Présentation de Dimitri ABRAMOVITCH, Belgo-Russe juif, bachelier en Histoire et langues étrangères.
J’étudie l’hébreux que j’affectionne particulièrement. Juif Ashkénaze et fier de l’être !
Fervent défenseur de l’Ukraine face à l’agression de la Russie, mon pays d’origine.
Mon histoire familiale me fait intéresser à la seconde guerre mondiale, mais aussi au conflit actuel avec l’Ukraine, victime de la Russie.
Première Guerre Mondiale
Je n’ai aucune information sur la participation de membres de ma famille durant la première guerre mondiale. Tout ce que je sais c’est qu’un grand oncle faisait partie de la marine russe et qu’il est mort en mer Noire en 1916 et qu’un autre a été capturé, je crois en Pologne.
Seconde Guerre Mondiale
Du côté maternel :
Ma grand-mère maternelle a miraculeusement survécu à la raffle nazie, contrairement à ses parents et à son frère assassinés dans les camps.
Elle a échappé à une mort certaine alors qu’elle n’était qu’une toute petite fille grâce à un oncle qui a fuit la Belgique avec elle. Cet histoire est un sujet tabou encore aujourd’hui, j’ignore où elle s’est réfugiée, c’est un secret qu’elle gardera jusqu’à sa mort.
Lorsque j’avais 15 ans, je suis venu chez mes parents avec un copain de classe Lukas du même âge, mais qui était d’origine Allemande avec un accent bien prononcé, ma grand-mère était présente. Découvrant l’origine de mon camarade, je n’oublierai jamais l’expression du visage de ma grand-mère qui pourtant est d’une gentillesse extrême.
Jamais je n’aurais imaginé que tant d’années plus tard, sa blessure était telle que la vue d’un Allemand même très jeune – trois générations le sépare de cette guerre, il n’a aucune responsabilité dans ces massacres -, la mettrait dans un tel état. Elle s’est levée et est venue vers moi, elle m’a giflé sans rien me dire, c’est la première et seule fois qu’elle a agit ainsi. Elle a ensuite dévisagé Lukas qui ne comprenait pas ce qui ce passait.
Je sort rapidement de la maison avec Lukas réalisant la peine que j’ai involontairement infligé à ma grand mère. La voir dans cet état m’a mis hors de moi. Lukas me demande ce qui se passe, je le regarde et la haine m’envahi, je lui en veut alors qu’il est totalement innocent, c’est un bon garçon. Ce jour là j’ai commis une grave erreur, il était mon copain de classe et je lui ai sauté dessus, nous sommes tombés à terre, je l’ai tabassé. Mon père se rendant compte de la situation nous a séparé, Lukas saignait du nez, j’étais incontrôlable, j’avais envie de le tuer ce que je n’aurais évidemment jamais fait.
Les décénnies passent, mais la réalité de l’horreur de l’holocauste réaparaît dans le coeur de ceux qui l’ont vécu, ce pauvre Lukas en a fait les frais, il ne m’a jamais pardonné ce qui est bien compréhensible. J’ai perdu un copain, l’année suivante il a changé d’école et je ne l’ai jamais plus revu, aujourd’hui encore j’y pense et regrette de l’avoir agressé le pauvre est innocent des crimes commis par les nazis, mais ma grand-mère est tout pour moi, la guerre fait des ravages même lorsqu’elle est terminée.
- Si jamais tu me lis Lukas, je te présente toutes mes excuses, tu es quelqu’un de bien et te souhaite le meilleur dans ta vie.
- Si tu me lis grand-mère, je suis extrêmement désolé de t’avoir causé cette souffrance, c’était totalement involontaire et je comprends ô combien ta réaction, je t’aime et j’espère que tu est fière de l’homme que je suis devenu.
Du côté paternel
Mon arrière grand-père Pavel Abramovitch est né le 15 novembre 1919 à Obninsk près de Moscou, il est ébéniste. Il se marie en mai 1940 avec mon arrière grand-mère et ont un fils, mon grand-père Vassili né le 30 juin 1941.
Seconde guerre mondiale
Il s’engage dès l’entrée en guerre le 22 juin 1941 (Opération Barbarossa) et combat en tant que soldat de l’Armée rouge de l’Union soviétique (formation mitrailleur), il est vaillant combattant et reçoit la médaille de l’Ordre de la Guerre patriotique de 1re classe décernée à tous les soldats de l’Union soviétique qui ont été à l’origine d’actes héroïques pendant la guerre. Il abat de très nombreux soldats fascistes (Allemands), mais il est surtout reconnu pour avoir tué une vingtaine d’officiers nazis lors de la Bataille de Stalingrad.
Je n’en sais pas davantage sur son parcours militaire, mais ce fût un excellent soldat.
Malheureusement, la guerre fait des morts de chaque côté.
Après plus de deux années de combats acharnés et après avoir éliminé un grand nombre de fascistes, il se trouve à Jytomyr en Ukraine le 6 décembre 1943. Il vise avec sa mitrailleuse une section Allemande qui court vers sa position et parvient à éliminer deux soldats ennemis, mais hélas il est la cible d’un tireur d’élite Allemand…
Mon arrière grand-père est tué sur le coup d’une balle dans la tête, il avait 24 ans.
Mais il n’est pas mort en vain, il est mort en héros !
Je n’ai hélas aucune photographie de mon arrière grand-père.
Je suis fier de mon aïeul qui a donné sa vie pour combattre les fachistes comme ils disaient à l’époque.
Son fils, mon grand père Vassili est né huit jours après l’invasion de l’Union soviétique, mon arrière grand-père n’a pas pu rentrer pour voir son fils, il ne l’a jamais vu.
De nos jours, les Allemands sont nos alliés et c’est très bien ainsi, mais n’oublions jamais l’histoire, ce que les Allemands ont fait subir au monde lors des première et seconde guerre mondiale, c’est notre devoir de mémoire !
Mon grand-père Vassili né le 30 juin 1941, décédé en 1990, je ne l’ai jamais connu. Il s’est marié avec ma grand-mère décédée en 1997.
La descendance :
Mes grands parents paternels mariés en 1973 ont eu deux enfants :
- Mon oncle Sacha né en Russie en 1974, décédé accidentellement en 1993 à l’âge de 19 ans lors de son service militaire. Lors d’un exercice de nuit, il fût mortellement renversé par un véhicule blindé. La sécurité des hommes n’est pas une priorité pour l’armée Russe, il arrive fréquemment que des miliciens soient victimes d’accidents entraînant une blessure ou la mort, voir même de brimades et de la maltraitance physique de la part d’officiers qui choisissent leurs victimes !
ברוך דיין האמת - Mon père Oleksiy né en Russie en 1977, marié en 2002 avec ma mère Sarah Cohen née en 1984, il ont eu 3 enfants, deux filles et un garçon :
=> Moi-même Dimitri, né à Riazan en Russie en 2004, je suis l’aîné. J’habite en Belgique depuis mes 7 ans, j’ai vécu avant cela 4 ans à Haïfa en Israël, mais je n’ai que très peu de souvenirs de cette période. C’est à l’âge de 3 ans que j’ai quitté la Russie, j’y suis retourné en visite dans la famille à quatre reprises, la dernière fois juste avant la guerre contre l’Ukraine.
=> Tatania, née à Riazan en Russie en 2006
=> Victoria née à Haïfa en Israël en 2008
Guerre en Ukraine
De nos jours, si je retourne en Russie, je serai immédiatement arrêté : soit emprisonné, soit envoyé de force au front, en première ligne, sans équipement de sécurité, et rapidement tué soit par les Ukrainiens, soit par mes propres officiers. Je ne me battrai jamais contre les Ukrainiens, j’y préfère la mort. Mais il est hors de question que je retourne en Russie.
Je suis un homme engagé contre l’envahisseur russe en Ukraine.
D’origine russe, et après les exploits de mon arrière-grand-père durant la Seconde Guerre mondiale, je suis atterré de l’attitude du monstre Poutine qui commet des actes criminels atroces envers la population d’Ukraine, mais aussi envers les soldats ukrainiens qui se battent pour leur liberté. Lorsqu’ils sont capturés, ils subissent la torture, des abus sexuels et la famine. Ils sont traités comme des animaux.
L’OTAN et l’UE doivent tout mettre en œuvre pour aider l’Ukraine à vaincre l’envahisseur russe. Je le dis avec tristesse, car les soldats russes qui se battent en Ukraine sont mes compatriotes de naissance, mais ils sont du mauvais côté, qu’ils capitulent volontairement, ou qu’ils crèvent ! Je ne puis avoir de complaisance pour ces hommes, même endoctrinés dans l’idéologie poutiniste. Ils sont indirectement responsables du chaos en Ukraine, ils sont les soldats de Poutine, ils sont l’ennemi que l’Ukraine doit éliminer.
Dimitri ABRAMOVITCH
Fin de ma présentation
(Photo d’entête : mitrailleur de l’Armée rouge :
V.I. Obrastov avec une bannière à Orel libéré, 5 août 1943.)