250 places vides : Watermael-Boitsfort fusionne ses écoles

Watermael-Boitsfort contraint à des choix budgétaires drastiques malgré sa réputation de commune aisée. Le Collège des Bourgmestre et Échevins annonce la fusion de l’école des Naïades avec celles du Colibri et des Aigrettes pour la rentrée prochaine. Cette décision, mûrie dans un contexte de dénatalité et de finances locales tendues, vise à préserver la qualité de l’enseignement communal.

Des finances communales sous pression
David Leisterh, bourgmestre de Watermael-Boitsfort, dément l’image d’une commune épargnée par les difficultés financières. Charges de pension, coûts sociaux élevés et financement de la zone de police pèsent lourdement sur le budget local, parfois plus que chez les voisins. Le budget communal 2026 reste même en attente d’approbation officielle.

Un réseau scolaire pléthorique face à la dénatalité
Malgré des investissements records en enseignement – soulignés par le rapport Belfius –, la baisse de natalité bruxelloise frappe durement la commune. Sur onze implantations scolaires, sept maternelles affichent 250 places vacantes sur 704, tandis que les quatre primaires en comptent 321 sur 980. L’école des Naïades enregistre la chute la plus spectaculaire (-40% en dix ans), aggravée par des travaux en 2023.

Fusion inévitable malgré les efforts
Face à une fréquentation trop faible, des départs à pension imminents et des capacités inutilisées ailleurs, le Collège ne peut plus maintenir cette implantation financièrement. La décision, ajournée tant que possible avec parents et équipes, a été communiquée jeudi soir. Les élèves garderont leur classe et leurs camarades, intégrés en priorité au Colibri ou aux Aigrettes.

Réaffectation et garanties éducatives
Un subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles pourrait transformer le bâtiment des Naïades en crèche communale. Le bourgmestre assume ce choix douloureux pour préserver des investissements clés : néerlandais et natation dès la 3e maternelle, repas abordables, bus scolaire gratuit, enseignants supplémentaires, formations aux pédagogies alternatives. « Un choix de responsabilité collective », conclut David Leisterh.

Par Alain Schenkels

(Photo D.R. David Leisterh)

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J’analyse le monde contemporain — actualité, faits de société, conflits et guerres — pour comprendre en profondeur le fonctionnement de l’être humain. Le philosophe y prend alors le relais, face à un univers à la fois merveilleux et troublant.