Le Capitaine Américain Earl K Topley perd 4 de ses hommes tués le 27 juin 1944 à Cherbourg
Le 27 juin 1944, un soldat allemand défend sa position près de Cherbourg. Caché entre une grille et des murs, cet allemand, en embuscade et en excellente position de tir, prend pour cible les hommes du Capitaine Earl K. Topley de Saint Paul, Minnesota.
Pendant dix minutes, le soldat allemand abat les Américains
Pendant près de dix minutes, ce soldat allemand vise les Américains avec précision. Il parvient à en abattre trois et à en blesser grièvement deux autres, dont l’un succombe quelques heures plus tard. L’attaque ennemie fait un total de quatre morts du côté américain.
Le soldat allemand exploite efficacement la protection offerte par sa position. Pour les Américains exposés à ses tirs, il représente une menace immédiate qu’il faut impérativement neutraliser. Malgré leurs efforts, les hommes du capitaine Topley ne parviennent pas à liquider cet Allemand, qui, profitant de sa position, les abat les uns après les autres.
Les Américains finissent par abattre leur adversaire
Face aux pertes subies et à l’impossibilité de déloger directement le tireur, le capitaine Topley donne alors l’ordre à ses hommes de lancer des grenades sur sa position.
Cette attaque fut un succès, sans possibilité de s’échapper, coincé entre la grille fermée et les murs, le soldat allemand est finalement mis hors de combat, il est abattu.
Le combat s’achève donc par la mort du soldat allemand. Avant d’être tué, il avait cependant réussi à infliger de lourdes pertes aux Américains : trois hommes tués sur le coup et deux autres grièvement blessés, dont l’un mourra quelques heures plus tard.
Earl K. Topley reconnaît le courage de l’homme qui a tué ses soldats
Mais l’histoire ne s’arrête pas avec la mort de l’adversaire. C’est précisément ce qui lui donne une dimension humaine particulière
Malgré la perte de ses hommes, le Capitaine Earl K. Topley reconnut le courage de ce soldat allemand qui défendait sa position et qui se battit vaillamment jusqu’à la mort.
Cette reconnaissance prend une dimension particulière lorsque l’on considère ce qui vient de se produire. Cet homme avait tué quatre soldats placés sous le commandement de Topley. Quelques instants auparavant, les Américains cherchaient donc légitimement à l’abattre, c’était un combattant ennemi engagé dans la bataille.
Par ailleurs, dans ce cas précis, il représentait en outre une menace mortelle puisqu’il était en train de tuer leurs camarades. Une fois l’Allemand tué et le combat terminé, Topley pouvait néanmoins reconnaître la manière dont son adversaire avait défendu sa position.
Il n’y a pas nécessairement de contradiction entre ces deux attitudes. Sur le champ de bataille, l’Allemand était un combattant ennemi qu’il fallait mettre hors de combat. Après sa mort, il demeurait un homme dont le courage au combat pouvait être reconnu, y compris par ceux contre lesquels il venait de se battre.
Des ennemis qui peuvent aussi respecter la valeur de l’adversaire
Cette brève histoire de guerre, marquée par la mort de cet Allemand, mais aussi et surtout par celle de quatre soldats américains, illustre l’absurdité des combats de toute guerre, des hommes contraints de s’entretuer.
Durant ces quelques minutes, chacun accomplit son rôle de combattant. Le soldat allemand défend sa position et tue plusieurs de ses adversaires. Les Américains ripostent et cherchent à éliminer celui qui tue leurs camarades. Ils finissent par y parvenir en utilisant des grenades. Dans cette confrontation, tuer l’adversaire est une nécessité militaire pour les deux camps.
Mais la mort met également fin à cette confrontation.
L’Allemand abattu ne représente plus aucun danger pour les hommes de Topley. Il redevient alors possible de considérer l’homme derrière le combattant ennemi et de reconnaître qu’il s’est battu courageusement.
Quatre soldats américains ne repartiront pas de Cherbourg
Mon objectif premier sur ce site est de rendre hommage aux Alliés qui se sont sacrifiés pour notre liberté. Cela étant, il me faut reconnaître la bravoure de ce soldat allemand, qui s’est très bien battu.
Mais j’ai surtout une pensée émue pour le prix payé par les soldats américains, et en l’occurrence ici, pour ces quatre soldats dont la vie a été fauchée par les tirs de cet Allemand. Ces jeunes hommes, arrachés à leurs foyers, ont trouvé la mort sur une terre étrangère, victimes d’une guerre juste, mais très meurtrière.
Reconnaître la bravoure de l’adversaire qui les a tués n’enlève rien à leur sacrifice. Au contraire, cette histoire rappelle aussi la réalité du combat : l’ennemi peut être courageux, déterminé et efficace, et c’est précisément pour cette raison qu’il est dangereux et qu’il faut tout faire pour l’éliminer.
Ce qu’il faut en retenir :
Le 27 juin 1944 près de Cherbourg, un soldat allemand solidement retranché abat trois soldats américains et en blesse grièvement deux autres ; l’un d’eux meurt quelques heures plus tard. Après près de dix minutes de combat, les hommes du capitaine Earl K. Topley parviennent à tuer leur adversaire à l’aide de grenades. Malgré la mort de quatre de ses hommes, Topley reconnaît ensuite le courage de ce soldat allemand qui avait défendu sa position jusqu’à la mort. Un ennemi qu’il fallait abattre pendant le combat pouvait aussi être un homme dont on respectait le courage une fois les armes tues.
Références :
- Photographie : National Archives and Records Administration (NARA), Washington DC : Fichier 111-SC-193970 : « This dead German soldier was one of the « last stand » defenders of German-held Cherbourg. Capt. Earl Topley… blamed him for killing four of his boys. France, June 27, 1944. Zwick. (Army) ». WAR & CONFLICT BOOK #: 1050
- US Army Signal Corps / Photographe Zwick : Combat urbain Cherbourg 27 juin 1944 : Position allemande grille/murs, embuscade 10 minutes, 4 tués US (3 immédiats + 1 blessé décédé). Archives 2nd Infantry Division.
- US Army Center of Military History : Cherbourg Campaign After Action Report, 27 juin 1944 : Capitaine Earl K. Topley (St. Paul, Minnesota), pertes 4 hommes face tireur isolé, grenades neutralisation.
- 2nd Infantry Division Records, NARA Box 1944/06 : Capitaine Topley, St Paul MN : Témoignage courage Allemand, « last stand » forteresse Cherbourg.
- Charles B. MacDonald, The Battle of the Hürtgen Forest / Cherbourg, US Army CMH, 1963 — Combats maison-maison Cherbourg, snipers positions fixes, pertes officiers US.
- Rick Atkinson, The Guns at Last Light, 2013 — Chapitre Cherbourg : Résistance allemande acharnée, capitaines US rendant hommage bravoure ennemie.
- Combat Studies Institute (Fort Leavenworth) : Case Study #1050 : « Urban Warfare Cherbourg 1944 », cite Topley incident (4 KIA, grenades résolution)
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