Guerre en Ukraine : Maksim Suvorov, 18 ans, le plus jeune soldat russe mort au combat

Maksim Suvorov, né le 5 juin 2007 et originaire de la région sibérienne de Bouriatie, est réputé pour être le plus jeune soldat russe mort au combat  en Ukraine.

Âgé de 18 ans et un mois, il a été appelé pour le service militaire fin juin 2025, puis a signé un contrat de soldat sous contrat deux jours plus tard, avant de suivre une courte formation, notamment en Crimée occupée, comme tireur d’élite, puis d’être envoyé au front dans la région de Donetsk.

Il n’a passé que quelques jours à peine sur la ligne de front avant d’être tué au combat le 24 juillet 2025 près du village de Novyï Komar.

Ce jeune homme, comme chaque perte constitue individuellement une tragédie humaine — une vie perdue, une famille endeuillée —, il n’en demeure pas moins que, quelles que soient ses motivations d’engagement, il était devenu soldat et à ce titre, pour les Ukrainiens, une cible de guerre légitime, un ennemi à neutraliser.

L’engagement de Maksim Suvorov n’était pas le fruit d’une conscription forcée. À dix-huit ans, il a signé un contrat, rejoignant volontairement les rangs d’une armée en guerre. En Bouriatie, région pauvre et fortement touchée par les pertes, les incitations financières et le discours patriotique suffisent souvent à décider les plus jeunes. Les autorités locales, comme ailleurs en Russie, valorisent ces recrues comme des exemples de « courage et d’honneur », masquant la réalité des pertes massives sur le front.

Sur le terrain, cette jeunesse ne change rien à la nature du conflit.
18 ans, 22 ans, 30 ans… Une arme entre les mains, un soldat n’a pas d’âge, s’il tire, il tue…

Armé, formé, tireur d’élite, inséré dans une unité combattante, Suvorov était un adversaire à abattre. Pour les forces ukrainiennes, il représentait une menace au même titre que n’importe quel autre soldat russe. La guerre, dans sa brutalité, ne permet aucune distinction d’âge, de race ou d’histoires d’homme, seule compte la neutralisation de l’ennemi.

La mort de ce jeune soldat illustre ainsi la mécanique implacable d’un conflit où l’armée russe envoie de plus en plus de recrues fraîchement formées pour combler ses pertes. Pour l’Ukraine, ces soldats ne sont pas des victimes, mais des cibles légitimes dans une guerre défensive devenue existentielle.

Le premier devoir de tout soldat est de détecter l’ennemi et de le neutraliser. Il doit tout mettre en œuvre pour le vaincre, souvent en l’éliminant, afin de s’offrir, à lui et à ses camarades, les meilleures chances de survie. À ce titre, la mort de Maksim Suvorov était non seulement nécessaire, mais rendue indispensable dans l’intérêt de la survie des soldats ukrainiens. Pour tout soldat, « tuer ou être tué », la question ne se pose jamais.

Je ne puis me réjouir de la mort d’un homme.
Quelle que soit son uniforme, elle demeure la fin d’une existence, le naufrage d’un destin pris dans la violence des armes. Pourtant, sur le champ de bataille, les catégories morales s’effacent devant la logique de survie. Maksim Suvorov n’était pas seulement un jeune homme, il était un soldat russe engagé dans une guerre d’invasion ; à ce titre, sa disparition s’inscrit dans la résistance ukrainienne comme un succès militaire. Chaque soldat russe neutralisé représente, pour Kiev, une parcelle de territoire préservée, une menace écartée, un pas de plus vers la libération. Dans la tragédie de cette guerre, la victoire passe inévitablement par la mort de ceux qui incarnent l’agression.

Maksim Suvorov a fait le choix des armes, de la guerre contre les Ukrainiens ; il l’a payé au prix fort. C’est ainsi que s’est achevée son histoire de vie. Dans la tragédie de cette guerre, chaque victoire ukrainienne s’écrit au prix du sang — le prix de la liberté.

Par Alain Schenkels

Avatar photo

J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.