Guerre en Ukraine : 24 février 2022, la Russie attaque l’Ukraine
Le 24 février 2022, la Russie lance une invasion à grande échelle de l’Ukraine depuis plusieurs directions stratégiques : nord vers Kiev, sud depuis la Crimée, est via le Donbass et le sud-est.
Cette offensive inclut une combinaison d’attaques terrestres massives, d’incursions aéroportées, ainsi que des frappes aériennes et de missiles visant des infrastructures militaires et civiles. Les combats sont intenses autour des villes clés, avec l’implication de nombreux blindés, artillerie lourde et forces spéciales.
La Russie s’appuie également sur des milices paramilitaires pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, les renforçant sur le terrain et multipliant les actions de guérilla dans les territoires occupés. Par ailleurs, une caractéristique majeure est l’usage généralisé des drones par les deux camps. La Russie utilise massivement des drones de type Shahed pour des frappes de saturation sur les infrastructures ukrainiennes, notamment durant l’été 2025 avec plus de 10 000 drones lancés sur deux mois.
En parallèle, l’Ukraine a développé de manière significative son industrie drone, devenant un acteur européen clé dans ce domaine. L’armée ukrainienne utilise ses propres drones pour la reconnaissance, la surveillance, le ciblage des positions ennemies et les frappes de précision. Ces drones sont essentiels pour harceler la logistique russe, coordonner les contre-offensives et protéger ses infrastructures contre les attaques aériennes.
Après des avancées initiales russes, les forces ukrainiennes résistent vaillamment et remportent des victoires importantes dans le nord (notamment autour de Kiev), à Kharkiv et plus tard à Kherson. La guerre devient une guerre d’usure où les drones, l’artillerie et la guerre électronique occupent une place centrale des combats.
Les drones permettent à l’Ukraine de compenser un désavantage en effectifs face à la Russie en ciblant les concentrations de troupes et en neutralisant des systèmes de défense, tout en protégeant ses propres forces et infrastructures. Les opérations de drones ukrainiens sont étroitement coordonnées avec les appuis d’artillerie et d’armes antichars, créant une synergie sur le champ de bataille.
D’après certaines estimations, près de 70% des soldats russes blessés et tués, notamment dans certaines phases du conflit, le sont grâce à l’utilisation massive de drones kamikazes et de lanceurs d’explosifs, qui ont profondément modifié la nature des combats.
Les pertes
Russie :
Au 1er avril 2025, les pertes sont estimées par l’état-major ukrainien à environ 200 000 soldats russes tués et autant de blessés, soit une perte d’environs 400 000 hommes, avec plus de 20 000 unités d’équipements militaires détruites, dont chars, véhicules blindés et pièces d’artillerie.
Ukraine :
Les pertes depuis le début du conflit en février 2022 sont estimées entre 46 000 et plus de 100 000 soldats ukrainiens tués selon différentes sources crédibles en 2025. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué environ 46 000 morts et plus de 390 000 blessés en février 2025. D’autres institutions, comme le Center for Strategic and International Studies, estiment entre 60 000 et 100 000 hommes tués au combat, avec un total de victimes (morts et blessés) autour de 400 000 hommes. Les pertes matérielles sont aussi très lourdes, avec de nombreux chars et véhicules de combat détruits.

Réserves militaires mobilisables Russie et Ukraine en 2025
Contrairement au début des hostilités où les Russes perdaient bien plus de soldats (tués et blessés), en 2025, on compte environ 400 000 hommes hors de combat de chaque côté. Cependant, la Russie dispose d’une réserve potentielle de nouvelles recrues nettement supérieure à celle de l’Ukraine, ce qui constitue un avantage stratégique considérable au détriment de l’Ukraine
La Russie dispose d’une réserve théorique d’environ 25 millions d’hommes mobilisables, parmi lesquels environ 2 millions sont considérés comme réservistes actifs. Depuis le début du conflit, Moscou a mobilisé environ 700 000 soldats pour combattre en Ukraine, avec une mobilisation partielle en cours visant à enrôler environ 300 000 réservistes supplémentaires, en priorité ceux avec des compétences spécifiques (tankistes, artilleurs, etc.). Pour pallier les besoins, la Russie recrute aussi des volontaires étrangers et des profils atypiques (prisonniers, personnes marginalisées). Malgré de lourdes pertes, la Russie peut encore puiser dans ses réserves humaines en raison de sa grande population de 143 millions d’habitants.
L’Ukraine compte à son actif environ 700 000 soldats entre forces actives et réservistes. Elle a une force de défense territoriale importante avec 100 000 réservistes engagés, ainsi que plusieurs centaines de milliers d’anciens combattants prêts à être rappelés en cas de besoin. Les réformes militaires ukrainiennes ont abaissé l’âge légal de mobilisation pour inclure environ 200 000 hommes supplémentaires et les réserves reposent aussi sur une mobilisation volontaire massive appuyée par l’aide internationale et la volonté patriotique. Malgré un effectif bien plus limité que la Russie, l’armée ukrainienne s’appuie sur un fort moral et des formations continues.
À moyen terme toutefois, l’Ukraine risque de devoir capituler en raison du manque d’hommes aptes au combat. Bien que les conscrits et volontaires russes soient parfois mal formés ou mal équipés, ils apprennent des erreurs de leurs prédécesseurs et peuvent compter sur un appui renforcé de l’artillerie et des drones. Cette évolution entraîne désormais des pertes bien plus élevées chez les soldats ukrainiens qu’au début du conflit.
Le nombre total de tués ou blessés des deux côtés, difficile à établir précisément, est estimé à environ 800 000 hommes.
Les soldats ukrainiens tués, aussi horribles que soient ces pertes, sont des cibles légitimes en temps de guerre, ce qui n’est pas le cas des civils.
Il est primordial de ne pas oublier, et de souligner d’après les statistiques de octobre 2025 les pertes civiles : près de 14 000 hommes, femmes et enfants ont été tués, et 35 500 blessés, dont 2 200 enfants.
Photos :
- Entête : Soldats russes en formation (Telegram)
- Article : Artem DYMYD, Belgo-Ukrainien, engagé volontaire de guerre, tué le 18 juin 2022 à l’âge de 26 ans
Par Alain Schenkels



