étaient de retour à Bruxelles. Ils y trouvèrent le prince d’Orange qui, le matin même, n’avait pas hésité à rentrer, sous la seule escorte de la bourgeoisie, dans une ville couverte de barricades. Gendebien eut avec l’héritier du trône un entretien qui ne dura pas moins de quatre heures. Il lui proposa, comme seul moyen de salut, de le faire proclamer roi des Belges, moyennant un compromis préalable. – Non, répondit le prince. La postérité ne pourra dire qu’un Nassau arracha la couronne du front de son père pour la placer sur le sien.

Le 18 septembre, après avoir fait partie de la Commission de sûreté publique, Alexandre Gendebien quitta Bruxelles pour aller, en accord avec ses amis, chercher M. De Potter à Lille, où il lui avait donné rendez-vous. Depuis qu’il avait été condamné au bannissement, M. De Potter possédait une popularité sans égale et on supposait qu’il pourrait rallier les patriotes sous un seul drapeau. Alexandre Gendebien ayant échoué auprès de M. De Potter, rejoignit S. Van de Weyer à Valenciennes. Lorsqu’ils y apprirent que les troupes royales, entrées dans Bruxelles, y rencontraient une vive résistance, ils prirent la résolution de partir sur-le-champ pour se joindre aux défenseurs de la cause belge.
Le 25 septembre, ils constituaient, avec MM. Rogier et d’Hooghvorst; le gouvernement provisoire.

Bruxelles délivré, Alexandre Gendebien est chargé par ses collègues d’une importante mission à Paris. Il s’agissait d’obtenir du cabinet du Palais Royal, que celui-ci ferait respecter le principe non-intervention si les Prussiens entraient en Belgique. Le 1er octobre, l’envoyé du gouvernement provisoire vit successivement le maréchal Gérard, le comte Molé et le général Lafayette. Il proposa de son chef à celui-ci le gouvernement de la Belgique, sous le titre grand-duc ou toute autre dénomination. Lafayette répondit prudemment que son grand âge ne lui permettait pas de risquer une entreprise aussi importante.

De retour à Bruxelles le 19 octobre, Alexandre Gendebien fut adjoint au comité central, chargé du pouvoir exécutif. Il prit en même temps la présidence du comité de la justice. Le 18 octobre, Gendebien revenait à Paris, chargé d’une nouvelle mission. Il devait demander au gouvernement français «d’expliquer catégoriquement quelle serait sa détermination si le Congrès national, convoqué à Bruxelles, proclamait pour chef du gouvernement qu’il était chargé d’organiser, un des fils du roi des Français, quelle que fût la forme de gouvernement adoptée par le Congrès.»

Alexandre Gendebien revint à Bruxelles avec la conviction que la marche du gouvernement français devenait hésitante et que l’influence du prince de Talleyrand prévalait, selon ses expressions, sur l’esprit faible du roi Louis-Philippe.

Lors des élections pour le Congrès, Alexandre Gendebien obtint à la fois les suffrages de Bruxelles et de Mons: il opta pour Mons. Il allait siéger avec son vénérable père Jean-François GENDEBIEN, élu par Soignies et avec son frère Jean Baptiste GENDEBIEN, ancien Officier de l’empire français, élu par Charleroi. Le 18 novembre, Alexandre Gendebien vota l’indépendance de la Belgique; le 22 novembre, il se prononçait pour la monarchie. «Si nous établissions aujourd’hui la république, disait-il, elle n’aurait pas trois mois d’existence.» Le 24 novembre, il vota également la proposition d’exclusion perpétuelle des membres de la famille d’Orange-Nassau de tout pouvoir en Belgique.

Au mois de décembre, Alexandre Gendebien repartit pour Paris, accompagné de S. Van de Weyer. Ils étaient chargés «de traiter, de la reconnaissance de la Belgique», et devaient «consulter la cour sur le choix du souverain». Ils trouvèrent le gouvernement indécis. M. Sébastiani, chargé des affaires étrangères, élevait beaucoup d’objections sur la reconnaissance de l’indépendance belge, sur une triple alliance à conclure avec l’Angleterre, sur le choix éventuel du duc de Nemours, sur le prince de Saxe-Cobourg, moyennant une alliance avec une princesse française, etc, M. Van de Weyer retourna à Bruxelles pour conférer avec le Gouvernement provisoire, et Alexandre Gendebien resta seul à Paris.

Le 2 janvier 1831, il fut reçu par le roi des Français. Il commença par exposer le sujet de sa mission. – Je regrette, dit Louis-Philippe, que le résultat de mes réflexions ne me permette pas d’accueillir comme vous le désirez, comme je le désire moi-même, les vœux de la Belgique pour mon fils, le duc de Nemours. – Si le Congrès persistait à élire votre fils pour roi, V .M. refuserait-elle de nous l’accorder? – Monsieur Gendebien, vous êtes père d’une famille à peu près aussi nombreuse que la mienne; vous êtes donc dans une position à pouvoir, mieux que personne, apprécier les sentiments qui m’agitent en ce moment. Il m’est doublement pénible de devoir vous dire que je ne pourrais agréer les vœux du Congrès; une guerre générale en serait la suite inévitable. – Gendebien dit alors au roi que le second objet de sa mission était de demander son agrément pour l’élection du prince Léopold de Saxe-Cobourg et une alliance avec une princesse d’Orléans. Louis-Philippe fit un grand éloge du prince, Léopold, mais il objecta qu’il y avait «des répugnances de famille, des préjugés peut-être» qui s’opposeraient à l’union projetée.

Le lendemain, M. Sébatiani informait officiellement l’envoyé du gouvernement provisoire, que Louis-Philippe n’accepterait point la réunion de la Belgique et n’accorderait pas le duc de Nemours aux vœux des Belges. Pour des raisons faciles à deviner, le gouvernement français proposait une combinaison impossible: le choix du prince Othon, second fils du roi de Bavière.

Alexandre Gendebien alla prendre congé de M. Sébastiani. L’entretien fut très vif. «... Que nous conseillez-vous? dit Gendebien. Le prince Othon de Bavière, le prince de Naples, deux enfants ! Deux enfants! pour réaliser, garantir, au dedans et au dehors, les conséquences de notre révolution, les promesses de 1830... Les candidatures du duc de Nemours et du prince de Saxe-Cobourg sont seules sérieuses; vous les repoussez toutes deux d'une manière absolue; pour sortir de la périlleuse situation où nous place votre double refus, il ne nous reste qu'une voie : aller à Londres proposer la candidature du prince Léopold avec alliance française. Si le roi des Français persiste dans son refus, nous passerons outre; nous prendrons le prince Léopold, sans princesse française.» Sébastiani se leva, très irrité, et dit avec colère à son interlocuteur. «Si Saxe-Cobourg met un pied en Belgique, nous lui tirerons des coups de canon!» - «Eh bien, répliqua Gendebien, nous prierons l'Angleterre de répondre à vos canons.» De retour à Bruxelles, le 11 janvier, il fit au Congrès un rapport sommaire sur les trois missions qu'il avait remplies auprès du gouvernement de Louis-Philippe.

Quand la candidature du duc de Nemours devint un instant prédominante en Belgique, ce ne fut point le prince de Saxe-Cobourg qu’on lui opposa, mais le duc Auguste de Leuchtenberg. Le gouvernement provisoire s’étant rallié au duc de Nemours, Gendebien s’efforça de le faire triompher. Le 1er février, il prenait la parole au Congrès et prononçait un remarquable discours. En soutenant énergiquement le prince français, Gendebien n’obéissait plus seulement à ses sympathies personnelles, mais il avait foi aussi dans les assurances du comte de Celles, qui l’avait remplacé à Paris. L’espoir de Gendebien fut déçu: Louis-Philippe n’osa pas accepter la couronne de Belgique pour le duc de Nemours; il recula devant une guerre générale.

Après l’institution de la Régence, Alexandre Gendebien devint ministre de la justice. Déjà le gouvernement provisoire l’avait appelé à la première présidence de la cour supérieure de Bruxelles, et cette haute position, Gendebien persistait à la refuser. Il finit toutefois par céder aux instances du régent et aux conseils de ses amis, mais en renonçant aux appointements attachés au ministère de la justice. En conséquence, le 8 mars, il fut installé en qualité de premier président de la cour supérieure de Bruxelles. Le 20 mars, le premier ministère du régent était en pleine dissolution, au moment même où une nouvelle conspiration orangiste tentait de détruire l’indépendance nationale. Dès le 23 mars, pour déjouer cette conspiration qui devenait redoutable, Gendebien, avec d’autres patriotes, fondait une Association nationale. Immédiatement après, il adressa au régent sa démission de ministre de la justice et de premier président de la cour supérieure de Bruxelles. Le régent refusa d’accepter la renonciation au poste de premier président, mais Gendebien la réitéra le lendemain.

Adversaire de la conférence de Londres, dont il ne voulait point reconnaître les décisions, il ne cessa de combattre les ministres qui, par l’élection du prince Léopold de Saxe-Cobourg et une transaction avec l’Europe, avaient pour but de clore la révolution belge. Il se prononça, avec une extrême énergie, contre l’arrangement que, sous les auspices de l’élu du Congrès, la conférence de Londres proposait à la Belgique et à la Hollande.

Dans un discours commencé le 5 juillet et continué le lendemain, il combattit avec véhémence ces préliminaires de paix contenus en dix-huit articles. Le 21 juillet, une heure avant l’inauguration de Léopold 1er, il déposa sur le bureau du Congrès la déclaration suivante: . «Mon opposition n’ayant jamais eu rien d’hostile à la personne du prince de Saxe-Cobourg, pas plus qu’aux augustes fonctions qui lui ont été conférées par le Congrès, je puis, sans manquer à mes précédents, concourir à l’inauguration du chef de l’Etat

Le rôle d'Alexandre Gendebien pendant la campagne du mois d'août 1831 fut très honorable. 
Lieutenant-colonel d'état-major de la garde civique de Bruxelles, il servit en réalité comme volontaire dans la compagnie des chasseurs de Chasteler. 
Ses deux fils aînés : 
- Alexandre François, 17 ans, rejoint les combattants du parc de Bruxelles. Depuis les fenêtres de la rue Royale, il tire sur les Hollandais. Plus tard, il se distingue dans les combats soutenus en octobre 1830 entre Bruxelles et Anvers. Il devient militaire de carrière promu au grade de capitaine, mais démissionnera en 1835.
- Célestin GENDEBIEN, 16 ans, rejoint les combattants du parc de Bruxelles. Tout comme son frère il trouve une bonne position dominante et tire sur les hollandais. Engagé dans le régiment de Cavalerie au grade de sous-lieutenant, il prit part aux combats de Vilvoorde, Walhem et Anvers.

Alexandre GENDEBIEN resta convaincu que la catastrophe du mois d'août 1831 était due à une ténébreuse intrigue de la diplomatie. Cela avait été sa première impression, et on ne parvint jamais à l'effacer.

Membres de la famille ayant participé à la révolution belge 1830-1831 (liste non exhaustive)

Alexandre GENDEBIEN, Lieutenant-colonel d’état-major de la garde civique de Bruxelles, il servit en réalité comme volontaire dans la compagnie des chasseurs de Chasteler
Ses fils aînés :

  • Alexandre François GENDEBIEN, 17 ans, rejoint les combattants du parc de Bruxelles. Depuis les fenêtres de la rue Royale, il tire sur les hollandais. Plus tard, il se distingue dans les combats soutenus en octobre 1830 entre Bruxelles et Anvers. Il devient militaire de carrière promu au grade de capitaine, mais démissionnera en 1835.
  • Célestin GENDEBIEN, 16 ans, rejoint les combattants du parc de Bruxelles, tout comme son frère il trouve une bonne position dominante et tire sur les hollandais. Engagé dans le régiment de Cavalerie au grade de sous-lieutenant, il prit part aux combats de Vilvoorde, Walhem et Anvers.

Charles MOURLON, Lieutenant au 2ème Régiment des Chasseurs à pied (6 octobre 1831), Campagnes contre la Hollande (1831-1838), Chevalier de l’ordre de Léopold (1844)