Guerre en Ukraine, 2026 bilan des pertes russes et ukrainiennes

Pertes Russes

Des rapports récents compilés par des médias ukrainiens comme Minfin indiquent que plus d’1,2 million de soldats russes ont été tués ou blessés depuis le début de la guerre, avec 418 170 pertes rien qu’en 2025, soit une moyenne de 1 145 Russes tués ou blessés par jour.

La BBC, Mediazona et Meduza, via des analyses open source (avis de décès, cimetières), confirment au moins 95 000 morts russes vérifiés fin 2025. Le Pentagone et le renseignement britannique estiment un total de 250 000 soldats russes tués et 800 000 blessés. Le média belge 21News corrobore ces chiffres, indiquant des pertes approximatives de 1 million de soldats russes tués ou blessés.

Aucune source n’est exhaustive : les chiffres ukrainiens incluent probablement des estimations hautes pour des raisons propagandistes, tandis que les Russes les minimisent. Les analyses OSINT (comme Oryx pour le matériel) offrent une base vérifiable, mais pour les blessés, les ratios historiques (1 tué pour 3 blessés) servent d’approximation.

Le nombre d’hommes en Russie en âge militaire actif (18-49 ans) avoisinait les 15 à 20 millions avant la guerre, mais avec plus d’un million de pertes cumulées (morts/blessés) et l’émigration de centaines de milliers de jeunes, le stock effectif disponible est estimé à 10 à 12 millions d’hommes. À noter que la Russie compte aussi sur les hommes jusqu’à 60 ans lors des mobilisations récentes.

MÀJ 14 janvier :  le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte déclare :
«Actuellement, la Russie perd un nombre considérable de soldats en raison de la résistance acharnée de l’Ukraine. En un mois, cela représente entre 20 000 et 25 000 soldats russes tués. Je ne parle pas des blessés graves, mais des morts. Si l’on compare cela à la guerre en Afghanistan dans les années 1980, où ils ont perdu environ 20 000 soldats en 10 ans, le contraste est saisissant. Maintenant, ils perdent autant d’hommes — et même plus — en un seul mois», a déclaré Rutte lors de la conférence «Global Europe».

Pourquoi les Russes perdent autant de soldats au combat

La Russie adopte une doctrine d’assauts massifs par vagues d’infanterie (souvent « viande à canon ») avec de petits groupes mal entraînés, exposant des milliers d’hommes quotidiennement à l’artillerie, aux drones et aux mines ukrainiennes.

  • Depuis 2024, Moscou privilégie des infiltrations par petits groupes (10 à 50 hommes) sans soutien blindé suffisant, générant 1 145 pertes par jour en 2025 pour des gains minimes (15 à 20 km²/mois).
  • Les conscrits reçoivent 1 à 2 semaines d’entraînement, contre 6 à 12 mois côté ukrainien, augmentant leur vulnérabilité aux embuscades.
  • De nombreux conscrits sont mal équipés, souvent sans gilet pare-balles.
    La Russie tire dix fois plus d’obus, mais expose ses soldats en première ligne aux contre-batteries ukrainiennes précises.
  • L’avantage technologique ukrainien (drones FPV, HIMARS, artillerie de précision occidentale) est aussi un facteur déterminant dans le ratio du nombre de tués russes/ukrainiens.
  • L’Ukraine bénéficie d’une position défensive fortifiée, d’une meilleure coordination avec l’OTAN (renseignement, munitions intelligentes) et d’un moral soutenu par l’enjeu existentiel, limitant ses pertes.
  • La Russie conserve la quantité d’hommes à recruter, mais sa base humaine se dégrade.

Le Kremlin veille surtout à préserver la passivité des grandes villes, Moscou et Saint‑Pétersbourg en tête. En recrutant massivement dans les régions pauvres, le pouvoir limite le risque politique tout en transformant la guerre en enjeu lointain pour les classes urbaines aisées.

Tant que les pertes touchent la périphérie sociale du pays, l’opinion dominante reste indifférente. Poutine joue la guerre d’usure : il sait que, contrairement à la Russie, l’Ukraine manque de réservoir humain.

Pertes Ukrainiennes

Les soldats ukrainiens neutralisés sont estimés à quelques 400 000 hommes, dont 100 000 soldats tués, soit une moyenne d’une perte ukrainienne pour trois pertes russes. auxquelles s’ajoutent environ 100 000 déserteurs, soit près d’un demi‑million d’hommes hors combat.

Environ 200 000 à 300 000 réservistes sont encore théoriquement mobilisables en 2026, mais l’Ukraine peine à maintenir ses effectifs face à l’usure, contrairement à la Russie qui active ses millions de réservistes sans mobilisation ouverte.

L’aide de l’OTAN permet à l’Ukraine de posséder l’armement nécessaire pour faire face à la Russie et à son armée, mais si la guerre perdure encore longtemps, l’Ukraine risque de se retrouver à cours de combattants et dans ce cas, sans aide extérieure, le risque pour l’Ukraine de perdre la guerre n’est pas anodin.

Drones versus artillerie

En 2025, les drones causent désormais plus de morts chez les soldats russes et détruisent plus de véhicules blindés que l’ensemble des armes traditionnelles (artillerie, chars, mortiers).  Les ratios (potentiellement 60 à 80% des pertes humaines dues aux drones FPV et loitering munitions) démontrent la capacité de l’Ukraine dans la neutralisation des ennemis sans faire appel à de l’armement coûteux.

Du côté russe, c’est l’artillerie russe conventionnelle (obus de 152 mm, bombes planantes FAB modernisées) qui reste l’arme la plus meurtrière, représentant 70 à 80% des pertes humaines chez les Ukrainiens. Les barrages massifs d’obus et les FAB-500/1500 larguées depuis des Su-34 causent la majorité des morts et blessés ukrainiens en infanterie, particulièrement lors des assauts ou en positions défensives fortifiées. À l’opposé de l’Ukraine, lors des attaques, les drones russes ne provoquent que 10 à 20 % de morts ukrainiens, selon des estimations OSINT.


Peu de prisonniers de guerre

En janvier 2026, les chiffres exacts sur les prisonniers de guerre (PG) russes et ukrainiens restent imprécis en raison du secret militaire et des échanges sporadiques, mais Kiev estimait fin 2025 environ 10 000 Ukrainiens détenus par la Russie (militaires et civils), tandis que l’Ukraine détenait plusieurs milliers de soldats russes, potentiellement 3 000 à 5 000 selon des fuites OSINT.

Tableau Comparatif

CampPG détenus (estim. janv. 2026)Échanges majeurs 2025Sources clés tf1info+1​
Ukraine8 000-10 000 (chez Russie)1 000 libérés (mai)ONU, Zelensky, HRW
Russie2 500-4 000 (en Ukraine)390 libérés (mai)Ministère russe, TF1 Info

Ces estimations intègrent tortures documentées par l’ONU (79 exécutions ukrainiennes depuis août 2025) et recrutements de PG ukrainiens (~10 000 enrôlés), selon TF1 Info (2025, 23 mai). «1.000 pour 1.000» : l’échange record de prisonniers.

Références

  • Euronews (2025, 12 juin). Les pertes de troupes russes en Ukraine dépassent le million selon Kyiv.
  • OHCHR. (2022, 14 novembre). Ukraine/Fédération de Russie : prisonniers de guerre.
  • Euronews (2025, 16 novembre). L’Ukraine travaille à un nouvel échange de prisonniers avec la Russie.
  • Le Figaro (2025, 30 novembre). Les «malgré-nous» du Donbass : comment la Russie enrôle de force des Ukrainiens
  • 21News : (2025, 23 décembre) : Guerre en Ukraine : comment Moscou accepte le coût de 400 000 morts par an.
  • BBC News (2026, 2 janvier) : Comment le nombre de morts parmi les soldats russes en Ukraine est estimé.
  • Dose Quotidienne (2026, 3 janvier) : Plus de 1,2 million de soldats russes tombés en Ukraine : le prix effroyable d’une ambition démesurée.
  • Dose Quotidienne (2026, 9 janvier) : 1030 soldats russes éliminés en 24 heures : le carnage s’accélère en Ukraine.
  • Forbidden Stories (2025, 28 avril) : Comment la Russie détient des milliers de civils ukrainiens au secret.

Par Alain Schenkels

(Photos sources Telegram)

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.