Face au spectre d’une guerre contre la Russie, les jeunes Polonais prennent les armes

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine voisine, les autorités organisent une militarisation de la société via l’armée, des établissements scolaires et des associations paramilitaires.

La joue écrasée par la crosse de sa carabine, Alan s’apprête à tirer, son visage poupon crispé par la concentration. « Tireurs prêts ! Attention… Feu ! », hurle l’adolescent avant d’appuyer sur la gâchette, imité par ses cinq camarades.

Alignés le long du stand de tir flambant neuf aux murs nus et immaculés, ils n’ont pas eu à quitter l’enceinte de leur lycée pour s’exercer. Vêtus d’uniformes kaki floqués avec leurs noms et les emblèmes de leur établissement, ces élèves de seconde ont délaissé les options latin ou théâtre pour la section « préparation militaire », ouverte il y a deux ans.

Lire la suite de l’article dans Le Figaro

Photo d’entête :
À 15 ans, Alan anticipe déjà une possible mobilisation générale et veut s’y préparer. Adrien Sarlat


La solution est le service militaire obligatoire, comme je l’indique dans ma carte blanche. Vu la situation internationale, il ne faut pas proposer le service civil pour le moment.

L’objectif n’est pas d’envoyer nos jeunes se faire tuer, mais bien de nous donner les moyens de défendre notre patrie et l’Europe. Cela n’est possible qu’avec une armée digne de ce nom. Prenons l’exemple des États-Unis : ils n’ont jamais été envahis. Pourquoi ? Parce que personne n’oserait s’attaquer à l’armée américaine, ce serait suicidaire. Nous avons, nous aussi, besoin d’une armée européenne forte, capable de dissuader tout adversaire potentiel.

Chaque pays de l’Union européenne et de l’OTAN doit donc investir dans sa défense et préparer sa jeunesse, non pas pour les envoyer au front, mais pour maximiser nos chances de préserver la paix. Et si, malgré tous nos efforts, nous devions être attaqués, nous serions alors en mesure de nous défendre efficacement et de limiter le nombre de victimes.

Il n’est pas question de nous laisser envahir sans réagir. La Pologne, en première ligne, l’a bien compris : elle forme sa jeunesse, non pour l’envoyer se sacrifier, mais pour qu’elle soit prête à résister à toute agression, notamment russe.

Alain Schenkels

Avatar photo

J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.